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La Grèce s'engage vers plus d'austérité


A 24 heures d'une nouvelle réunion de l'Eurogroupe portant sur sa dette, Athènes vote une nouvelle série de mesures de rigueur pour satisfaire ses créanciers.


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Le parlement grec vote une nouvelle série de mesures d'austérité (photo F.Dubessy)
Le parlement grec vote une nouvelle série de mesures d'austérité (photo F.Dubessy)
GRECE. Malgré 10 000 manifestants devant le Parlement, les députés grecs ont adopté, dimanche 22 mai 2016 dans la soirée, une nouvelle série de mesures de rigueur après celles votées le 9 mai 2016. Elles répondent aux conditions fixées par les créanciers du pays pour le déblocage de la prochaine tranche de prêt (5,4 mrds€ sur un total de 86 mrds€).

Ces nouvelles mesures pourraient satisfaire à la fois le FMI et les pays de la zone euro divisés sur la question de la dette qui représente 180 % du PIB grec. Athènes espère bien les convaincre de lui accorder quelque crédit (dans tous les sens du terme !) puis entamer les négociations sur l'allègement de sa dette. Ce dernier point, toujours en débat contradictoire entre les Européens, viendra sur la table lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe), mardi 24 mai 2016 à Bruxelles. Selon un scenario désormais bien rodé par cinq ans de répétitions. Autant dire qu’un air de déjà vu plane sur la capitale grecque.

Le projet de loi de 7 000 pages instaure notamment une Autorité indépendante de revenus publics. Elle devra lutter contre la fraude fiscale et les évasions de capitaux. Egalement au menu des textes votés, une augmentation d'un point, à 24%, du taux de la TVA sur une série de biens (tabac, boissons, essence, café...), ainsi que la création, à compter de 2018, d'une taxe de résidence à l'hôtellerie.

Au coeur des réformes figure en effet un "mécanisme automatique de correction budgétaire" permettant de prendre des mesures supplémentaires au cas où l'objectif d'un excédent primaire de 3,5% (hors service de la dette) dévierait. Les Grecs le désigne par Koftis (pince coupante). Yiannis Pretenderis, analyste et faiseur d'opinion pro-libéral, s'interroge : "qui va décider du déclenchement du système de régulation automatique ? Bruxelles dit que ce sont les créanciers et l'Eurogroupe et Athènes, le ministre grec de l'économie... Qu'ils se mettent d'accord."

Accélérer les cessions d'actifs publics

Pour le premier ministre grec Alexis Tsipras, "c'est la première fois que les sacrifices semblent avoir une chance de payer... la question de la dette est discutée avec l'attention appropriée au sein des institutions internationales." Tout le monde ne semble pas en être convaincu. Loin s'en faut puisque Syriza, le parti de du premier ministre, a perdu une députée des plus influente dans la  bataille.  Vassiliki Katribanou a refusé de voter en faveur de certains des articles du texte et a ensuite démissionné du parti de gauche au pouvoir évoquant "une profonde impasse politique et existentielle... Nous (Syriza) écrit la députée sur sa page Facebook mettons en œuvre des mesures et des politiques qui vont contre le cœur de nos valeurs et de notre politique, mais je ne vois aucune alternative fiable. C'est pourquoi je démissionne."  

La
presse et les réseaux sociaux font état de très grosses pressions au sein de Syriza pour la pousser à démissionner. Le premier ministre Alexis Tsipras refusant officiellement de l’exclure lui même, car "Syriza  n’exclue pas les  opposants." Selon Euclyde Tsacalotos, ministre grec des Finances, "ceux qui n'ont pas participé aux négociations ne savent pas sous quelle pression nous travaillons et négocions !"
 
Vassiliki  Katrivanou a voté pour le projet dans son ensemble, mais contre les articles sur le mécanisme de correction automatique et sur la création du nouveau fonds de privatisations. Baptisé Société de participations publiques, il prévoit d'accélérer les cessions d'actifs publics - exigés par les créanciers - et de doper leur exploitation.

Ce fonds de privatisations se trouve accusé, comme dans le passé malgré sa nouvelle appellation, de brader les recettes du pays. A une différence près : 50% des revenus seront reversés dans la croissance. La totalité des  bénéfices n’iront pas, selon Georgos Stathakis ministre grec de  l’économie et du développement, "aux créanciers comme avant, mais à des investissements positifs pour le pays." Quant à la "correction automatique", beaucoup l’apparente à un quatrième mémorandum d'austérité qui ne porte pas son  nom. D'autant que la promesse de réduire la dette colossale du pays reste toujours des plus vagues. Comme les  années précédentes.

D'autres voix se font entendre, comme celle du chef de l'opposition conservatrice au parlement. "Nous n'avons pas besoin de plus d'impôts mais de moins d'Etat et de privatisations" lance Kiriakos Mitsotakis.

Frédéric Dubessy avec Thomas Iacobi et Angélique Kourounis à ATHENES
Lundi 23 Mai 2016

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