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La Tunisie plonge dans la crise politique avec la démission de son premier ministre


Rédigé par le Jeudi 16 Juillet 2020 | Lu 1544 commentaire(s)


Elyes Fakhfakh poussé à la démission par la rupture de sa coalition (photo : F.Dubessy)
Elyes Fakhfakh poussé à la démission par la rupture de sa coalition (photo : F.Dubessy)
TUNISIE. La Tunisie se réveille sans premier ministre et entre dans une crise politique. Mercredi 15 juillet 2020, le parti Ennahdah - qui participe à la coalition gouvernementale en place depuis fin février 2020 - décide de lâcher Elyes Fakhfakh et dépose une motion de défiance à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) contre lui. Le parti islamo-conservateur, principale formation à l'ARP depuis les élections législatives d'octobre 2019, accuse le premier ministre de conflit d'intérêt. Venu du privé, cet ancien cadre d'une filiale de Total de quarante-sept ans possèderait encore des parts d'entreprises ayant décroché des contrats publics. L'affaire se trouve entre les mains de la justice.

La réaction a été immédiate avec une lettre de démission du premier ministre, remise au Palais de Carthage à Kaïs Saïed à sa demande. "L'Etat est au dessus de toute considération et la justice doit suivre son cours. Il est hors de question de toucher à la dignité de qui que ce soit", indique alors le président de la République tunisienne. Elyes Fakhfakh a précisé à Kaïs Saïed "son engagement à continuer à assumer pleinement ses responsabilités" et parle de sa démission comme d'"une nouvelle voie pour une sortie de crise." Il n'aura été premier ministre que cinq mois, le plus court mandat depuis la fin de la révolution de 2011.

En attendant la nomination de son successeur, il va cependant continuer à gouverner. Mais sans les six ministres d'Ennahdah (Ahmed Gaâloul, Moncef Seliti, Lofti Zitoun, Mohamed Anouer Maârouf, Abdellatif Mekki et Slim Choura), démis de leurs fonctions par Elyes Fakhfakh.

Cette démission laisse toute latitude au président de choisir son nouveau premier ministre (ou de reconduire Elyes Fakhfakh). Il a dix jours pour le faire selon la Constitution. L'adoption d'une motion de défiance par l'ARP aurait donné ce pouvoir au parlement tunisien présidé par Rached Ghannouchi de la formation Ennahdah.

 










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