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La banque, le chiffre et le conseil jouent la carte du réseau Paca/Algérie


Dans le cadre de sa mission de développement d'un réseau de professionnels de la banque, du chiffre et du conseil des deux côtés de la Méditerranée, le réseau Finances & Conseil Méditerranée (FCM) a organisé du 6 au 8 février 2010 à Alger, un séminaire pour aider au développement des PME algériennes et de la région Paca.


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Abderramane Benkhalfa, Délégué général de l'ABEF, constate avec plaisir le renouveau du système bancaire algérien (Photo F.Dubessy)
Abderramane Benkhalfa, Délégué général de l'ABEF, constate avec plaisir le renouveau du système bancaire algérien (Photo F.Dubessy)
ALGERIE. Comment se maintenir ou s’installer sur le marché algérien après l’adoption par le gouvernement d’Ahmed Ouyahia, en juillet 2009, d'une loi de Finances complémentaire (LFC) peu favorable ? Le problème de l'adaptation se pose au quotidien aux entreprises de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) qui ont subi de plein fouet le recul des importations algériennes consécutif à la promulgation de cette loi.

Arrivé en force à Alger avec une délégation d'une quinzaine de professionnels de la banque, du chiffre et du conseil (banquiers, avocats, experts comptables, commissaires aux comptes) et des chefs d'entreprise, les membres de l'association Finances & Conseil Méditerranée (FCM) ont pu échanger au cours d'un séminaire de trois jours avec leurs homologues algériens pour, ensemble, tenter de trouver des solutions.

Créé par les Ordres professionnels et les institutions (Conseil régional Paca et CCI Marseille-Provence) en février 2009, le Prides (Pôle Régional d'Innovation et de Développement Economique Solidaire) FCM vise à faciliter les contacts entre les deux rives en créant un réseau d'experts des deux côtés de la Méditerranée. Le séminaire organisé dans la capitale algérienne a permis de renforcer ces liens.
 

Substituer l'investissement et le partenariat à l'exportation

Mohamed Hamdi, président de l'ordre national des Experts comptables et commissaires aux comptes algériens devise avec Mohamed Laqhila, représentant de l'ordre des experts comptables Paca Corse  (photo F.Dubessy)
Mohamed Hamdi, président de l'ordre national des Experts comptables et commissaires aux comptes algériens devise avec Mohamed Laqhila, représentant de l'ordre des experts comptables Paca Corse (photo F.Dubessy)
Côté algérien, tout en reconnaissant ces problèmes, Abderrahmane Benkhalfa, délégué général de l’association des Banques et Etablissements Financiers (Abef), a mis en avant une "place bancaire qui a évolué mais qui n'a pas encore atteint le niveau d'accomplissement souhaité" Et a tenu à rassurer ses interlocuteurs.

Le réseau bancaire algérien atteindra les 1 450 guichets au niveau national (+ 350 de La Poste) au premier semestre 2010 contre 1 000 auparavant.. Ce développement reste encore insuffisant car il ne représente qu'un point bancaire pour 24 000 habitants (1 pour 2004 en France). "C'est trop peu pour un pays en pleine croissance mais il existe un blocage culturel et les structures qui existent sont surchargées. D'ici à la fin 2010, nous devrions compter 2 000 points" précise Abderrahmane Benkhalfa. L'objectif étant d'atteindre un point bancaire pour 15 000 habitants dans les cinq ans à venir.

"Outre l'extension des réseaux bancaires, et même si le système de tarification des services reste modeste, nous pouvons capitaliser sur plusieurs avancées importantes. Handicap pour les entreprises voici trois ans encore, l'industrie des paiements et des règlements a bien progressé. Les virements interbancaires ne prennent plus que quelques jours voire quelques minutes" souligne le délégué général de l’Abef. II fait également savoir que le leasing ou crédit-bail ainsi que le capital investissement ont connu une percée en 2009, année où les encours de crédits ont progressé de 17%.

Un corridor spécifique pour les entreprises qui importent pour produire

Abordant la situation du marché algérien, Abderrahmane Benkhalfa souligne « la grosse vulnérabilité de la PME algérienne » du fait de l’extrême ouverture du marché algérien. Il s’avère, jusqu’à aujourd’hui, beaucoup plus rentable d’exporter vers l’Algérie que d’y investir.

Il justifie le recours au Credoc par le fait que les IDE (Investissements Directs à l'Etranger) « n’ont pas apporté la valeur ajoutée nécessaire. Bien au contraire, au lieu de la substitution à l’importation nous assistons à une substitution de la production. » Abderrahmane Benkhalfa reste toutefois conscient des problèmes générés par cette mesure. Tout en expliquant que les pouvoirs publics et la communauté bancaire travaillent actuellement à aménager un « corridor spécifique » avantageux pour les entreprises qui importent pour produire.


L'imposition du Credoc freine les exportations vers l'Algérie

Le président de FCM, François-Xavier de Fornel, observe avec attention l'utilisation du Credoc en Algérie (photo F.Dubessy)
Le président de FCM, François-Xavier de Fornel, observe avec attention l'utilisation du Credoc en Algérie (photo F.Dubessy)
Ce « corridor », qui ne s’appliquerait pas aux entreprises qui font de la revente en l’état, vise à «diminuer les délais, les coûts et les commissions » émanant de l’application du Credoc.

Il consisterait en un programme d'aides publiques pour les PME (bonification de taux, subventions directes, garanties des crédits....) et véhiculées par les vingt-six établissements bancaires présents en Algérie.

François -Xavier de Fornel, président de FCM, tout en incitant à la création de joint-ventures entre entreprises provençales et algériennes, constate l'imposition du Crédit documentaire (Credoc) comme unique mode de financement des importations algériennes. "Ceci a freiné incontestablement les exportations vers l'Algérie bien qu’il s’agisse d’un moyen de paiement plus simple pour les exportateurs français".

Toutefois, il souligne que la région Paca traite depuis longtemps avec l’Asie, uniquement avec le Credoc. Cette situation ne pose pas de problèmes, bien au contraire, elle oblige à plus de rigueur.

Constatant l’envolée des prix de certains produits (agroalimentaire, consommables informatiques…), suite à l’application du Credoc, Abderrahmane Benkhalfa incite à voir le bon côté des choses en profitant de ces opportunités d’investissement dans le cadre d’une stratégie de substitution aux importations.

Rappelant que l’un des objectifs du plan quinquennal 2010-2015 réside dans la création de 200 000 PME, il explique que certains secteurs, tels l’agroalimentaire n’exigent pas d’investissements lourds.

Lire aussi: L’accord d’association Algérie-UE sera renégocié en 2010
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Amal Belkessam et Frédéric Dubessy, à ALGER
Mardi 9 Février 2010

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