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La Grèce doit se battre sur deux fronts


Rédigé le Lundi 29 Février 2016 à 16:44 | Lu 787 commentaire(s)


Après la crise économique, la question des réfugiés constitue un second front pour la Grèce. (photo OIM)
Après la crise économique, la question des réfugiés constitue un second front pour la Grèce. (photo OIM)
GRECE. La Grèce a encore vu son PIB reculer en 2015. De moins que prévu, certes, mais tout de même de -0,8%. Les très bons résultats du tourisme ont permis de limiter la casse, mais la situation reste extrêmement tendue.
 
Le début d'amélioration de la situation économique de la Grèce pourrait être contrarié par la crise des migrants qui ne fait que s'aggraver. Le 25 février 2016, le gouverneur de la Banque de Grèce, Yannis Stournaras, affirmait que l'économie grecque courait en 2016 « de forts risques » en raison notamment du dossier des réfugiés et des « approches fondamentalement différentes » des pays européens.
 
Tout a commencé par l'Autriche qui a fermé en février 2016 ses frontières aux migrants, très vite suivie en cascade par les pays des Balkans désireux de ne pas voir les réfugiés bloqués chez eux. Avec en bout de chaîne une Grèce qui voit débarquer sur ses côtes des migrants qui ne peuvent sortir du pays qu'au compte goutte. Ils seront plus de 70 000 avant la fin du mois de mars à se retrouver dans une impasse face aux fils de fer barbelés macédoniens.  
Le manque de solidarité des pays européens souligne la fragilité d'une construction européenne qui vacille à la première crise. Seule l'Allemagne n'a pas renié ses valeurs et refuse de voir « la Grèce sombrer dans le chaos » selon les mots d'Angela Merkel. Le pape demande également « la collaboration de toutes les nations » pour résoudre cette crise humanitaire.
 
Le président du Conseil européen Donald Tusk va se rendre cette semaine (du 2 au 6 mars) dans toutes les capitales pour tenter de convaincre les autorités autrichiennes, serbes, croates, slovènes et macédoniennes de faire preuve d'un minimum d'humanité. Il doit également rencontrer le gouvernement turc pour lui demander de respecter ses engagements en arrêtant le flot de réfugiés qui embarque sur ses côtes.
 
Mais cette demande de contenir hors Europe les migrants sera difficile à justifier car la Turquie « abrite » déjà sur son sol plus de 2 millions de réfugiés, le Liban 1,2 million, la Jordanie 650 000. « La Grèce n'acceptera pas de devenir le Liban de l'Europe »a averti Yannis Mouzalas, ministre Grec de l'intérieur.
 

 





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