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La filière courte fruits et légumes prend du poids en Italie


Marchés de producteurs, multiplication de points de vente occasionnels ou permanents, sites de vente en ligne ont permis le développement d’une filière courte performante pour la commercialisation de fruits et légumes en Italie avec l’appui de nouveaux services proposés par les plates-formes logistiques.


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Production locale au Piémont (photo région Piémont)
Production locale au Piémont (photo région Piémont)
ITALIE. La filière courte a le vent en poupe en Italie. Dans une consommation de produits alimentaires orientée à la baisse, la vente directe de fruits et légumes se distingue au contraire par une hausse sensible.

Lancé en 2009 par Coldiretti, le réseau « Campagna Amica » a séduit, en 2010, pas moins de 8,3 millions de consommateurs italiens qui ont choisi de s’approvisionner auprès de producteurs locaux dans une démarche à la fois écologique et de recherche de qualité des produits, la péninsule italienne étant le premier producteur de fruits et légumes bio en Europe.

Marchés et points de vente directe de « Campagna Amica  », ouverts à quelque 16 000 producteurs et agriculteurs locaux, ont réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 320 M€. Plus de la moitié de ces marchés (sur un total de près d’un millier) sont concentrés dans le nord de l’Italie avec en tête la région du Piémont. « En moins de deux ans, « Campagna Amica » s’est imposé comme le plus important réseau de vente directe des produits agricoles en Europe » insiste le président de Coldiretti, Sergio Marini. L’expérience intéresse d’ailleurs d’autres pays européens comme l’Espagne.

Cet engouement pour la filière courte et les produits du terroir se traduit aussi par des initiatives comme celle du groupe piémontais T18, présent dans toute la filière fruits et légumes, de la production à la distribution en passant par la transformation et la logistique, qui a passé un accord avec  l’hypermarché Leclerc de Turin pour y installer un stand de vente directe de ses fruits et légumes régionaux.

Ou encore, l’accord passé entre le réseau de distribution Nord Conad (130 points de distribution au Piémont, Val d’Aoste et Ligurie) avec les coopératives Piemonte Ortofruit (500 producteurs locaux pour une production de 20 000 tonnes de fruits et légumes) pour la commercialisation en circuits courts de « fruits et légumes qui parlent piémontais ».

Mutualiser la distribution avec les groupements d’acheteurs particuliers

Si la filière courte vise à réduire le nombre des intermédiaires et à permettre aux producteurs de recevoir une juste rémunération tout en offrant aux consommateurs de bénéficier de prix moins élevés pour des produits de qualité, elle ne supprime pas tous les besoins en logistique, elle les modifie. Ainsi, dans les centres urbains, la vente directe passe souvent par des commandes sur Internet soit de particuliers, mais le plus souvent de groupes organisés d’acheteurs particuliers, G.A. ou G. A. S. (pour les groupes d’acheteurs solidaires) ou même des Inter G.A.S. qui fédèrent plusieurs groupes. Considérés par la loi comme des acteurs non commerciaux, ces groupes d’acheteurs doivent néanmoins disposer d’un local adapté pour recevoir et stocker les produits commandés ou/et organiser la distribution entre les membres du groupe.

C’est ainsi que les plates-formes logistiques de fruits et légumes prennent en compte ces nouveaux besoins en Italie en proposant des services comme la mise à disposition de locaux et les livraisons à domicile. Le centre agroalimentaire de Bologne le propose déjà et à Rome, la Bio Solidale Distribuzione di Grottaferrata, émanation de la coopérative agricole Capodarco, vient d’investir, au sein du marché de gros, dans une plate-forme logistique de 1 500 m² pour la distribution de fruits et légumes bio dans la région de Rome afin de répondre entre autres aux commandes reçues via son site internet www.biosolidale.it.

Pour que la filière courte reste compétitive en termes de prix, les producteurs doivent en effet réduire leur coût logistique et donc mutualiser les livraisons. S’il y a un surcoût, il est bien moindre qu’avec les filières de distribution classique.

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Article réalisé en partenariat avec le Medfel .

Lundi 23 Avril 2012


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