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La pandémie Covid-19 pourrait faire reculer de 30 ans la lutte contre la pauvreté en Afrique du Nord


Les conséquences de la pandémie du Covid-19 touchent toutes les couches de la population. Elle entraîne aussi bien une augmentation du nombre de pauvres selon l'ONG Oxfam et de chômeurs pour l'Organisation internationale du travail qu'une diminution des milliardaires comme le montre le dernier classement de Forbes.


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Le coronavirus va faire progresser la pauvreté en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (photo : F.Dubessy)
Le coronavirus va faire progresser la pauvreté en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (photo : F.Dubessy)
MONDE. Les études se multiplient sur les conséquences économiques et sociales de la pandémie du coronavirus dans le monde. Dans un rapport publié jeudi 9 avril 2020 sous le nom "le prix de la dignité ", Oxfam International estime que 500 millions de personnes supplémentaires se trouvent menacées de pauvreté dans le monde à cause de la crise sanitaire.

"Un recul de dix ans dans la lutte contre la pauvreté", souligne l'ONG. En cause, les arrêts brutaux des activité économiques à cause du confinement décidé dans la majorité des pays pour limiter la propagation du coronavirus. Oxfam prédit même un recul de trente ans dans certaines régions comme l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient ou l'Afrique subsaharienne.

Plus de la moitié de la population mondiale pourrait tomber sous le seuil de pauvreté craint l'ONG. Son rapport préconise à l'adresse du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et des ministres des Finances du G20 - qui tous doivent se réunir par visioconférence d'ici la fin avril 2020 - l'octroi d'une aide financière directe aux personnes les plus touchées, un soutien prioritaire aux petites entreprises en conditionnant l'aide financière accordée aux plus grandes à des mesures en faveur des populations vulnérables. Oxfam assortit ces conseils d'une demande d'annulation des remboursements prévus en 2020 par les pays les plus pauvres.

La BAD débloque 10 mrds$ pour aider à la lutte contre le coronavirus

L'Union européenne a déjà garanti "plus de 20 mrds€" aux pays les plus vulnérables en Afrique et dans le reste du monde pour les accompagner dans la lutte contre le coronavirus. Tandis que la France indiquait, mercredi 8 avril 2020 par la voix de Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, qu'elle consacrerait "près de 1,2 mrd€" à la lutte contre la propagation du coronavirus sur le continent africain. Cette somme découle de l'initiative "Covid-19 - Santé en commun" - validée par le Conseil d'administration de l'Agence française de développement (AFD) - et représente "une partie substantielle de notre aide au développement sur les enjeux de santé et les enjeux alimentaires", déclarait-il, tout en invitant G7 et G20 à le suivre dans cette voie. Jean-Yves Le Drian a également évoqué "un moratoire" sur le paiement des taux d'intérêt, ainsi que des "annulations ou restructurations" de dettes réservées aux pays les plus touchés.

La Banque africaine de développement (BAD) annonçait elle, mercredi 8 avril 2020, la mise à disposition d'un fonds de 10 mrds$ aux gouvernements et à l'ensemble des acteurs du secteur privé d'Afrique pour mieux lutter contre le Covid-19. Cette enveloppe comprend "5,5 mrds$ pour les opérations souveraines dans les pays membres de la Banque et 3,1 mrds$ pour les opérations souveraines et régionales via les pays du Fonds africain de développement, le guichet de prêt à taux concessionnels du Groupe de la Banque chargé de répondre aux besoins des pays fragiles. Un montant supplémentaire de 1,35 mrd$ sera consacré aux opérations du secteur privé", précise un communiqué de la BAD.

5 millions d'heures de travail perdues

Mardi 7 avril 2020, l'Observatoire de l'Organisation internationale du travail (OIT) tirait la signal d'alarme face à la recrudescence du nombre de chômeurs. 1,25 milliard de salariés - occupant principalement des emplois peu qualifiés et donc mal rémunérés - exercent dans des secteurs identifiés comme courant un risque élevé de hausse "drastique et dévastatrice" de licenciements et de réductions des salaires et des heures travaillées. L'agence onusienne envisage que la pandémie va faire disparaître 6,7% des heures de travail dans le monde au deuxième trimestre 2020. Ceci se traduit par 195 millions d'heures en équivalent temps pleins perdus sur une base de 48 heures de travail par semaine (230 millions pour 40 heures). Pour l'Europe, ces chiffres atteignent 7,8% de baisse des heures de travail (8,1% pour les états arabes et 4,9% pour l'Afrique).

L'OIT précise que les régions les plus atteintes seront les Etats arabes (8,1% des heures de travail perdus soit 5 millions en équivalent temps plein) et l'Europe (7,8% soit 12 millions d'équivalents temps plein). "Nous devons agir vite, ensemble et avec détermination. De bonnes mesures d'urgence peuvent faire la différence entre survie et effondrement (...) c'est la plus grande épreuve pour la coopération internationale en plus de 75 ans", insiste Guy Ryder. Pour le directeur général de l'OIT, "les choix que nous opérons aujourd'hui auront une influence directe sur le déroulement de cette crise et la vie de milliards de personnes."

Alors qu'en France, 6,9 millions de salariés subissent des mesures de chômage partiel, un sondage de Censuswide réalisé pour le site de recrutement Glassdoor, révèle, jeudi 9 avril 2020, que 39% des salariés de ce pays redoutent la perte de leur emploi dans cette période difficile, même si 77% affirment faire confiance en leur employeur pour qu'il limite les licenciements. 59% des interrogés avouent être prêts à renoncer à des augmentations - et 55% à des primes - pour conserver leur travail. Un tiers accepterait même une baisse de salaire.

Les milliardaires subissent aussi la crise du coronavirus. L'Américain, patron d'Amazon, Jeff Bezos demeure l'homme le plus riche du monde (avec une fortune estimée à 113 mrds$ malgré 18 mrds de pertes par rapport à l'édition précédente) dans le dernier classement de Forbes publié mercredi 8 avril 2020. Le Français Bernard Arnault (76 mrds$), pdg de LVMH, se hisse à la troisième place (détrônant Warren Buffett - 59 mrds$), derrière Bill Gates (98 mrds$).

Ce podium masque une dégringolade des fortunes personnelles en quelques jours, souligne le journal économique. Les bourses mondiales s'effondrent et avec elles le prix des actions des entreprises dont ils sont les principaux actionnaires et qui constituent leur patrimoine. Quelque 700 mrds€ se seraient ainsi évaporés de leurs poches portant le nombre de milliardaires dans le monde, selon Forbes, de 2321 à 2095 entre mars 2019 et mars 2020.

La rédaction
Jeudi 9 Avril 2020

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