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La Jordanie veut attirer 41 mrds$ d'investissements privés en dix ans


Rédigé par , le Mardi 7 Juin 2022 - Lu 833 fois

La Jordanie se lance dans un plan de développement avec comme principal objectif d'attirer 41 mrds$ de fonds privés en dix ans pour doubler sa croissance et résoudre son problème de chômage. English version


La Jordanie veut doubler son PIB en dix ans (photo: F.Dubessy)
La Jordanie veut doubler son PIB en dix ans (photo: F.Dubessy)
JORDANIE. "Nous n'avons pas le luxe de ne pas donner de pouvoir au secteur privé ou de mettre des obstacles aux investisseurs." Cette phrase de Bisher al Khasawneh, premier ministre jordanien, a été prononcée, lundi 6 juin 2022 au centre de convention King Hussein bin Talal sur les bords de la mer Morte, lors d'une rencontre avec des hommes d'affaires, des politiciens et des fonctionnaires, à laquelle participait le roi Abdallah et son fils. Elle marque l'entrée dans une nouvelle ère du pays.

Après un atelier regroupant quelque 500 spécialistes, parties prenantes, experts ainsi que des représentants des secteurs public et privé, la Jordanie a lancé un plan de développement baptisé "Vision de la modernisation de l'économie". Il affiche comme principal objectif d'attirer 41 mrds$ (38,36 mrds€) de fonds en dix ans pour doubler la croissance du pays  (2% en moyenne depuis une décennie) et "parvenir à une croissance durable globale qui renforce les possibilités d'emplois, élargit la classe moyenne et améliore les conditions de vie", comme l'indique un communiqué du Palais royal.

La majorité de cette somme devrait provenir du secteur privé via, notamment, des investissements directs étrangers (IDE) et des projets de partenariat public-privé (PPP). Une table ronde sur ce dernier sujet a permis de cerner leur importance pour développer les investissements dans la sécurité alimentaire, l'industrie textile, les technologies de l'information et de la communication (TIC) ainsi que les nouvelles industries. Elle a souligné leur "impact sur la création d'emplois et l'augmentation des exportations".

366 initiatives et 8 moteurs de croissance

Cette vision, feuille de route de la Jordanie du futur, comprend 366 initiatives dans divers secteurs pour "libérer tout le potentiel de la Jordanie". Huit moteurs de croissance ont été définis: Industries à haute valeur ajoutée, Services futurs, Destination Jordanie, Jordanie intelligente, Jordanie durable, Jordanie dynamique, Jordanie verte et Investir en Jordanie.

"La vision met l'accent sur l'innovation et l'esprit d'entreprise, qui sont essentiels au développement et au renforcement de l'efficacité et de la productivité, et souligne l'importance de renforcer la coopération avec les partenaires de développement de la Jordanie de manière plus efficace afin d'orienter leur expertise et leurs ressources vers des domaines prometteurs", précise le communiqué royal. Fin mai 2022, la Jordanie s'est ainsi engagée dans un "partenariat industriel intégral" tripartite avec les Émirats arabes unis et l'Égypte.

Lors de la prochaine session du Parlement, le gouvernement présentera un projet de loi réglementant l'environnement de l'investissement.

2 mrds$ du FMI pour aider la Jordanie

Cette vision va favoriser le redressement du pays dont l'économie a été très touchée par les turbulences régionales" avec les guerres en Syrie et en Irak (plus de 3 millions de réfugiés dans le pays avec les Palestiniens), mais aussi par la pandémie de Covid-19. Cette stratégie devrait permettre de porter le PIB du pays d'ici 2033 à 58,1 milliards de dinars ( 81,95 mrds$ - 76,69 mrds€) contre 30,2 milliards (39,86 mrds€) aujourd'hui.

Ceci passera donc par des réformes pour ouvrir le marché jordanien aux investisseurs privés. Une véritable pierre dans le jardin de l'establishment conservateur traditionnel des administrations contre lequel le roi Abdallah lutte depuis plusieurs années pour moderniser son pays. La Jordanie s'est engagée dans un programme de réformes structurelles soutenu par le Fonds monétaire international (FMI).

Fin mai 2022, l'institution saluait son travail en la matière en indiquant que les réformes se trouvaient "sur la bonne voie" et en évaluant la croissance économique à 2,4% et un PIB à plus de 3% à moyen terme. "Un nouveau rebond des recettes du tourisme et la vigueur des exportations permettront de réduire le déficit courant de la Jordanie à 6,5% du PIB en 2022 contre 8,8% l'an dernier", indiquait le rapport du FMI. Le Fonds monétaire international va prolonger jusqu'en 2024 son aide. Elle passera à un total de 2 mrds$ (1,88 mrd€) contre 1,3 mrd$ (1,22 mrds€) de prêts initiaux accordés fin janvier 2020.

Toujours selon ce document, la Jordanie a besoin de 165 M$ de dépenses supplémentaires pour faire face aux problèmes actuels.

Un plan de réforme du secteur public

La Jordanie a également un lourd chantier à mener d'urgence. Celui du chômage (24%). Le défi s'avère important alors qu'un tiers des dix millions d'habitants de ce pays est âgé de moins de quatorze ans. Selon le rapport du FMI déjà cité, plus d'un million de jeunes vont arriver sur le marché du travail dans la décennie à venir. "S'ils ne trouvent pas de solutions, nous aurons un million de Jordaniens sans emploi dans dix ans", avertit Bisher al Khaswaneh.

Le Premier ministre jordanien a annoncé qu'il présentera prochainement, avant la fin du mois de juin 2022, un plan de réforme du secteur public issu des résultats des discussions d'un comité pour la modernisation du secteur public. Il reposera notamment sur le renforcement de divers secteurs comme l'éducation, les soins de santé, les transports et les infrastructures.

Bisher al Khaswaneh entend rompre avec la routine des gouvernements précédents préférant créer des emplois publics pour apaiser les citoyens et maintenir la stabilité du pays. Une politique engendrant une contre-partie: une dette publique s'élevant à 40 mrds$, soit 90% du Produit intérieur brut (PIB).




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