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La Turquie en appelle à l'Otan après la mort de 33 de ses soldats en Syrie


Rédigé le Vendredi 28 Février 2020 à 09:28 | Lu 1391 commentaire(s)


L'Otan se réunit pour étudier les récriminations turques (photo : Otan)
L'Otan se réunit pour étudier les récriminations turques (photo : Otan)
TURQUIE / SYRIE. Après la mort, jeudi 27 février 2020 dans le Nord-Ouest de la Syrie au cours d'un raid aérien, de trente-trois soldats turcs, et plusieurs dizaines de blessés, Ankara accuse le régime syrien. Ses troupes ont riposté, dans la nuit de jeudi et vendredi, par des bombardements de "toutes les positions connues" des fidèles de Bachar al-Assad, indique la présidence turque.

La situation près d'Idlib, où le régime syrien gagne chaque jour du terrain, devient très inquiétante avec non seulement cette opposition entre Damas et l'armée turque, mais le soutien sur place de la Russie, alliée à Bachar al-Assad. Moscou, par le biais de son ministère de la Défense, tente de minimiser en signalant que "des militaires turcs, se trouvant au sein d'unités combattantes de groupes terroristes ont été pris sous le feu des soldats syriens (...) alors qu'ils n'auraient pas du s'y trouver".

Ce dernier raid porte à cinquante-trois le nombre de soldats turcs tués au cours de ce conflit sur le seul mois de février 2020.
Trop pour Recep Tayyip Erdogan qui a convoqué un conseil de sécurité extraordinaire dans sa capitale. Il aurait débouché, selon la presse locale, sur la décision "d'ouvrir les portes" de l'Union européenne aux migrants via ses frontières. Histoire de faire pression.

Soutien de l'Otan à la Turquie

D'autre part, le président turc fait jouer l'article 4 du traité de l'Alliance atlantique. Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Alliance atlantique, a donc décidé, une réunion en urgence, vendredi 28 février 2020, des vingt-neuf pays membres de l'organisation. Dans son communiqué, l'Otan précise qu' "en vertu de l'article 4 du Traité, tout allié peut demander des consultations chaque fois que, de l'avis de l'un d'entre eux, son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité sont menacées".

A l'issue de ces consultations, Jens Stoltenberg a "condamné les frappes aériennes aveugles que le régime syrien et son allié russe continuent de mener dans la province d'Idlib. Nous les exhortons à cesser leurs offensives. A respecter le droit international. A soutenir l'action menée par l'Onu pour parvenir à une solution pacifique." Dans son communiqué, il indique également que "face à cette situation dangereuse, il est impératif d'engager une désescalade afin d'éviter d'aggraver encore la catastrophe humanitaire qui frappe la région." Le secrétaire général de l'Alliance atlantique appelle "au rétablissement du cessez-le-feu conclu en 2018."
Selon lui, "la réunion d'aujourd'hui est le signe de notre solidarité avec la Turquie". Il réaffirme son soutien à ce "pays de l'Otan qui est le plus durement touché par le terrible conflit sévissant en Syrie et qui a subi le plus grand nombre d'attaques terroristes. Il accueille également plusieurs millions de réfugiés."

Ankara souhaite l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne dans le Nord-Ouest de la Syrie. Elle permettrait d'empêcher les avions syriens, comme russes, de mener des attaques contre ses troupes et de protéger les civils. Reste que cette zone existe déjà, mais se trouve sous contrôle de la Russie.




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