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La progression de l'assurance islamique en Tunisie liée à celle de l'assurance conventionnelle



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Ne représentant que 2% du marché de l'assurance islamique en Tunisie, l'assurance islamique appuie son développement sur seulement trois acteurs.


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TUNISIE.  Selon les estimations des professionnels du secteur, le takaful ne représenterait que 2% du marché de l’assurance en Tunisie. En 2010, une étude du comité général des assurances estimait qu’il atteindrait 10% du marché tunisien en 2018.
Signe de développement : quatre formations se sont spécialisées en finance islamique et enseignent aussi le takaful dans le pays : Essec (École Supérieure des Sciences Économiques et commerciales) de Tunis, l’Université Zitouna, l’Université de Sfax, l’Iset (Institut supérieur des études technologiques) de Radès.

Trois sociétés se partagent le marché : Zitouna Takaful (filiale de la Banque Zitouna spécialisée dans la finance islamique), Amana takaful (regroupement des sociétés d’assurance conventionnelle privées) et Takafulia (regroupement des assurances publiques). De nouvelles venues auraient déjà demandé leur agrément pour investir le secteur prochainement dont Wifak leasing (qui se transformerait en banque). 
La progression de l'assurance islamique en Tunisie liée à celle de l'assurance conventionnelle

Trois fonds se partagent le marché

Photo Zitouna Takaful
Photo Zitouna Takaful
Pionnière, Zitouna Takaful, a vu le jour en 2013, en lançant trente-cinq produits. Aujourd’hui ses 60 000 clients et 70 000 contrats lui offrent un « portefeuille respectable après deux ans et demi d’activité », se félicite Makrem Ben Sessi, directeur général de la branche. Son chiffre d’affaires de 20 millions de dinars (9 M€) fin 2014 et sa croissance de 120% entre 2013 et 2014, ont montré « une belle performance dans les conditions économiques que traverse la Tunisie », poursuit-il. Elle compte aujourd’hui environ quatre vingt employés, et une quarantaine d’agences dans les principales villes de Tunisie. Elle ambitionne d’en créer dix nouvelles par an dans les cinq prochaines années.

Amana Takaful a démarré son activité en 2014. Aujourd’hui en seconde position sur le marché de l’assurance islamique, elle compte 12 000 clients, quarante et un salariés dans une cinquantaine d’agences. Les six premiers mois de 2015, son chiffre d’affaires s’élevait à 6,1 millions de dinars (2,7 M€). Derrière ce fonds se trouve le groupe banquier saoudien el Baraka qui détient deux sociétés participant à hauteur de 34% dans le capital d’Amana. Produit phare : Amana a créé le premier produit d’épargne pour accomplir le haj (pèlerinage) en mai 2015.

Le troisième acteur à avoir obtenu son agrément, Takafulia, est détenu à 96% par des entreprises financières et, à hauteur de 4%, par des investisseurs privés (principaux actionnaires : STAR, Tunis Re, Assurances Salim, AMI, MAE, CTAMA). Elle a démarré ses activités en janvier 2014. À l'issue de cette première année, son chiffre d’affaires a dépassé la barre des 4 millions de dinars (1,8 M€). Son objectif dépasser la barre des 13 millions DT (5,9 M€) en 2016 et de 28 millions DT (12,7 M€) en 2019.

« Le marché tunisien ne supporterait pas la création d’une nouvelle société, Les trois existantes ont déjà du mal à s’assurer un bon bénéfice » », résume Amel Mari, chercheuse en finance islamique à l’université Zitouna de Tunis et présidente de la Tunisian association of islamic finance (TAIF). Selon elle : « C’est un marché assez restreint, trois sociétés d’assurance takaful c’est déjà bien pour le consommateur, la concurrence leur profite ».

L'assurance à la traine en Tunisie

Makrem Ben Sassi (photo DR)
Makrem Ben Sassi (photo DR)
« Le taux de pénétration général de l’assurance dans le marché tunisien demeure bas et le Takaful pourrait aider à combler le vide », soulignait en 2013 un rapport de Thomson Reuters. Mais tous les professionnels du secteur s’accordent sur un point : il faut d’abord développer l’assurance pour développer le takaful. « L’assurance reste un produit de luxe en Tunisie, en cas de difficulté elle est placée en bas des échelles de priorité », regrette Makrem Ben Sessi, directeur général de Zitouna Takaful. « Il faudra du temps pour que les Tunisiens aient le réflexe de s’assurer », concède-t-il. Pour l’instant, l’assurance-vie commence à se développer, suivie de près par l’automobile (obligatoire) puis la multirisque habitation.

« Il n’existe par d’autres produits de finance éthique en Tunisie, le secteur est tout nouveau, mais le takaful s’est bien développé en Europe, il faut désormais ici que la finance islamique et le takaful rentrent dans les mentalités.», estime Houssem Nouri, gérant du cabinet El Cafi créé 2010. Et de conclure : « Il  existe un vrai travail de démocratisation et d’information à réaliser, la communication dans ce domaine manque cruellement .»
Malgré son retard par rapport aux pays du Golfe et à l’Europe, le takaful en Tunisie serait toutefois en meilleure position qu’en Algérie, Libye et même au Maroc

Les attentes du secteur

« Le marché de l’assurance takaful reste embryonnaire, il n’en est qu’à ses débuts en Tunisie, le produit islamique en général aussi. Il faut instituer des lois, cela bouge, il existe un projet pour gérer les banques, et les lois takaful ont déjà été promulguées », commente la chercheuse Amel Mari.

Les acteurs du secteur espèrent des réglementations plus précises. « Les premières lois sont positives, les choses se trouvent en bonne voie, mais il faudrait améliorer le cadre réglementaire, incorporer ces nouvelles lois dans le corpus réglementaire tunisien, le rendre compatible avec l’environnement tunisien, le marché doit se structurer », remarque Houssem Nouri du cabinet El Cafi.
« Il faudrait une norme comptable spécifique au takaful pour déterminer qui supporte les charges, si ce sont les fonds de gestion ou les fonds des actionnaires. En attendant chaque société fait comme elle peut », confie Abdelatif Chaabane, directeur général d’Amana Takaful. Les professionnels du secteur attendent aussi la nouvelle loi bancaire qui devrait permettre de développer plus largement la finance islamique. 

Autre problème : la recherche de personnes hautement qualifiées. « Nous avons besoin de plus de compétences mathématiques par exemple mais du fait de sa petite taille le secteur n’arrive pas à attirer des compétences par rapport à ses capacités de rémunération pour développer le marché  », reconnait Makrem Ben Sessi de Zitouna Takaful. Mais il reste optimiste. « L’assurance islamique et la finance islamique en Tunisie seront un des grands vecteurs pour faire du pays une place financière, c’est un créneau stratégique », veut-il croire. « Le takaful est une expérience récente il faudrait qu’elle réussisse pour que d’autres considèrent de futurs investissements. Nous sommes capables de récupérer notre retard et de nous positionner très prochainement comme place financière au niveau méditerranéen, africain, moyen-oriental. »


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Article réalisé en partenariat avec largusdelassurance.com
 


Vendredi 18 Septembre 2015

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