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La guerre du pétrole continue à alimenter les combats fratricides en Libye


Les sites pétroliers de Ras Lanouf et de Al-Sedra, à l'Est de la Libye, ont été attaqués montrant une nouvelle fois la difficulté de maintenir à flot une production pourtant essentielle pour le redressement de l'économie du pays.


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Le terminal pétroilier de Ras Lanouf est souvent le théâtre de combats (photo : DR)
Le terminal pétroilier de Ras Lanouf est souvent le théâtre de combats (photo : DR)
LIBYE. Les terminaux pétroliers de Ras Lanouf (Ras Lanuf) et de Al-Sedra (Es Sider), à l'Est de la Libye, ont été attaqués jeudi 14 juin 2018. Les assaillants, connus sous le nom de Brigades de défense de Benghazi (BDB), convoitent les ressources pétrolières du pays aujourd'hui détenues, et depuis septembre 2016, par les troupes du maréchal Khalifa Haftar (Armée nationale libyenne - ANL). La tentative de prise de contrôle aurait échoué et l'ANL affirme désormais "traquer les brigades terroristes de Benghazi qui ont pris la fuite".

Les BDB, anciens combattants qui tenaient la ville de Benghazi avant d'en être délogés par les troupes du maréchal Haftar, tentent régulièrement de reprendre le contrôle de la manne pétrolière. Ils visaient deux sites qu'ils avaient occupés brièvement en mars 2017 avant que l'ANL ne les récupèrent. Selon l'ANL, l'attaque vise aussi à la détourner des combats qu'elle mène à Derna, plus à l'Est, pour chasser une coalition de milices islamistes.

La Compagnie nationale de pétrole libyenne, la NOC, confirmait, jeudi 14 juin 2018, dans deux communiqués successifs, qu'"une milice armée avait attaqué les deux terminaux, menée par Ibrahim Jadhran (NDLR : chef de la milice des Gardes des installations pétrolières qui détenait auparavant les deux sites visés ) provoquant leur fermeture. NOC a évacué son personnel par mesure de précaution". La compagnie craint une perte de production de l'ordre de 240 000 barils par jour et estime que les différents "blocages de production imputables à Ibrahim Jadhran ont déjà coûté à l'Etat libyen plusieurs dizaines de milliards de dollars". Un navire qui devait venir s'approvisionner à Al-Sedra a du reporter son escale.

La fiabilité des installations pétrolières indispensables à l'économie libyenne

Le maréchal Haftar détient les quatre principaux sites pétroliers libyens. Il faut ajouter à ceux déjà cités, les ports de Zoueitina et Brega. Il a ainsi permis une reprise de la production (arrêtée de fin 2014 à septembre 2016) ainsi que des exportations.

Toujours perturbée par ce genre d'affrontements, la Libye n'a toujours pas retrouvé sa production d'avant la chute du régime de Mouammar Kadhafi (1,6 million de barils/jour) même si, depuis fin 2017, elle dépasse le million de barils/jour. En juillet 2017, la NOC prévoyait un retour à la production d'avant la révolution d'ici fin 2018.

En août 2017, la NOC avait du arrêter trois champs pétroliers à cause de la fermeture, par plusieurs milices, d'oléoducs reliant les unités de production aux terminaux d'exportation dans les ports. La Compagnie libyenne estimait alors ses pertes à 160 M$ par jour. . "Ces gangsters ne font pas que nuire au pays, mais à leur propre peuple", s'indignait alors Mustafa Sanalla. Le président de la NOC adressait une supplique très claire : "je demande aux dirigeants tribaux de supprimer ce cancer une fois pour toute. Ils doivent retirer la protection tribale à ces gangsters jusqu'à ce qu'ils cessent le blocage sans condition." Un appel qu'il a réitéré, jeudi 15 juin 2018, après l'attaque des deux terminaux de Ras Lanouf et Al Sedra : "La NOC poursuivra par tous les moyens légaux possibles ceux qui menacent ses travailleurs, perturbent la production et tentent de sécuriser illégalement les installations de production et d'expédition".

Rival du pouvoir en place à Tripoli, le maréchal Haftar, maître de l'Est depuis qu'il contrôle le croissant pétrolier, négocie toutefois avec le gouvernement d'unité nationale et son premier ministre, Fayez el-Sarraj pour préparer l'avenir. Après sept ans de guerre civile, tout deux prévoient d'organiser des élections législatives et présidentielles le 10 décembre 2018. La fiabilité et la sécurisation des installations pétrolières figurent parmi les préalables à la stabilité de l'économie du pays. Dès juillet 2016, le premier rapprochement entre les deux forces ennemies de l'Ouest et de l'Est s'était d'ailleurs scellé autour de la fusion des deux NOC divisées depuis le début du conflit libyen.

Vendredi 15 Juin 2018

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