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La Turquie se prépare à envoyer son armée en Libye


Rédigé le Vendredi 3 Janvier 2020 à 12:26 | Lu 1643 commentaire(s)


Le Parlement turc ouvre la voie à une intervention militaire en Libye (photo : TBMM)
Le Parlement turc ouvre la voie à une intervention militaire en Libye (photo : TBMM)
TURQUIE / LIBYE. La Grande assemblée nationale turque (Türkiye Büyük Meclisi) TBMM a autorisé, jeudi 2 janvier 2020, par 325 voix pour et 184 contre, l'envoi de troupes militaires en Libye pendant un an. Depuis plusieurs semaines le président Recep Tayyip Erdogan brandissait cette menace, dans la lignée de son intervention en Syrie. Un double accord de coopération militaire et de délimitation des frontières maritimes avait même été signé, le 22 novembre 2019, avec Fayez al-Sarraj, président du gouvernement d'accord national libyen (GNA), reconnu par l'Onu.

Ankara veut lui venir en aide alors qu'il se trouve assiégé, depuis avril 2019, dans sa capitale de Tripoli par les forces du maréchal Khalifa Haftar. L'homme fort de l'Est du pays est soutenu par l'Egypte, la Russie et les Emirats arabes unis.

Selon le texte voté par les députés turcs, cette intervention vise à "protéger les intérêts de la Turquie en Méditerranée, de prévenir le transit de migrants clandestins, d'empêcher les organisations terroristes et les groupes armés de proliférer, d'apporter une aide humanitaire au peuple libyen".

Multiples réactions en Méditerranée

Donald Trump a vivement réagi en mettant en garde, par un appel téléphonique, le président Erdogan contre toute "ingérence étrangère" qui ne viendrait que "compliquer la situation en Libye". Le président américain avait déjà demandé, en novembre 2019, à Khalifa Haftar de cesser son offensive.

Dans une déclaration commune depuis Athènes, Benyamin Netanyahou, premier ministre israélien, Nicos Anastasiades, président de Chypre, et Kyriakos Mitsotakis, premier ministre grec, ont qualifié cette décision de "menace dangereuse pour la stabilité régionale". L'Egypte a évoqué "un impact négatif sur la stabilité en Méditerranée".

Ehmayed Houma, deuxième vice-président du Parlement libyen, qui siège à Benghazi, à l'Est du pays et non reconnu par la communauté internationale, parle de "haute trahison" et de "démarche imprudente d'Erdogan, dans laquelle il a entraîné le parlement de son pays." Selon son adversaire, Fathi Bachagha, ministre de l'Intérieur du GNA, son gouvernement a "pleinement le droit de défendre sa légitimité et de protéger les civils face à une agression menée par une horde de putschistes appuyés par des parties étrangères."
Le Parlement libyen tiendra une session urgente samedi 4 janvier 2020 pour "étudier les répercussions de l'ingérence flagrante de la Turquie".

L'Union européenne, dans un communiqué publié par le porte-parole du Haut représentant des Affaires étrangères, "réaffirme sa conviction ferme qu'il n'existe pas de solution militaire à la crise libyenne". Le texte poursuit par "ceux qui se battent dans ce conflit ne peuvent qu'entrainer une déstabilisation accrue du pays et de la région". L'UE appelle à "soutenir les efforts" de Ghassan Salamé, émissaire des Nations unies en Libye qui sont "la seule voie vers une Libye en paix, stable et sûre". Le Conseil de sécurité de l'Onu a reconduit pour un an, en septembre 2019, le mandat de la mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) créée en 2011 suite à la guerre civile dans ce pays.




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