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La caisse de dépôts et consignations tunisienne voit large


En projet sous Ben Ali, la caisse de dépôts et consignations (CDC) a été crée en novembre 2011, près d’un an après la révolution. Elle souhaite créer un fonds de colocalisation en partenariat avec la BPI en France. Tour d'horizon de ses réalisations et de ses nouvelles ambitions avec Jamel Belhaj, son directeur général.


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Jamel Belhaj, directeur général de la Caisse des dépôts de Tunisie. Photo Caisse des Dépôts de Tunisie.
Jamel Belhaj, directeur général de la Caisse des dépôts de Tunisie. Photo Caisse des Dépôts de Tunisie.
Econostrum.info : Quelles sont les missions de la caisse de dépôts et consignations en Tunisie ?

Jamel Belhaj : La Tunisie n’est pas un pays très riche, nous de disposons pas des ressources nécessaires pour créer par exemple des fonds souverains. Le modèle de caisse des dépôts apparait approprié à cette réalité. Nous jouons un rôle d’investisseur en capital différent de ce qui est fait dans le cadre budget de l’Etat. 
Nos ressources s’élèvent à environ 4 milliards de dinars (1,8 mrds €). Elles viennent de l’épargne postale et des consignations de trésorerie publique. Notre mission principale consiste à orienter une partie de ces ressources vers les investissements dans les régions, dans les énergies durables ou le développement inclusif par exemple. Ces projets doivent afficher une rentabilité supérieure à celle des bons du Trésor soit 6 % sur dix ans. Notre seconde mission réside dans l’appui aux PME.

Votre appui aux PME se fait notamment à travers des fonds d’investissement, quels sont-ils ?

Jamel Belhaj : Le tissu économique tunisien est constitué à 95% de PME. Nous ne pourrons pas les toucher toutes directement mais nous avons créé quatre fonds d’investissement et sommes actionnaires dans six autres. Le principal, le « fonds d’investissement régional », de 100 millions de dinars (45 M€), est dédié à ces PME. Nous avons aussi créé le fonds islamique Theemar de 50 millions de dinars (22,5 M€) avec une filiale de la banque islamique. En tout notre participation s’élève à 250 millions de dinars (112,5 M€) d’investissements directs dans ces différents fonds.

Dans quels projets avez-vous concrètement investi depuis 2011 ?

Jamel Belhaj  : Nous sommes engagés dans un certain nombre de grands projets du secteur public mais comme la Tunisie a connu plusieurs gouvernement de transition successifs depuis la révolution, beaucoup restent en stand-by, comme le projet de dessalement d’eau de Djerba. D'autres sont encore en phase de prise de décision. Il reste des questions importantes à trancher : le code d’investissement, la réforme fiscale, la loi de partenariat public privé encore en chantier…
Nous avons déjà des autorisations de l’Etat concernant les technopoles de Sfax ou Sousse (sur la côte Est), ou encore la construction d’une clinique à Sidi Bouzid (dans le centre du pays)…Mais aucun grand projet n’est réellement entamé en dehors de la centrale laitière de Sidi Bouzid, engagée avant la révolution. Nous espérons que cette nouvelle phase politique (après les élections de 2014) nous permettra de passer à l'action.

Malgré ce constat d'immobilisme, vous ambitionnez désormais de soutenir la colocalisation ?

Jamel Belhaj : Il s’agit d’un fonds de colocalisation créé avec la BPI (Banque publique d’investissement) en France. Ce nouveau fonds est en phase de structuration. Nous disposons de toutes les autorisations. La convention a été signée lors du passage de François Hollande en Tunisie en juillet 2013. Les autorisations ont pris du temps notamment pour la partie change.

Comment fonctionnera ce fonds ?

Jamel Belhaj : La CDC et la BPI financeront le premier closing de 20 M€. Il concernera le financement des PME tunisiennes, à priori déjà exportatrices, qui s’installent en France pour conforter leur marché en Europe, et aux PME françaises qui localisent leur site de production ou back office en Tunisie pour toucher le marché français ou africain. Le besoin est réel. Nous ne parlons plus de délocalisation. Nous voulons favoriser l’intégration dans l’économie nationale.

Propos recueillis par Camille Lafrance, à TUNIS
Mercredi 21 Janvier 2015

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