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La performance économique passe par la décentralisation…sous conditions




Rapprocher le pouvoir des administrés afin d’être au cœur de leurs attentes… Les bénéfices de la décentralisation sur la performance économique ne sont plus à prouver à la condition de doter le pays d’organes de contrôle de gestion. Les chercheurs du Femise se sont penchés sur le cas de la Tunisie, du Maroc et de l’Égypte.


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Lahcen Achy, professeur d’économie à l’INSEA au Maroc et économiste principal à Carnegie Middle East Center. (Photo D.R)
Lahcen Achy, professeur d’économie à l’INSEA au Maroc et économiste principal à Carnegie Middle East Center. (Photo D.R)
Quel rôle jouent les élus locaux ? Ont-ils un réel pouvoir et une autonomie financière ? Tunisie, Maroc et Egypte sont trois pays réputés pour leurs régimes fortement centralisé. 

Faute de moyens financiers, les collectivités locales sont souvent démunies pour agir. Elles ne possèdent pas d’influence réelle. Une première vague de décentralisation a débuté dans les années 60 sous l’influence coloniale française, mais les marges de progression restent importantes. Nous sommes à mille lieues du modèle italien et du modèle fédéral allemand, organisé en Länders.

L’attente des populations de ces trois pays dans un le contexte du «printemps arabe» est grande. « Les citoyens veulent avoir leur mot à dire au niveau central et local. La décentralisation consiste à partager les ressources et le pouvoir entre l’Etat et les collectivités locales. Cette proximité avec les décideurs permet de demander des comptes aux élus et mesurer le travail du conseil communal. Pour jouer un rôle, la société civile se doit d’être organisée », souligne Lahcen Achy.
Professeur d’économie à l’INSEA au Maroc et Economiste principal à Carnegie Middle East Center, il a  coordonné l’étude du Femise intitulée « Décentralisation et performance économique au Sud de la Méditerranée ».
 

NÉCESSITÉ DE CRÉER DES ORGANES DE CONTRÔLE DE GESTION

En Tunisie, le président nomme les gouverneurs alors que le maire, qui préside le Conseil municipal, est élu. Au Maroc, le roi désigne ses walis et gouverneurs qui ont beaucoup de prérogatives… et pourtant il s’agit du pays le plus avancé des trois en matière de décentralisation. En Egypte, il est d’usage de nommer les gradés militaires retraités à des postes de préfets (Muhafez) dans en guise de récompense… La nomination d’un préfet proche des frères musulman a récemment fait grand bruit et soulevé un vent de révolte au sein de l’opposition contre la volonté du parti de Morsi d’infiltrer l’appareil étatique égyptien au niveau régional.

De façon générale, les régimes totalitaires ne partagent pas le pouvoir territorial. A l’inverse, un régime démocratique parvient à déléguer tout en responsabilisant.

Le rapport (FEM35-19) montre clairement que la décentralisation génère des bénéfices, en particulier en matière de redistribution des ressources.

Davantage de décentralisation permettrait de gagner en performance économique à la condition de posséder des organes de contrôle efficaces capables d’améliorer la performance économique et de veiller scrupuleusement au contrôle des recettes et des dépenses des collectivités locales. « Il faut des garde-fous et des institutions fortes au niveau national », renchérit Lahcen Achy. Car la corruption se décline aussi en région.


Article réalisé en partenariat avec le Femise

English version
 

Mardi 16 Juillet 2013









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