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La Tunisie signe (enfin) un accord de ciel ouvert avec l'Union européenne


Après sept ans de négociations souvent interrompues, la Tunisie a finalisé les négociations sur un accord de ciel ouvert (Open sky) avec l'Union européenne qui va accompagner le développement du tourisme. Le monopole de Tunisair brisé, les low cost européennes vont fleurir sur les tarmacs tunisiens à l'exception de celui de l'aéroport international de Tunis Carthage, exclu de la convention.


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L'ouverture à la concurrence va permettre de bénéficier de prix plus abordables pour les touristes et donc de relancer l'activité dans le pays (photo : F.Dubessy)
L'ouverture à la concurrence va permettre de bénéficier de prix plus abordables pour les touristes et donc de relancer l'activité dans le pays (photo : F.Dubessy)
TUNISIE / UNION EUROPÉENNE. La Tunisie a signé, lundi 11 décembre 2017 à Tunis à la Kasbah, siège de la présidence du gouvernement tunisien, la finalisation des négociations sur un accord de ciel ouvert (Open sky) avec l'Union européenne. Il sera appliqué dès 2018 après sa ratification par Bruxelles et Tunis. Depuis 2010, les deux parties travaillaient à l'élaboration de ce texte qui a connu plusieurs reports de signature.

Cette convention, d'une durée de cinq ans, ouvre la porte de la Tunisie aux compagnies aériennes européennes et notamment à celles low cost tout en augmentant le nombre de vols charters. Leur essor va être favorisé par la fin du monopole de Tunisair et par la levée de la limitation des capacités et du nombre de vols autorisés. De facto, ceci va donc se traduire par une réelle concurrence pour la compagnie nationale déjà en fortes difficultés.

L'accord comprend, également et entre autres, une déréglementation tarifaire, une interdiction des subventions de nature à fausser la concurrence, un rapprochement des législations dans le domaine de la sécurité et de la sûreté de l'aviation civile et de la gestion du trafic aérien.

Premières réactions de Tunisair

L'aéroport de Tunis Carthage se trouve exclu de l'accord d'Open sky pendant cinq ans (photo : F.Dubessy)
L'aéroport de Tunis Carthage se trouve exclu de l'accord d'Open sky pendant cinq ans (photo : F.Dubessy)
Si la nouvelle réjouit presque tout le monde tant elle était attendue, elle comporte toutefois un bémol. Et un bémol de taille. Le principal aéroport, celui de Tunis Carthage, se trouve soustrait de l'accord signé pour cinq ans. Le gouvernement tunisien entend ainsi préserver sa compagnie nationale en excluant l'aéroport international qui reste donc la chasse gardée de Tunisair. Mais, elle n'aura donc qu'une demi-décennie pour la rendre plus compétitive.

Déjà son PDG, Elyes Mnakbi déclarait, lundi 11 décembre 2017 à la radio Shems FM, vouloir ouvrir une ligne directe Tunis-New York (une première dans toute l'histoire de la compagnie) fin 2018 et annonçait l'arrivée de six nouveaux Airbus A320-Neo (sans doute en location comme l'avait suggéré le PDG en novembre 2017). Ces appareils viendront rajeunir une flotte obsolète pour concurrencer l'arrivée des low cost notamment sur Djerba et Monastir. Opposé à cet accord de ciel ouvert, il reconnaît que "cette convention aura peut-être de bonnes répercussions sur l'économie tunisienne à long terme, mais elle constitue un danger pour Tunisair." Placée au pied du mur, la compagnie nationale doit de toute façon s'adapter et notamment au niveau de ses tarifs. Son PDG affirme qu'il s'alignera sur ceux pratiqués par les low cost qui viendront lui prendre des parts de marché.

Tunisair va également suivre l'exemple de la Royal Air Maroc (RAM) en lançant des lignes vers l'Afrique subsaharienne. Elle devra également, dans son plan de redressement en cours de préparation, mieux gérer un effectif pléthorique de 7 500 salariés avec comme colonne vertébrale une politique de départs volontaires.

2018, année du décollage touristique

Tunisair devra revoir son modèle pour survivre à la concurrence (photo : F.Dubessy)
Tunisair devra revoir son modèle pour survivre à la concurrence (photo : F.Dubessy)
Les principaux bénéficiaires de l'Open Sky vont être les autres aéroports tunisiens et notamment ceux de Djerba et de Monastir, déjà cités, mais aussi la nouvelle plate-forme d'Enfidha-Hammamet (qui devait s'appeler Zine el-Abidine Ben Ali, du nom du président déchu). Ouvert en 2010 pour décongestionner ceux de Tunis Carthage et Sousse, cet aéroport dispose d'une capacité de 7 millions de passagers, prévue pour passer à 22 millions à l'horizon 2022. Il n'a accueilli en 2016 que 800 581 passagers (896 601 en 2015 et jusqu'à 2,27 millions en 2013 son record). Confiant dans le développement du tourisme, Radhouane Ayara, ministre tunisien du Transport, déclarait, en novembre 2017, étudier l'éventuelle création d'un nouvel aéroport à l'horizon 2030 en s'appuyant non seulement sur l'évolution attendue du trafic aérien mais aussi sur la faible capacité de l'aéroport de Tunis Carthage à accueillir les plus gros appareils.

Du côté du ministère tunisien du tourisme on se félicite de cette signature qui va désormais permettre de lutter à armes égales. “Il n’y a aucune raison d’avoir peur de cette convention, d’autant que tous les pays concurrents dans ce domaine l’ont adoptée depuis longtemps compte tenu des facilitations qu’elle offre au tourisme", souligne Salma Elloumi, ministre tunisienne du tourisme.
La libéralisation du ciel tunisien devrait fortement renforcer son secteur qui commence tout juste à reprendre du poil de la bête. Sur les onze premiers mois de l'année 2017, selon l'Office national de tourisme tunisien (ONTT), la Tunisie a compté 6,4 millions d'entrées touristiques (+23% par rapport à la même période en 2016) pour des recettes de 2,5 milliards de dinars (852 M€) en hausse de 3%. Le marché européen a évolué de 19% et le marché français de 47% sur cette période. Mais on partait de loin...avec seulement 5,7 millions de touristes accueillis sur toute l'année 2016 (5,3 millions en 2015).

Salma Elloumi entend faire de 2018 l'année du décollage du tourisme et de la consolidation de la reprise enregistrée après la désaffection engendrée par la révolution tunisienne puis les nombreux attentats, notamment à Tunis et à Sousse. L'accent sera également mis sur la diversification vers le tourisme culturel et de santé qui représente 500 000 entrées par an aujourd'hui.

La délégation de l'Union européenne à Tunis prévoit 800 000 passagers supplémentaires sur cinq ans grâce à l'accord. Selon la même source, le développement du tourisme et des voyages permettrait de générer une hausse de 2,7% du PIB du pays.


Lundi 11 Décembre 2017

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