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La Méditerranée vise le leadership mondial des croisières


L'activité de croisières représente plus de 27 millions de passagers en Méditerranée. Un nombre qui a augmenté de 23,6% entre 2009 et 2013 ! Et la dynamique se maintient, avec la perspective de dépasser les Caraïbes, pour que la Méditerranée devienne la première destination mondiale de croisières.


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Le plus grand bateau de croisières du monde, l'Oasis of de the Seas de Royal Caribbean, au port de Barcelone (photo Francis Matéo)
Le plus grand bateau de croisières du monde, l'Oasis of de the Seas de Royal Caribbean, au port de Barcelone (photo Francis Matéo)

MÉDITERRANÉE. Jacques Truau, Président du Club de Croisière de Marseille Provence, aligne les chiffres avec un geste de la main semblant indiquer la montée d'une vague : « Le marché de la croisière représentait 380 000 passagers en France voici deux ans, nous en aurons 500 000 cette année, et nous en attendons 800 000 en 2016 ! » Une dynamique dont profite en premier lieu, dans l'Hexagone, le port de Marseille, où, en 2014, passeront 1,35 million de croisiéristes (1,19 million en 2013). L'activité de croisières représente ainsi 55% du trafic de passagers au port de la cité phocéenne, qui recueille progressivement les fruits de ses investissements : 76 M€ dédiés à l'adaptation des infrastructures.
« Avec 525 escales cette année, nous espérons entrer très prochainement dans le « top cinq » des ports mondiaux de croisières, alors que nous étions au neuvième rang en 2012 », s'enthousiasme Jacques Truau, présent avec toute l'équipe du Club de Croisière de Marseille Provence au salon Seatrade, la convention des professionnels de la croisière organisée du 16 au 18 septembre 2014 à Barcelone.

 

Car l'enjeu économique est important : Selon la CCI Marseille-Provence, le chiffre d'affaires lié de manière directe ou indirecte aux croisières dans la cité phocéenne atteint 164 M€ entre le 1er janvier et le 31 décembre 2013 ! Mais Marseille n’est pas ici un cas isolé, car la vague dessinée par la main de Jacques Truau est celle de l'activité globale des croisières en Méditerranée, qui monte, qui monte...


Un marché en mutation

Jacques Truau, Président du Club des Croisières de Marseille-Provence, et Stavros Hatzakos, président de Med Cruise (photo Francis Matéo)
Jacques Truau, Président du Club des Croisières de Marseille-Provence, et Stavros Hatzakos, président de Med Cruise (photo Francis Matéo)

« La Méditerranée a tous les atouts pour dépasser les Caraïbes et devenir la première destination mondiale de croisières », affirme même Stavros Hatzakos, président de l'association Med Cruise, réunissant une centaine de ports et dix-neuf pays en Méditerranée. « Culture, histoire, gastronomie, villes, paysages et sites exceptionnels dans une très courte distance : l'offre de croisières en Méditerranée est tout à fait exceptionnelle, avec en plus l'option de concentrer en quatre ou cinq jours la visite de plusieurs pays extrêmement touristiques, par exemple l'Espagne, la France et l'Italie, ou la Grèce et la Turquie, voire l’Égypte. » Cet argument doit permettre d'attirer en Méditerranée une nouvelle clientèle en provenance d'Asie, selon le président de l'association Med Cruise, dont une part des 727 000 Chinois qui ont effectué une croisière en 2013.
 

Jacques Truau reste sceptique sur cette prospective, rappelant que la cible prioritaire est la clientèle des États-Unis, de la Grande-Bretagne et d'Allemagne, qui représente aujourd’hui près de 80% des passagers en Méditerranée. Mais les deux hommes s’accordent sur le potentiel de croissance du marché lié au changement du profil des croisiéristes : « La moyenne d'âge des clients en Méditerranée a considérablement rajeuni et le marché s'est donc ouvert à un bien plus large panel », confirme Stavros Hatzakos. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance : d'abord la baisse des prix, mais aussi l'amélioration qualitative de l'offre, mieux adaptée à différents publics comme celui des familles, ou encore la diversification des destinations, avec des escales à Majorque ou Santorin qui intéressent également davantage une clientèle plus jeune.


Un facteur de redémarrage touristique dans le sud

Aymen Ben Tili, directeur général adjoint de GSC : « Tunis veut retrouver ses 900 000 passagers de croisières » (photo Francis Matéo)
Aymen Ben Tili, directeur général adjoint de GSC : « Tunis veut retrouver ses 900 000 passagers de croisières » (photo Francis Matéo)
Cette bonne dynamique profite en priorité à Barcelone, où 2,6 millions de croisiéristes seront en transit cette année encore. La capitale catalane reste le premier port d'escales de croisières en Méditerranée, et quatrième mondial derrière les trois grands ports américains de Floride (Everglades, Miami et Port Canaveral). Comme un symbole de ce leadership, Barcelone vient de recevoir le plus grand bateau de croisières du monde, l'Oasis of de the Seas de Royal Caribbean. En attendant son « navire jumeaux », l'Allure of the Seas, qui sera également basé dans la ville de Gaudi pour effectuer vingt-cinq croisières en Méditerranée en 2015.

Un élément supplémentaire d'espérance pour le développement des croisières en Méditerranée, y compris sur la façade sud, où ce secteur peut être un moteur de reprise de l'activité touristique. Et notamment à Tunis, où la quasi-totalité du trafic passe par le port de la Goulette (560 000 passagers de croisières en 2014). « Les événements politiques ont freiné le développement du marché des croisières à La Goulette ces dernières années, mais tous les équipements existent, dont le nouveau village spécialement dédié aux croisiéristes, et nous espérons retrouver très rapidement le niveau des 900 000 passagers enregistré voici quatre ans », annonce Aymen Ben Tili, directeur général adjoint de GSC (Goulette Shipping Cruise). La Goulette veut faire valoir ses qualités, à commencer par la proximité des grandes attractions touristiques dans un rayon de trente kilomètres autour du port, ce qui représente un avantage pour l’organisation des excursions. « Nous sommes aussi en zone « free shop », et cela intéresse évidemment les compagnies maritimes qui peuvent ainsi ouvrir leurs boutiques en duty free lors des escales », rappelle Aymen Ben Tili.


Vendredi 26 Septembre 2014

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Henry Marty-Gauquié, directeur honoraire de la BEI, membre du groupe de réflexion et d'analyse JFC Conseil.
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