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La disparition de l'Océmo ampute la Méditerranée de son réseau des réseaux


Océmo : Avril 2011 - décembre 2017. Les avis de décès se seront empilés en 2017 comme pour mieux enterrer la vocation méditerranéenne de Marseille. L'Office de coopération économique pour la Méditerranée et l'Orient avait vu le jour voici six ans comme réseau des réseaux méditerranéens et le porte-parole de la voix de la société civile. Pendant cinq éditions, il aura même porté la Semaine économique de la Méditerranée, aujourd'hui aussi défunte. La Méditerranée se retrouve une nouvelle fois en deuil d'une structure marseillaise.



Pierre Massis, son délégué général, a voulu "fermer proprement" l'Océmo (photo : F.Dubessy)
Pierre Massis, son délégué général, a voulu "fermer proprement" l'Océmo (photo : F.Dubessy)
BOUCHES-DU-RHÔNE. Les mauvaises nouvelles se succèdent en 2017 pour les structures liées à la Méditerranée et implantées à Marseille. Après Finances & Conseil Méditerranée (FCM) cet été puis l'Institut méditerranéen des transports maritimes (IMTM) en octobre, la fin de l'année va se conclure avec la cessation des activités de l'Océmo le 31 décembre 2017.

Créée en avril 2011 à Marseille avec comme vocations de "fédérer les acteurs de la coopération économique, diffuser l'innovation auprès de son réseau, et favoriser les échanges", l'Office de coopération économique pour la Méditerranée et l'Orient se présentait comme un réseau des réseaux et revendiquait de fédérer plus de 300 chercheurs et personnalités de la société civile. Avec dès son origine deux leitmotivs : répondre aux attentes de la jeunesse en Méditerranée et devenir la voix de la société civile.

Financé par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et les collectivités (Région Paca, ville de Marseille, CCI Marseille-Provence), il bénéficiait, jusqu'en 2016, d'un budget annuel d'1 M€.

L'Océmo ne veut plus financer la Semaine économique de la Méditerranée

Déjà, en novembre 2016, son conseil d'administration se trouvait contraint de passer de dix à deux salariés à plein temps. C'était au lendemain de l'organisation de la 10e Semaine économique de la Méditerranée dont l'institution assurait la coordination depuis cinq éditions et qui a finalement été - comme le prédisait econostrum.info - la dernière de la série. Philippe de Fontaine Vive, co-président de l'Océmo, renonçait, dès le 2 novembre 2016, à financer une 11e édition. Un coup de pied dans la fourmilière qui n'aura, hélas, servi à rien puisque personne n'a depuis repris le relais. Malgré les déclarations le même jour de Jean Roatta, premier adjoint au maire de Marseille, "je peux affirmer une chose, cette 10e SEM n’est pas la dernière. Il y aura une 11eme SEM, j’en prends l’engagement."

L'événement rassemblait pourtant tous les Méditerranéens à la Villa Méditerranée, autre symbole des liens entre les deux rives. Las, 2017 sonne aussi le glas de la Villa Méditerranée, futur musée abritant une réplique de la grotte préhistorique Cosquer, mais aussi de la Villa Valmer, où se situait depuis le début le siège de l'Océmo et qui va devenir un hôtel de luxe. Les deux lieux emblématiques d'organisation de manifestations à vocation méditerranéennes, liés à l'Océmo, tirent donc aussi leur révérence dans le même temps. Triste année 2017.

Assemblée générale de dissolution

La convention de l'Océmo avec la Caisse des Dépôts, prévue sur trois ans, s'achevaient fin 2017 et très vite, avec la diminution du montant des subventions des collectivités, le vent du boulet à soufflé. Les administrateurs disaient maintenir leur confiance mais demandaient de réfléchir à un nouveau positionnement. Pendant les premiers mois de 2017, l'Océmo a donc essayé d'assurer sa survie notamment en travaillant, par exemple, sur l'héritage de la Semaine économique de la Méditerranée, voir ce qui pouvait être amélioré. Un compte-rendu de ces réflexions a même été expédié aux différents bailleurs. Mais sans aucun retour...

Cette année devait être celle de la transition, jusqu'au jour où son délégué général, en poste depuis juin 2013, Pierre Massis a du se rendre à l'évidence. Les jours de l'Océmo se trouvaient bels et biens comptés. "Les financements promis n'étaient toujours pas arrivés sauf ceux de la Caisse des Dépôts qui a toujours été correcte avec nous. Mais j'attendais ceux de la Région Paca et de la CCI Marseille-Provence qui ont mis longtemps à nous parvenir. Ils ont été honorés juste à temps pour l'ouverture de l'Assemblée générale de dissolution ce 14 décembre 2017", dévoile-t-il à econostrum.info.

De l'Océmo à l'Avitem

Pierre Massis doit alors licencier la dernière assistante de l'Océmo en mars 2017 et se retrouve seul aux manettes. Le délégué général affirme n'avoir alors eu plus qu'un seul objectif en tête : "assurer un atterrissage en douceur en transférant la quasi-totalité des dossiers pour que tout ne soit pas perdu." Et en particulier celui de MedNC. Avec le soutien de l'Union pour la Méditerranée, le réseau méditerranéen nouvelle chance - né à Marseille en 2013 sur l'expérience d'Ecole de la 2e chance, avant d'essaimer en France puis sur l'autre rive - permet à des jeunes de bénéficier d'un parcours personnalisé pour sortir de l'exclusion du marché du travail. L'Océmo pilotait ce programme labellisé par l'UpM, en partenariat avec l'Ecole de la Deuxième chance de Marseille (E2C), la région Paca et l'Agence française de développement (AFD).

MedNC sera donc repris par l'Institut européen de coopération et de développement (IECD) basé à Paris. Selon nos informations, l'organisme devrait implanter une antenne régionale à Marseille pour continuer à développer ce programme. Même s'il intervient en Syrie, au Liban, dans les Territoires palestiniens, au Maroc et en Egypte, l'IECD travaille davantage avec l'Asie et l'Afrique subsaharienne. Les réseaux de l'Océmo lui offrent donc une complémentarité.

Pierre Massis refuse de parler de regrets ou de gâchis. "J'ai travaillé avec une superbe équipe. La gouvernance et les administrateurs ont joué le jeu. Toutes les dettes ont été épongées, les salariés et les fournisseurs payés et les créances récupérées. Nous fermons proprement !", se félicite le délégué général encore pour quelques jours. "Ce que nous avons effectué a été très utile. Il s'agissait d'une belle expérience humaine et de réseau. Cette capitalisation je n'ai pas envie de la perdre et je vais pouvoir la mettre au service de l'Avitem, ici à Marseille et en Méditerranée", confie-t-il à econostrum.info.

A compter du 2 janvier 2018, il poursuivra donc son aventure méditerranéenne au sein de l'Agence des villes et territoires méditerranéens durables. Fondée en 2012, l'Avitem a confié à celui qui sera son futur directeur des partenariats et des financements, deux missions : mieux faire connaître cet institution et redynamiser les réseaux et les partenariats.




Jeudi 21 Décembre 2017



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