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La Libye accueille la communauté internationale à Tripoli




Najla al-Mangoush, ministre libyenne des Affaires étrangères, veut s'assurer du soutien de la communauté internationale (photo : GNU)
Najla al-Mangoush, ministre libyenne des Affaires étrangères, veut s'assurer du soutien de la communauté internationale (photo : GNU)
LIBYE. Les nouvelles autorités libyennes comptent sur le soutien de la communauté internationale pour réussir la transition de leur pays ravagé par dix ans de guerre civile. Ils vont le rappeler lors d'une "Conférence de soutien à la stabilité de la Libye", organisée jeudi 21 octobre 2021 à Tripoli. De nombreux représentants de pays étrangers dont la France, l'Italie, l'Égypte, l'Arabie saoudite, les États-Unis, la Turquie, le Qatar, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, le Tchad et le Soudan, assisteront à cette réunion. Sans oublier ceux de l'Onu, de l'Union africaine, de la Ligue arabe et de l'Union européenne.

"Notre pays a été privé de forums internationaux depuis un certain temps et pour diverses raisons. C'est l'occasion de donner une image claire de la situation actuelle", souligne Abdel Hamid Dbeibah. Pour le nouveau Premier ministre provisoire libyen du gouvernement d'unité nationale (GNU) désigné en mars 2021, "les Libyens choisissent aujourd'hui la paix et la stabilité. Tripoli a guéri et a retrouvé son symbole en tant que capitale unifiée. La stabilité de la Libye est le seul moyen d'achever la construction de nos institutions civiles, sécuritaires et militaires. Nous allons aux élections à temps. La Libye accueille le monde !"

Porte-parole du gouvernement libyen, Mohamed Hammouda, cité par l'agence de presse libyenne Lana, indique que cette conférence "est une étape positive et un indice concluant que la Libye prend des mesures fermes vers la stabilité. Aujourd'hui, nous parlons de la Libye de l'intérieur, alors que nous avions l'habitude d'en parler de l'extérieur. C'est un signe et une indication."

Les élections en ligne de mire

L'ordre du jour de la Conférence de Tripoli comprend quatre points, tous très liés, : la sécurité, l'économie, la justice transitionnelle et la réconciliation nationale, les élections générales.

Le sujet central sera bien l'organisation des futurs scrutins primordiaux pour l'avenir du pays : législatives et présidentielle. Même si le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2020 devrait faciliter ce retour à la démocratie, la partition virtuelle et politique entre l'Est et l'Ouest du pays demeure toujours d'actualité. Le Parlement de Tobrouk (Est) a ainsi ratifié, sans vote, une loi électorale le 9 septembre 2021 favorisant son candidat à la présidentielle (aussi soutenu par l'Egypte), le maréchal Khalifa Haftar, en accordant le droit aux militaires de se présenter aux élections. Cette institution a aussi le 21 septembre 2021 voté une motion de censure contre le gouvernement de transition.

Selon Najla al-Mangoush, ministre libyenne des Affaires étrangères, cette réunion doit permettre de "mobiliser les soutiens nécessaires, de manière transparente et équitable" pour assurer la tenue de ce scrutin prévu le 24 décembre 2021. Une échéance très proche qui laisse sceptique jusqu'au plus hautes autorités locales. Une date d'élection différée pourraient émerger de cette conférence. L'hypothèse figure en tout cas dans l'ordre du jour. Le Haut Conseil d'Etat libyen (HCE), équivalent du Sénat, a déjà indiqué, en septembre 2021, que la date du 24 décembre ne serait pas tenable et a proposé de reporter le scrutin à fin 2022. L'Onu s'y oppose par la voix Ján Kubiš, envoyé spécial pour la Libye et chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (Manul). Selon lui, "ne pas organiser d'élections pourrait gravement détériorer la situation dans le pays, pourrait entraîner des divisions et des conflits (...)  J'exhorte les acteurs libyens à unir leurs forces et à garantir des élections parlementaires et présidentielles inclusives, libres et équitables, qui doivent être considérées comme une étape essentielle pour stabiliser et unir davantage la Libye ."

Déblocage des avoirs libyens pour investir dans le pays

Autre point abordé, l'indépendance de la Libye. Elle passe par la sécurité dans le pays alors que quelque 20 000 mercenaires, selon l'Onu, se trouvent toujours sur son sol, ainsi que plusieurs soldats russes, tchadiens, syriens et soudanais et surtout turcs, grâce à un accord bilatéral conclu avec le précédent gouvernement de Fayez al-Sarraj (GNA).
Najla al-Mangoush souhaite "mettre l'accent sur la nécessité de respecter la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de la Libye." Ceci passera par une "unification de l'armée libyenne sous un commandement unique et le désarmement, la démobilisation et la réintégration des milices", précise la ministre qui souhaite "le retrait progressif des forces étrangères."

Les participants évoqueront également l'aspect économique. Le temps des réformes et des programmes pour développer l'économie et repartir vers une croissance est venu. Le gouvernement va pointer les secteurs à aider en étant bien conscient que pour se redresser la nouvelle Libye va avoir besoin d'investissements étrangers. Mais aussi de récupérer les fonds libyens et les avoirs de Mouammar Kadhafi et vingt-cinq de ses proches à l'étranger. Gelés depuis mars 2011par les pays de l'Union européenne, les États-Unis, le Canada, l'Australie et la Suisse notamment, après l'appel aux sanctions de l'Onu, ils pèseraient environ 170 mrds$. Des élections libres pourraient forcer le verrou et libérer ces fonds.

Dernier grand chapitre des discussions, la justice transitionnelle et la réconciliation nationale. Le gouvernement intérimaire veut non seulement appuyer l'action de la Haute Commission pour la réconciliation nationale, mais aussi "promouvoir la sensibilisation aux droits de l'homme à travers le discours religieux et les médias" et "lutter contre le tribalisme et le régionalisme afin de créer l'unité nationale".

Paris accueillera une autre conférence sur la Libye le 12 novembre 2021. Elle sera coprésidée par Jean-Yves Le Drian, Luigi Di Maio et Heiko Maas, respectivement ministres des Affaires étrangères français, italien et allemand.

Jeudi 21 Octobre 2021

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