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La région Sud et Est de la Méditerranée devrait afficher une croissance de 4,2% en 2021


Rédigé par Eric Apim, le Jeudi 4 Novembre 2021 - Lu 1942 fois


MÉDITERRANÉE. Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques régionales (REP), rendu public jeudi 4 novembre 2021, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) devient plus optimiste sur la croissance de la région du Sud et de l'Est de la Méditerranée (Semed). Tout du moins pour 2021. "La reprise de l'activité économique a commencé dans la plupart de ces pays", constate la Berd. En juin 2021, une précédente étude de la même institution envisageait une croissance de seulement 3,8% en 2021 et de 4,6% en 2022. Elle devrait finalement se situer en moyenne à 4,2% en 2021 et à 4,4% en 2022 grâce à un rebond de l'agriculture et des télécommunications, ainsi qu'une croissance limitée du tourisme et des exportations.

La banque voit également d'autres paramètres positifs à prendre en compte comme la reprise mondiale, les progrès réalisés en matière de vaccination, une stabilité politique accrue, la mise en œuvre de réformes concernant l'environnement des entreprises pour accroître la concurrence et d'autres pour améliorer la gouvernance, combattre la corruption, faire progresser la numérisation et promouvoir l'inclusion.

L’Égypte et le Maroc tirent la croissance de la région

La reprise des secteurs automobile et manufacturiers favorise la croissance marocaine (photo : F.Dubessy)
La reprise des secteurs automobile et manufacturiers favorise la croissance marocaine (photo : F.Dubessy)
La hausse des prévisions dans la région Semed concerne principalement l'Égypte et le Maroc. Dans le premier pays, l'un des rares du monde à avoir affiché une hausse de son PIB (+1,5%) en 2020, "la croissance a ralenti de 3,6% à 3,3% au cours de l'exercice se terminant en juin 2021", souligne le rapport. La Berd attribue cette contre-performance à l'atonie de l'activité manufacturière et à la faiblesse du tourisme qui ont contrebalancé les activités économiques des secteurs du commerce de gros et de détail, de la construction, de l'agriculture et des télécommunications.

L'Égypte se dirige cependant vers une croissance de 4,9% pour la période 2021-2022 en s'appuyant sur un boom du secteur des télécommunications, la reprise de la consommation et des investissements privés, ainsi que le retour des investissements directs étrangers (IDE). "Dans le même temps, l'inflation a ralenti à 4,5 % au cours du même exercice, en dessous de l'objectif de la banque centrale (NDLR : 5,0 à 9,0%), et a commencé à augmenter au cours de la période de juillet à septembre 2021, atteignant en moyenne 5,9 % en glissement annuel, sous l'effet de la hausse des prix des produits alimentaires et des boissons", précise le document. 

Ayant renouer avec la croissance au premier semestre 2021 (+7,4% en glissement annuel), le Maroc devrait connaître 5% de croissance en 2021 avant de ralentir à 3,2% en 2022. Il va bénéficier d'une bonne saison des pluies favorisant son secteur agricole et de la reprise attendue en Europe, son principal partenaire commercial. Mais aussi du renforcement des exportations des secteurs des phosphates et de l'automobile. L'inflation a connu une accélération (volatilité des prix des denrées alimentaires et hausse des prix de l'énergie), tout en restant faible. Elle s'établit en moyenne à 1,0 % en glissement annuel au cours des huit premiers mois de 2021.

Le Liban toujours en croissance négative

Pour les autres pays de la région Semed, le développement sera plus modeste. En Tunisie, la croissance s'est contractée au premier trimestre de 2021 et n'atteindra que les 2,5% en 2021. La reprise du secteur manufacturier, axé sur les exportations, pourrait permettre d'atteindre les 3,3% en 2022, malgré des secteurs du tourisme et des transports encore handicapés par la Covid-19 et une agriculture en recul après une année record en 2020. L'inflation reste relativement élevée (croissance du prix des denrées alimentaires et réduction des subventions) à 5,5% en glissement annuel au cours des trois premiers trimestres de 2021.
"La reprise économique dépendra du rythme de mise en œuvre des réformes. Celles-ci ont été freinées par l'absence de consensus politique et par la portée limitée de l'ambition de remanier l'administration publique et les entreprises d'État", insiste le rapport de la Berd.

La Jordanie devrait afficher seulement 1,5% de croissance en 2021, grâce à la bonne santé de la finance, des services liées aux entreprises, des industries manufacturière et minière. La reprise du commerce transfrontalier et la poursuite de celle du tourisme permettront une hausse du PIB de 2,2% en 2022. L'inflation se stabilise après une envolée pour se situer à 1,9% en glissement annuel en septembre 2021.

Quant au Liban, l'incertitude demeure plus que jamais. Après une contraction de -25% en 2020, l'absence de réformes essentielles repousse toujours la mise en place d'un programme soutenu par le Fonds monétaire international (FMI). La Berd estime qu'en 2021, le pays du Cèdre restera en négatif à -10% en 2021. A condition que des réformes soient entreprises et que le décaissement du FMI intervienne, le Liban reverra la croissance en 2022, mais elle ne dépassera pas les 3%.

Lire le rapport complet (novembre 2021) sur les perspectives économiques régionales (REP) de la Berd (en anglais)




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