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La paralysie politique au Liban pourrait se désamorcer


Rédigé par , le Jeudi 6 Janvier 2022 - Lu 745 fois


Le président Michel Aoun et son Premier ministre Najib Mikati auraient trouvé un terrain d'entente (photo: Présidence libanaise)
Le président Michel Aoun et son Premier ministre Najib Mikati auraient trouvé un terrain d'entente (photo: Présidence libanaise)
LIBAN. Engluée dans des querelles partisanes, la vie politique libanaise pourrait bien connaître un regain d'activité dans quelques jours. C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre Najib Mikati au sortir d'un rendez-vous, mercredi 5 janvier 2022, avec le président Michel Aoun. "Nous convoquerons le Cabinet dès qu'il aura reçu le budget", a assuré le Premier ministre libanais, précisant que ceci sera effectif "dans les deux prochains jours."

Depuis le 12 octobre 2021, le Hezbollah et son allié le mouvement Amal font obstacle à la tenue du Conseil des ministres. Ils soumettent leur accord pour participer à une nouvelle réunion à la révocation d'un juge (Tareq Bitar). Le magistrat est chargé d'enquêter sur l'explosion du port de Beyrouth en août 2020 qui a causé 215 morts et 6 500 blessés. Dix-huit plaintes ont été déposées contre Tareq Bitar par différents hommes politiques alors qu'un premier juge, Fadi Sawan avait été écarté après avoir inculpé de hauts responsables (anciens ministres, députés) pour négligence. L'origine de la catastrophe est le stockage, sans précaution, de produits chimiques.

68 mrds$ de dettes financières

Dans ce contexte, le Parlement libanais a été contraint de retarder l'examen de l'approbation du budget 2022 qui doit l'être avec le Conseil. Ce texte voté, lors d'une session parlementaire extraordinaire, le gouvernement, constitué seulement en septembre 2021 alors que le Premier ministre a été désigné fin juillet 2021, pourrait alors être convoqué et enfin s'atteler au sauvetage du pays. "Je pense que l'ordre du jour du Cabinet et la présence du budget rendent plus que nécessaire la réunion du Cabinet, et je ne pense pas que quiconque manquera à ses devoirs nationaux", souligne Najib Mikati.

Cette paralysie empêche en effet de prendre des décisions fermes et urgentes pour résoudre les graves problèmes socio-économiques auxquels est confronté le pays. En cessation de paiement depuis le 7 mars 2020, le Liban traverse sa plus grande crise depuis son existence, la Banque mondiale parlant même d'"une des pires crises au monde depuis 1850". Ses dettes financières (Etat, banques et Banque du Liban) étaient évaluées par le gouvernement à 68 mrds$ (60,2 mrds€) en décembre 2021.

Selon l'Onu, 78% de la population vivrait sous le seuil de pauvreté et un tiers des Libanais disposerait de moins de 4$ par jour.

La livre libanaise poursuit sa chute. La monnaie nationale a atteint un plancher historique dans la nuit de mercredi 5 à jeudi 6 janvier 2022 avec un taux de change de 30 000 livres pour un dollar américain. Soit une perte de 95% de sa valeur depuis 2019.

La reprise de la gouvernance s'avère indispensable pour conduire les réformes exigées notamment par le Fonds monétaire international (FMI) en échange du déblocage de son aide financière. Des membres de cette institution sont d'ailleurs attendus à Beyrouth en ce début d'année 2022.

Fin décembre 2021, António Guterres avait haussé le ton, après une rencontre avec Michel Aoun : "J'exhorte les dirigeants libanais à mériter leur peuple et j'exhorte la communauté internationale à répondre à la générosité du peuple libanais." Le Secrétaire général de l'Onu affirmait que "le peuple libanais attend de ses dirigeants politiques qu'ils rétablissent l'économie et qu'ils mettent en place un gouvernement et des institutions politiques efficaces, qu'ils mettent fin à la corruption et qu'ils garantissent les droits de l'homme."
 




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