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La Provence veut attirer les start-up digitales africaines


Avec Emerging Valley, l'écosystème marseillo-aixois met à l'honneur les start-up africaines spécialisées dans le digital pour les attirer sur son territoire.



Samir Abdelkrim parcourt l'Afrique pour rendre compte des pépites qui se développe dans le secteur numérique (photo : F.Dubessy)
Samir Abdelkrim parcourt l'Afrique pour rendre compte des pépites qui se développe dans le secteur numérique (photo : F.Dubessy)
BOUCHES-DU-RHÔNE. Au lendemain de la création officielle du réseau Africalink, Marseille propose du 5 au 6 décembre 2017, un autre rendez-vous autour des relations économiques entre la Provence et le continent africain. Avec Emerging Valley, c'est tout l'écosystème marseillo-aixois qui accueille vingt start-up africaines du secteur digital représentant treize pays. Le coup d'envoi de cette manifestation avait pour cadre, mardi 5 décembre 2017 au soir, la Villa Valmer à Marseille, bientôt promise à une autre vocation plus mercantile. Le second et dernier acte se déroule ce mercredi 6 décembre 2017 à The Camp, le nouveau campus à l'Américaine dédié au technologies innovantes d'Aix-en-Provence.

"Nous voulons mettre l'accent sur le dynamisme économique de l'Afrique dans le digital. Ici, nous partageons avec les Africains une langue commune, le goût de l'innovation et l'esprit d'entreprise. Il faut placer l'humain au coeur de notre système, relever le défi de l'emploi pour nos jeunes", souligne Jean Roatta, adjoint au maire de Marseille en charge de la coopération euroméditerranéenne. Samir Abdelkrim, fondateur de StartupBRICS et co-organisateur de l'événement, veut "construire un pont entre les start-up africaines et le territoire d'Aix-Marseille. Il faut déclencher le réflexe Marseille chez celles qui cherchent à s'internationaliser." Et d'insister sur les opportunités de marché : "L'Afrique c'est aujourd'hui 1,2 milliard d'habitants et deux fois plus d'ici 2050."

"Passer de l'aide aux partenariats économiques"

Fatoumata Ba et Zakaria Dabone, deux étendarts du dynamisme des start-up africaines (photo : F.Dubessy)
Fatoumata Ba et Zakaria Dabone, deux étendarts du dynamisme des start-up africaines (photo : F.Dubessy)
Comme étendards de cette jeunesse africaine qui ose et réussit, figurent Fatoumata Ba, PDG de Jumia (entreprise de création de sites internet et d'applications mobiles d'e-commerce), Zakaria Dabone, PDG et cofondateur de Bifasor (technologies d'ubérisation de la logistique), et Omar Cissé, administrateur général d'In Touch (agrégation des moyens de paiements et services digitaux sur des plates-formes mobiles). Entre autres. Tous trentenaires, ils viennent montrer à Emerging Valley, ce que devient l'Afrique, loin des clichés habituels encore véhiculés.

"Notre génération a envie de passer de l'aide aux partenariats économiques", commente Fatoumata Ba. Elle ne s'est pas embarrassée par les difficultés pour développer le e-commerce. "En 2013, nous sommes allés voir la Poste en Côte d'Ivoire qui nous a avoué ne pas être prête en terme de système d'informatique et de transport pour le gros électroménager. Nous avons donc créer notre propre logistique. Aujourd'hui, au Nigeria nous réalisons plus de volumes qu'Ups et Fedex." Pour expliquer sa présence à Marseille, la PDG de Jumia, entreprise présenté aujourd'hui comme l'Amazon africain et valorisée à 1 mrd$, glisse que "les relations économiques sont le terreau et la promesse d'échanges futures."

Un modèle africain

Omar Cissé a lancé le premier incubateur francophone pour les TIC en Afrique de l'Ouest (photo : F.Dubessy)
Omar Cissé a lancé le premier incubateur francophone pour les TIC en Afrique de l'Ouest (photo : F.Dubessy)
Présenté comme le uber de la logistique entre l'Europe et l'Afrique, Zakaria Dabone révolutionne tout simplement cette filière depuis le Burkina-Faso. "500 entreprises utilisent la première version de notre solution qui permet en quelques clics de résoudre les problématiques d'immobilisation de camions ou de déplacement à vide, de gestion administrative, de sécurisation des parties prenantes ou encore de visibilité pour les entreprises que nous donnons sur notre site pour favoriser les partenariats", se félicite-t-il. Bifasor est aujourd'hui présent en France à Paris... "Mais je suis intéressé par Marseille !", s'empresse-t-il d'ajouter face à l'aréopage phocéen. Zakaria Dabone recherche actuellement des partenaires pour favoriser son développement et souhaite lever 500 000 € pour continuer à s'implanter dans d'autres pays africains.

Le Sénégalais Omar Cissé a lui réalisé, cet été 2017, la plus grosse levée de fonds du continent africain menée par une start-up francophone (entre 8 et 10 M€) pour s'internationaliser. "Nous prévoyons un déploiement dans dix pays dans les douze mois, dont le Maroc, et nous serons présents dans trente-six pays d'ici trois ans", dévoile-t-il. "Dans nos écosystèmes, le politique à un poids très fort et ne comprend pas bien l'entrepreneuriat", explique-t-il. Après quatorze ans d'existence, ses solutions de paiement par téléphone mobile (certifiée par Atos et Total entré au capital) ont séduit seize pays.

Il a créé, en septembre 2010 à Dakar, le premier incubateur des technologies de l'information et de la communication en Afrique de l'Ouest (CTIC Dakar) qui a accompagné une centaine d'entrepreneurs. "Je veux bâtir un modèle africain fait par des Africains pour le faire essaimer partout. Dans les technologies, il n'existe pas de frontières. Je nous vois d'ici cinq ans arriver en Europe", dévoile Omar Cissé. Egalement impliqué, depuis mars 2016, dans un fonds d'investissement (Teranga Capital) avec comme partenaire le financier français Jean-Michel Severino, il commence à prendre des participations depuis 2017 à hauteur de 75 000 à 300 000 € par Tpe.

En 2018, Emerging Valley élargira les invitations à l'Asie et en 2019 se concentrera sur l'Afrique et l'Amérique Latine.




Mercredi 6 Décembre 2017



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