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La Tunisie veut un nouveau plan d'aide au FMI qui lui demande un budget pro-croissance


Rédigé par le Mercredi 9 Septembre 2015 | Lu 1597 commentaire(s)


Christine Lagarde croit en l'avenir de la Tunisie (photo FMI)
Christine Lagarde croit en l'avenir de la Tunisie (photo FMI)
TUNISIE. Au second jour de la visite de Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), en Tunisie, Chedly Ayari, gouverneur de la Banque centrale tunisienne (BCT), a demandé un nouveau plan d'aide à l'institution.

Son montant devrait au moins atteindre celui du premier plan consenti en 2013, soit 1,7 mrd$ (1,5 mrd€) sur deux ans. Les négociations pourraient débuter en novembre 2015 pour en fixer les modalités. "Le FMI continuera à soutenir la Tunisie, tandis qu’elle travaille à jeter les bases d’une économie plus robuste, plus résiliente et plus solidaire" affirmait Christine Lagarde dans son discours à la BCT mercredi 9 septembre 2015.

Elle parle d'une économie tunisienne "solide malgré les épreuves et une conjoncture difficile." Et souligne "la croissance d'environ 2,5% par an en 2013 et en 2014 malgré un environnement particulièrement difficile : une transition prolongée, des troubles sociaux récurrents et un impact accru des conflits régionaux."

Accroître les dépenses d'investissement

Pour la directrice générale du FMI, la croissance en 2015 atteindra seulement les 1%. Notamment à cause de la crise du secteur phare, le tourisme qui représente 7% du PIB et emploie 400 000 personnes. "Les arrivées de touristes européens (NDLR : 45% des touristes) ont chuté de 26 % et les recettes ont été inférieures de 15 % à celles de 2010. Les récents attentats ont aussi porté un nouveau coup au tourisme, avec une baisse attendue des recettes de 50 % par rapport à l’an dernier et des répercussions tangibles sur l’économie, dont l’impact sera très significatif en matière d’emploi" commente-t-elle.

Christine Lagarde s'avoue toutefois confiante dans l'avenir de la Tunisie même si, comme elle l'indique, "la route qui mène vers le succès économique de la Tunisie ne sera pas aisée car elle est semée d'obstacles." La directrice générale du FMI pointe notamment le fort taux de chômage, notamment celui des jeunes qui atteint les 34% donc le double du taux de chômage global. Elle demande donc de "promouvoir les réformes nécessaires pour transformer la Tunisie en une économie dynamique et concurrentielle et créer des emplois pour ses concitoyens."

Cela passera par "un budget pro-croissance. Pour exploiter le potentiel de croissance de la Tunisie, il faudra accroître les dépenses d'investissement." Mais aussi par des réformes du système financier - "Un système bancaire moderne, soumis à une stricte supervision et ouvert à la concurrence, est indispensable pour améliorer l’accès au crédit et fournir aux secteurs productifs les ressources nécessaires, à tous les secteurs productifs, les start-ups comme les PME, les grands groupes comme l’économie solidaire" - et l'amélioration du climat des affaires.

"Deux textes de loi peuvent changer la donne. Le premier est le nouveau code des investissements, qui sera crucial pour doper les investissements privés domestiques ou internationaux. Le second est la loi sur la concurrence et les prix, approuvée par le Parlement  la semaine dernière, qui permettra d’ouvrir de nouveaux débouchés et d’éliminer les pratiques discrétionnaires" assure Christine Lagarde.

Lire l'Allocution de Christine Lagarde à la Banque centrale de Tunisie mercredi 9 septembre 2015










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