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La présidentielle libyenne reportée à fin janvier 2022


Rédigé par , le Mercredi 22 Décembre 2021 - Lu 1332 fois


L'élection présidentielle en Libye va bien être reportée d'un mois (photo: HNEC)
L'élection présidentielle en Libye va bien être reportée d'un mois (photo: HNEC)
LIBYE. Dans un communiqué, publié mercredi 22 décembre 2021 (voir ci-dessous), la Haute commission électorale nationale (HNEC) libyenne propose de reporter le scrutin présidentiel prévu le 24 décembre 2021. A quelques jours du scrutin, l'annonce était hautement prévisible comme nous persistions à l'annoncer encore une fois dans nos colonnes lundi 20 décembre 2021. Elle devient cette fois-ci quasi-officielle pour, au moins, trois raisons confirmant que cet avis sera suivi.

D'abord, Abdel Hamid Dbeibah, Premier ministre par intérim depuis mars 2021, a repris ses fonctions, mardi 21 décembre 2021. Candidat à cette élection, il avait confié, en novembre 2021 le temps de la campagne, la direction du pays à son vice-premier ministre. Son retour signifie bien que la situation a changé.

Ensuite, dans son communiqué, la HNEC précise que le conseil de reculer l'appel aux urnes a été pris en coordination avec la Chambre des représentants. Or, c'est aux membres de cette assemblée qu'appartient le droit de valider un nouveau calendrier. Ils ont d'ailleurs trente jours pour le faire.

Enfin, le texte suggère d'ores et déjà une nouvelle date pour la tenue du premier tour de cette première élection historique d'un Président de la République en Libye :  le lundi 24 janvier 2022. Le consensus semble être donc réuni pour être si précis dès aujourd'hui.

La HNEC se dédouane sur les causes du report

"Nous n'avons pas abandonné nos responsabilités et nous avons accompli tout ce que nous devions faire d'une façon ne laissant aucun doute sur notre impartialité et notre indépendance. Les accusations portées contre nous de négligence et de politisation ne sont rien d'autres que des campagnes de confusion et des fausses déclarations visant à saper la réputation de la Commission", tient à souligner fermement la HNEC pour se dédouaner sur les causes du report.

Dans son texte, elle enfonce le clou affirmant "placer les autorités législatives et judiciaires devant leurs responsabilités et obligations de prendre des mesures propices au succès de ce droit (de vote) pour permettre au peuple de réaliser ses espoirs et ses aspirations à un avenir rempli de paix, de développement et de prospérité". En clair, les députés et les tribunaux devront aussi créer les conditions pour que le scrutin puisse se dérouler de façon la plus sereine possible.

La HNEC dénonce en effet "l'insuffisance de la législation électorale concernant le rôle du pouvoir judiciaire dans les recours et les litiges électoraux qui a affecté négativement le droit de la Commission et a créé un état d'incertitude quant à la justesse des décisions de la Commission sur l'exclusion d'un certain nombre de candidats ne remplissant pas les conditions". En filigrane de ces accusations figure, notamment, le cas de Saïf al-Islam Kadhafi, fils de l'ex-Guide la révolution. Son dossier rejeté par la HNEC a finalement été validé par un tribunal de Sebha (Sud du pays).
Face à ces contradictions, la liste complète des prétendants n'a donc pas été publiée. Les analyses des recours portés devant les tribunaux ne sont pas encore achevées, ceci empêchant toute validation.

Quid de la date des législatives ?

"Un chevauchement entre les données politiques et les décisions judiciaires rendues (...) a conduit la Commission à l'incapacité d'annoncer la liste définitive des candidats et à l'incapacité à fixer le 24 décembre comme jour de vote malgré sa pleine préparation technique", confirme la HNEC. Elle évoque "un cas de force majeure" pour expliquer son échec à appeler aux urnes dans quarante-huit heures. Selon elle, le processus d'audit des dossiers de candidatures déposés se trouverait cependant en voie d'examen final.

Ce report pose une autre question d'autant plus cruciale que les avis sont partagés entre les différents partis : celle de la date des législatives. Au départ, le gouvernement par intérim avait décidé qu'elles devaient se dérouler le 24 décembre 2021 (jour anniversaire de l'indépendance du pays en 1951) en même temps que la présidentielle. Dès début octobre 2021, les législatives avaient été toutefois reportées à fin janvier 2022, sans précision du jour. Reste donc encore donc à déterminer si les deux scrutins se tiendront simultanément ou pas.


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