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La facture de la reconstruction de Gaza pourrait atteindre les 485 M$


Rédigé par Eric Apim, le Jeudi 8 Juillet 2021 - Lu 1888 fois


Les dégâts subis à Gaza après onze jours de bombardements ont surtout touchés les logements (photo : UNRWA/Mohamed Hinnawi)
Les dégâts subis à Gaza après onze jours de bombardements ont surtout touchés les logements (photo : UNRWA/Mohamed Hinnawi)
PALESTINE. Selon un rapport publié par l'Onu, l'Union européenne et la Banque mondiale, Gaza va avoir besoin de 485 M$ (410 M€) pour reconstruire ses infrastructures détruites en mai 2021 durant les onze jours de bombardements de la guerre livrée entre le Hamas et l’État d'Israël. Le conflit a causé la mort de plus de 260 Palestiniens (dont 66 enfants et 41 femmes) et vingt-neuf décès côté israélien. Ce combat sans vainqueur a également déplacé 58 000 personnes.

Le conflit est venu une fois encore frapper l'enclave palestinienne de deux millions d'habitants aux conditions économiques "déjà chancelantes en raison principalement des restrictions sur la circulation des personnes et des biens commerciaux aux postes frontières, des limitations de la pêche au large des côtes de Gaza, et maintenant des effets de la pandémie de COVID-19", précise le rapport. Le texte appuie ses propos en citant un taux de chômage "alarmant" d'environ 50 % et une population dont plus de la moitié vit dans la pauvreté. 62 % des Gazouis se trouveraient aujourd'hui en situation d'insécurité alimentaire. "

Selon cette évaluation rapide des dommages et des besoins (RDNA), réalisée entre le 25 mai et le 25 juin 2021 en étroite coopération avec l'Autorité palestinienne et avec consultation de la société civile comme du secteur privé, les dommages physiques s'élèvent entre 290 et 380 M$ (245 à 321 M€). Les pertes économiques - interruption des flux économiques, de la production et des services) atteignent les 190 M$ (160 M€). Les trois institutions indiquent que les "besoins de relèvement ont été estimés entre 345 et 485 M$ au cours des vingt-quatre premiers mois", dont 125 à 195 M$ d'ici la fin 2021 et 220 à 290 M$ dans les six à vingt-quatre mois.

Mobiliser des donateurs

Sur le pan des dommages physiques, le secteur social a été le plus touché (140 à 180 M$ - 118 M€ à 152 M€). Les logements représentent à eux seuls près de 93% de ces dommages. Les autres secteurs les plus atteints sont les secteurs productifs et financiers avec en tête l'agriculture et les services, le commerce et l'industrie.

Les secteurs sociaux paient aussi le plus lourd tribut dans les pertes économiques avec environ 87% d'entre elles attribuées aux coûts supplémentaires de la santé et de la protection sociale ainsi qu'au chômage. Parmi les besoins critiques sont ainsi recensés un soutien en espèce à environ 45 000 habitants (sous forme d'aide alimentaire et non alimentaire), la création de 20 000 emplois à temps plein supplémentaire pendant douze mois, le relogement de plus de 4 000 personnes, des interventions pour améliorer la production alimentaire dans les secteurs de l'agroalimentaire et de la pêche pour remettre en état les biens matériels.
Parallèlement, le document prône un soutien financier aux micro-entreprises et aux Pme gravement endommagées fournissant des services, des biens et des emplois aux communautés. En mettant l'accent sur les techniques durables d'économie d'énergie et d'eau.

"Il s'agit d'un nouvel épisode malheureux au cours duquel le peuple palestinien de Gaza s'est retrouvé au cœur du conflit et de la destruction. La crise humanitaire est aggravée dans une économie dont les liens avec le monde extérieur sont très limités. Le PIB de Gaza pourrait se contracter de 0,3 % en 2021, contre une croissance annuelle estimée à 2,5 % avant le conflit. Grâce à cette évaluation, nous espérons mobiliser le soutien des donateurs pour aider à rétablir des conditions de vie dignes et des moyens de subsistance à Gaza, et ouvrir la voie à la reprise", souligne Kanthan Shankar, directeur national de la Banque mondiale pour la Cisjordanie et Gaza. Cette RDNA est une étape importante dans ce processus. J'appelle la communauté internationale à s'unir pour soutenir ces efforts", insiste Tor Wennesland, coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient.

Reconstruire mieux

La RDNA suggère une approche "Building-Back-Better" et appelle donc à se concentrer sur "la reconstruction d'une économie et d'infrastructures plus résilientes et respectueuses du climat et sur la capacité de la population à absorber les chocs, ainsi que sur l'amélioration du niveau de vie". Le rapport indique que "les actions recommandées vont de la satisfaction des besoins immédiats et futurs, comme la restauration d'infrastructures inclusives, efficaces sur le plan énergétique et durables sur le plan environnemental, à l'adoption de mesures de sauvegarde sociale plus fortes et à la mise en œuvre de réformes politiques ciblées".

Pour Sven Kühn von Burgsdorff, représentant de l'Union européenne, il faut "s'attaquer aux causes profondes du conflit. Le redressement de Gaza doit être soutenu par un processus de paix significatif qui apportera sécurité et dignité à tous." Ceci devra passer, obligatoirement, par la mise en place par l'Autorité palestinienne d'un système de gouvernance durable et la création d'un environnement des affaires propice à une croissance tirée par le secteur public.















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