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La diaspora maghrébine : un potentiel économique à exploiter pour favoriser le développement économique de la région méditerranéenne.

Par Amal Chevreau, responsable du pôle Études d’Ipemed (Institut de prospective économique du monde méditerranéen)



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La diaspora maghrébine : un potentiel économique à exploiter pour favoriser le développement économique de la région méditerranéenne.
La circulation des personnes constitue la quatrième dimension de la mondialisation, aux côtés de celle des marchandises, des flux financiers et de l’information. Néanmoins, dans le monde globalisé que nous connaissons, la mobilité des personnes est soumise à de fortes contraintes et représente une source de tensions récurrentes entre les pays développés et les pays en voie de développement.  

La région méditerranéenne ne déroge pas à cette règle. La mobilité des personnes est loin d’être celle dont l’Europe et les pays sud méditerranéens auraient besoin pour tirer profit des avantages de la proximité et de la complémentarité, comme le font d’autres régions du monde.  

La diaspora maghrébine pourrait jouer un rôle important dans la construction d’un nouveau paradigme, autour de l’apport positif des migrants dans le développement et la création de valeur ajoutée.  

Avec les double-nationaux, la diaspora comprend les migrants ou les descendants de migrants qui partagent une ou plusieurs caractéristiques importantes (pays d’origine, ethnicité, religions d’origine, langue, politique…). La diaspora maghrébine comprend ainsi les ressortissants originaires d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. Les Marocains résidant à l’étranger représentent plus 10% de la population totale du Royaume, soit plus de 3 millions de personnes, les Algériens établis à l’étranger sont 7 millions , et les Tunisiens représentent 1,2 million de personnes. La diaspora maghrébine réside à plus de 80% en France.  

Le colloque organisé le 15 mai 2014 au Sénat par Ipemed a eu pour principal objectif de faire prendre conscience que cette diaspora, forte de compétences diverses et variées (chefs d’entreprises, universitaires, chercheurs, médecins etc.) reste insuffisamment impliquée dans le développement des pays d’accueil et des pays d’origine à la différence d’autres régions du monde. L’essor de Bangalore, la Silicon Valley indienne, a été possible notamment grâce à l’émigration de jeunes ingénieurs indiens vers la Silicon Valley californienne et leur retour au pays. 

Nécessité de mettre en place un cadre concerté et stable pour la mobilité

La région méditerranéenne doit tirer profit du potentiel que représente la diaspora maghrébine en renforçant son attractivité et en créant les conditions d’une confiance nouvelle. Les conditions permettant un renforcement de la confiance dans la région sont multiples : sécurisation et facilitation des investissements ; sécurisation du parcours du migrant (titres de séjour pluriannuels, portabilité de certains droits) ; facilitation de la mobilité des personnes et des savoir-faire entre les deux rives ; reconnaissance des droits politiques dans le pays d’origine et d’accueil.  

Le rapprochement culturel est un facteur déterminant pour construire une région économiquement intégrée stable et durable, qui puisse peser dans la mondialisation. La diaspora incarne ce rapprochement culturel et c’est pourquoi il peut être judicieux de s’appuyer sur elle pour encourager et soutenir l’accroissement des relations économiques et commerciales. L’impact de la proximité culturelle pour dynamiser la diplomatie économique a été sous-évalué en France et traduit un double déficit de perception : de l’importance du voisinage d’une part, de l’importance de l’approche culturelle du développement d’autre part.  

L’enjeu de la mobilisation de la diaspora fait émerger la nécessité de mettre en place un cadre concerté et stable pour la mobilité. En effet, les stratégies de co-production impliquent non seulement un partage de la chaîne de valeur mais également un transfert de savoir-faire et de technologies. Cela signifie que les échanges Nord-Sud doivent être renforcés. Ces échanges ne peuvent se limiter à des flux matériels : il s’agit surtout de permettre une mobilité accrue des personnes pour soutenir la formation professionnelle et la recherche.

Mardi 10 Juin 2014









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