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La Turquie et l'Egypte en tête des pays qui incarcèrent le plus les journalistes



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MEDITERRANEE. L'incarcération de journalistes pour des faits en rapport avec leur métier atteint une nouvelle fois, en 2017, un niveau record dans le monde. Selon le rapport du Committee to protect Journalists (Comité pour la protection des journalistes -CJP-), publié mercredi 13 décembre 2017 et annuellement depuis le début des années 90, "ce schéma reflète l'attitude lamentable de la communauté internationale, qui ne se préoccupe pas de la crise mondiale de la liberté de la presse."

L'association identifie 262 journalistes incarcérés (259 en 2016) dont 8% de femmes. A eux seuls, Turquie, Égypte et Chine représentent plus de la moitié (51%) de ce total avec 259 cartes de presse dans leurs geôles. Le régime de Recep Tayyip Erdogan remporte une nouvelle fois la palme du plus grand persécuteur de journalistes et en détient soixante-treize dans ses prisons (contre quatre-vingt-un toutefois en 2016). Tous sont inculpés de crimes contre l'Etat. A noter, que le CJP ne prend en compte dans ses calculs que les personnes arrêtées dans le cadre de leur travail. "La répression de la presse turque, qui a commencé au début de 2016 et s'est accélérée à la suite du putsch manqué de juillet attribué par le gouvernement à une organisation terroriste présumée dirigée par l'ecclésiastique exilé Fethullah Gülen, s'est poursuivie à un rythme soutenu en 2017. Les autorités ont accusé des journalistes d'activités terroristes sous prétexte qu'ils auraient utilisé l'application ByLock, une messagerie cryptée, ou des comptes en banques auprès d'institutions présumées Gülenistes", précise le rapport.

Algérie et Maroc entrent dans le classement

L'incarcération des journalistes musèle la liberté de la presse (photo : F.Dubessy)
L'incarcération des journalistes musèle la liberté de la presse (photo : F.Dubessy)
Dans ce document, l'association cite des cas précis d'entrave à la liberté de la presse : "le 31 mars, un tribunal à Istanbul a ordonné la mise en liberté provisoire d'au moins 19 journalistes incarcérés à la suite de la tentative de coup d'État, mais le procureur a interjeté appel de cette décision et les journalistes ont été de nouveau arrêtés avant même de quitter la prison. Les juges qui avaient ordonné leur mise en liberté ont été suspendus."

L'Égypte compte vingt journalistes en prison - dont douze n'ont pas encore été inculpés ou condamnés - contre vingt-cinq en 2016. Certains, comme Mahmoud Abou Zeid (alias Shawkan) se trouve depuis quatre ans en détention provisoire pour avoir relaté la dispersion violente de manifestants par les forces de sécurités égyptiennes. Comme 738 co-prévenus, il est accusé de possession illégale d'armes, de rassemblement illégal, de tentative de meurtre et de meurtre.

Dans ce pays, selon le CPJ, la loi antiterroriste permettrait aux autorités d'inscrire les journalistes acquittés d'accusations relatives au terrorisme sur une liste de surveillance du terrorisme qui restreint, notamment, leurs droits financiers.

En Chine, qui complète ce tiercé, quarante-un journalistes sont incarcérés. A noter que l'Algérie (2 prisonniers) et le Maroc (4) font pour la première fois leur entrée dans ce classement alors qu'ils étaient absents voici au moins douze mois. Sept journalistes sont en prison en Syrie depuis au moins quatre ans et des soupçons de torture voire d'exécution pèsent sur eux.

97% de journalistes prisonniers dans le monde sont des journalistes locaux. 87% couvraient l'actualité politique.

74% des journalistes dans le monde se trouvent derrière les barreaux pour "menées antiétatiques".

Grâce à son action de dénonciation, le CPJ estime qu'il a pu faire libérer par anticipation au moins soixante-sept journalistes.


Voir la liste des journalistes emprisonnés dans le monde au 1er décembre 2017


Mercredi 13 Décembre 2017

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