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La démission du patron des patrons algériens isole encore plus Abdelaziz Bouteflika


Après l'appel du chef d'état-major de l'armée à déclarer "inapte" le président algérien, Abdelaziz Bouteflika perd un nouveau fidèle avec la démission d'Ali Haddad de la présidence du patronat. Ses rangs deviennent de plus en plus clairsemés alors qu'une nouvelle grande mobilisation s'annonce.


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Nouvelle défection pour Abdelaziz Bouteflika avec la démission d'Ali Haddad, président du Forum des chefs d'entreprise (photo : FCE)
Nouvelle défection pour Abdelaziz Bouteflika avec la démission d'Ali Haddad, président du Forum des chefs d'entreprise (photo : FCE)
ALGÉRIE. Après l'appel d'Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée algérienne et vice-ministre de la Défense nationale, au Conseil constitutionnel pour déclarer "inapte" le président algérien, Abdelaziz Bouteflika perd un nouveau fidèle.

Jeudi 28 mars 2019 au soir, Ali Haddad, Pdg du groupe ETRHB et président du Forum des chefs d'entreprises (FCE) depuis novembre 2014, a décidé de démissionner. Dans une lettre de trois pages reprise par la presse algérienne, il justifie cet acte pour préserver "la pérennité et la cohésion de l'organisation". Il en profite pour préciser les conditions de son arrivée à la tête du patronat algérien et sa réélection - alors qu'il était l'unique prétendant - en décembre 2018. "Une confiance renouvelée, à l'unanimité, pour un second mandat alors qu'aucune candidature n'a été déposée pendant que j'espérais et appelais de mes voeux une compétition saine entre plusieurs candidats", indique-t-il.

Ali Haddad et son organisation avaient été parmi les premiers à réclamer un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika. Et il compte bien ne pas en porter seul la responsabilité. "Tout au long de ces années, j'ai veillé au maintien de la consultation permanente de mes collègues et à favoriser la collégialité dans toutes les décisions (...) Mon souci permanent a été de veiller à ne prendre aucune initiative personnelle ou quelque posture que ce soit qui puisse mettre en péril l'unité au sein de noter organisation. Il en a été ainsi pour la position du Forum des chefs d'entreprises concernant l'élection présidentielle, qui était prévue pour avril 2019".

La rue veut un changement de régime

Cette démission intervient alors que, selon le journal arabophone El Bilad, le gouvernement algérien a décidé d'interdire, mercredi 27 mars 2019, à plus de cent personnalités du monde de la politique et des affaires (dont le président du FCE) de quitter le territoire national. Elles sont soupçonnées de corruption et d'abus de pouvoir. Le lendemain, tous les passeports diplomatiques (évitant d'être contrôlés et fouillés aux frontières) étaient saisis. Dans les deux cas, le gouvernement veut éviter les transferts illégaux de devises (principalement euros et dollars) alors que le pays se trouve en pleine crise politique et sociale depuis vendredi 22 février 2019 et les premières manifestations contre le cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika.

Après la perte des soutiens de l'UGTA (principale centrale syndicale du pays), d'une partie du FLN (Front de libération nationale), son parti, du RND (Rassemblement national démocratique), qui avaient tous appelés en choeur à un nouveau mandat, le président de quatre-vingt-un-ans se trouve de plus en plus seul. Une caricature de Sadki le montrait d'ailleurs, jeudi 28 mars 2019 dans l'Observalgérie, en fauteuil roulant, tête baissée, et indiquant "personne ne veut plus me pousser" avec comme légende : "C'est tout le monde qui lâche Bouteflika".

Pendant ces défections, la rue algérienne continue de se faire entendre, et de plus en plus fort. Vendredi 29 mars 2019, jour de mobilisation générale, de nouvelles manifestations vont se dérouler. Elles montreront comment réagissent les manifestants à tous ces revirements. Et notamment aux propos d'Ahmed Gaïd Salah. Car même si la procédure de l'article 102 de la Constitution - qui permettrait la démission de fait du président - se trouvait engagée, le gouvernement resterait au pouvoir. L'intérim serait en effet assuré par le président du Conseil de la Nation (Sénat), Abdelkader Bensalah, ou, selon le scénario, par Tayeb Belaziz, nouveau président du Conseil constitutionnel. Deux très proches d'Abdelaziz Bouteflika.

Comme le résume si bien le journal Liberté, "le régime est désormais pour le départ de Bouteflika, mais le peuple est pour le départ du régime."


Vendredi 29 Mars 2019

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