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La défaite de Syriza aux européennes provoque des législatives anticipées en Grèce


Les résultats du scrutin européen en Grèce, avec la victoire des conservateurs, aura eu raison du gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras. Des élections législatives anticipées ont été annoncées pour début juillet 2019. Un nouveau coup de poker pour le Premier ministre.


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Kyriakos Mitsotakis de la Nouvelle Démocratie est le grand vainqueur des élections européennes en Grèce (photo : DR)
Kyriakos Mitsotakis de la Nouvelle Démocratie est le grand vainqueur des élections européennes en Grèce (photo : DR)
GRÈCE. Les résultats du scrutin européen en Grèce, avec la victoire des conservateurs (33,25%), aura eu raison du gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras. Des élections législatives anticipées ont été annoncées pour début juillet 2019, sans même patienter jusqu'au verdict du second tour des municipales et des régionales prévues dimanche 3 juin 2019. Le Premier ministre a attendu presque minuit dimanche 26 mai 2019, quand son échec électoral ne faisait plus aucun doute, pour faire cette déclaration, à la surprise générale, sur la tenue d'un nouveau vote.

"Nous avons perdu une bataille, mais pas la guerre", déclarait Alexis Tsipras devant son parti Syriza, vingt-quatre heures après sa défaite. Une guerre ouvertement axée contre la droite qui radicalise le pays et confirme le retour du bipartisme en Grèce. 
Le scrutin était triple dimanche 26 mai 2019 en Grèce. Les électeurs se sont déplacés non seulement pour les Européennes mais aussi pour les municipales et les régionales, et ce, à quelques mois des législatives normalement attendues en octobre 2019. Les conservateurs de la Nouvelle Démocratie (ND) sortent vainqueurs haut la main de ces différentes urnes, laissant Syriza (23,74%) à presque dix points de distance. Pour autant, l’analyste politique Ilias Nikolakoulos met des nuances : "Syriza n’est pas perdant dans l’absolu, car il maintient son score des européennes de 2014. Ce qu’il a perdu, c’est son pari du vote de confiance demandé aux Grecs la veille du scrutin." Reste que les conservateurs enregistrent une vraie victoire. Ils retrouvent, eux, leur score de 2009. Du jamais vu, de "l’inespéré" même selon un cadre de Nouvelle Démocratie.

Retour des socialistes désormais troisième parti du pays

Ces résultats confirment que les sondage grecs demeurent vraiment peu fiables. Le Jeudi précédant le scrutin, ils prévoyaient une fourchette réduite entre les deux grands partis de l’ordre de 3,6 % ! Et annonçaient également le maintien des néonazis du parti Aube Dorée en projetant un score à deux chiffres dans certaines circonscriptions. Hors le parti néonazi grec enregistre dans tout le pays une baisse de cinq points (4,86% des votes). Il maintient certes ses députés (deux sièges) au Parlement européen, mais qui place son mouvement en cinquième position sur la scène politique, au coude à coude avec les communistes. A noter que les cinq points perdus, se retrouvent pratiquement dans un tout nouveau parti d'extrême droite, La solution grecque, qui obtient 4,12% des voix et un siège. Le virage de la Grèce vers la droite et l'extrême droite s'avère donc marquant.
 
Ces élections marquent aussi le retour de revenants : les socialistes de l’ancien Pasok. Rebaptisé KINAL, le mouvement pour le changement, est dirigé par Fofi Genimata, fille de l’un des fondateurs historiques du mouvement socialiste panhellénique, Georgos Genimatas. Menacé de ne pas entrer au Parlement aux dernières élections, il se retrouve troisième parti du pays (7,50%) et même faiseur de rois pour les prochaines législatives durant lesquelles, selon tous les analystes, il sera totalement impossible qu’une majorité absolue se dégage. Encore un résultat inespéré !
Le plus étonnant reste la participation (58,48%) nettement plus élevée que prévue. Probablement parce que pour la première fois les jeunes de dix-sept ans votaient. A ceci près que, selon les derniers chiffres disponibles, ces tout nouveaux électeurs ont choisi à 13,3 % le parti néonazi. 

Kyriakos Mitsotakis (ND), rival acharné d’Alexis Tsipras, a demandé la démission du Premier ministre et des élections anticipées. Alexis Tsipras a dit oui sur le second point. Non pas pour lui faire plaisir, loin s’en faut, mais "parce que je ne peux ignorer ces résultats », indiquait-il. Selon lui, "le peuple grec doit se prononcer sur la poursuite de la croissance ou le retour du néolibéralisme revanchard." Alexis Tsipras avait tenté le même coup de poker en septembre 2015, dans un climat qui lui était extrêmement hostile suite au référendum contre la poursuite de l’austérité dont il n’avait pas respecté le résultat. A l'époque, contre toute attente, il avait remporté largement les élections.

Angélique Kourounis et Thomas Iacobi, à ATHÈNES

Mardi 28 Mai 2019

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