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La Grèce rechute, prouvant que la crise n'est pas finie



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Une mini-crise boursière vient rappeler que le pays n'est pas encore sorti d'affaire (photo F.Dubessy)
Une mini-crise boursière vient rappeler que le pays n'est pas encore sorti d'affaire (photo F.Dubessy)
GRECE. La mini-crise boursière qui a secoué la Grèce a surpris tout le monde à Athènes. Un peu comme une piqûre de rappel pour ne pas oublier que cette crise est là, installée pour de longues années encore dans le pays.

Remontée brutale des taux d’obligation à dix ans de 9 %, baisse sur deux jours de la bourse d’Athènes de plus de 10%, en cours de séance, 11% de chute de l’indice des banques ; cette rechute de l’économie grecque était la plus grosse rechute depuis deux ans.

Cet événement intervient alors même que le gouvernement de coalition socialo-conservatrice mettait en avant ses réussites économiques, son retour sur les marchés, son excédent budgétaire primaire et ses deux émissions d’obligation à moyen terme. Et clamait haut et fort une  prochaine sortie de la tutelle économique de la Troïka. Une Troïka qui a prêté au pays 240 mrds€ pour lui éviter la banqueroute.

Mais ceci expliquant cela, justement, les marchés sont devenus nerveux d’où, entre autres, les attaques financières sur Athènes.
Pour Panayotis Petrakis, professeur d'économie financière à l'université d'Athènes, cette réaction était "un signe clair de la situation économique du pays et de l'incertitude sur les négociations en cours entre la Grèce et ses créanciers sur le maintient de cette tutelle  financière."

Opinion largement partagée par tous les éditorialistes grecs du pays qui accusent la classe politique d’irresponsabilité.
La gauche pour exiger la tenue de législatives anticipées, les conservateurs pour avoir affirmé pouvoir se passer de la Troïka alors que c’est loin d’être le cas. Avec pour résultat, une mini-panique boursière et une fragilisation supplémentaire de l’économie du pays. Le tout sur fond d’incertitude politique.

La gauche radicale qui caracole dans les sondages pourrait bien venir aux affaires en cas d’élections. Surtout si elles interviennent avant le printemps comme tout le laisse croire.

Incertitude politique

Le Parlement doit, en effet, élire le futur président du pays, d’ici janvier 2015.
Mais, si le Premier ministre, Antonis Samaras, ne rassemble pas les 180 députés nécessaires, sur 300, autour d’un candidat, le pays sombre dans des législatives anticipées. Or, la majorité gouvernementale ne compte que 155 députés, d’où les peurs légitimes des marchés.

Du coup tout le monde a mis de l’eau dans son vin. La Commission a réaffirmé un très ferme soutien au pays et la Banque centrale européenne (BCE) a donné un coup de pouce à ses banques. Même si, à l’heure actuelle, personne ne sait toujours pas comment le pays va combler son trou budgétaire, estimé à 12 mrds€. Le gouvernement a annoncé que la Grèce envisagerait un filet de sécurité après la fin du programme européen (prévu en décembre 2014), qui prendrait la forme d'une ligne de crédit de précaution de la part du Mécanisme Européen de Stabilité (MES).
 
"Nous sommes à un point d'équilibre délicat, la dynamique actuelle dans le paysage économique implique une stabilité politique", a déclaré Guikas Hardouvelis dans un entretien à l'hebdomadaire dominical RealNews. Le ministre grec des Finances a imputé "les réactions négatives" des marchés à "l'incertitude" sur l'économie du pays qui pèse avec la fin du programme d'aide européen arrivant à échéance en décembre 2014. "Le redressement des marchés reviendra quand les causes de cette incertitude vont disparaître."

Alexis Tsipras, dirigeant de la Gauche radicale "Syriza", principal parti d'opposition en Grèce en tête dans tous les sondages, a une opinion différente. Pour lui, "seule une solution sur la dette publique du pays pourrait freiner les spéculations des marchés."

Lundi 20 Octobre 2014

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