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La Grèce a rendez-vous avec son avenir le 15 juin 2017


Depuis sept ans, Athènes vit dans l'incertitude sous la férule de ses créanciers : la zone euro et le Fonds monétaire international. Une réunion décisive de l'Eurogroupe se déroulera jeudi 15 juin 2017 au Luxembourg pour se prononcer sur le versement d'une nouvelle tranche d'aide, indispensable à la stabilité financière du pays.


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Euclid Tsakalotos, minstre grec des Finances, se prépare à une nouvelle fois plaidée sa cause lors de l'Eurogroupe (photo : Conseil de l'Union européenne)
Euclid Tsakalotos, minstre grec des Finances, se prépare à une nouvelle fois plaidée sa cause lors de l'Eurogroupe (photo : Conseil de l'Union européenne)
GRÈCE. Athènes n'en peut plus d'attendre. Le gouvernement grec vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête et ne peut se satisfaire des tergiversations de ses créanciers sur l'allègement de sa dette (179% du PIB). Après les énormes sacrifices consentis - dont de nouvelles mesures d'austérité votées en mai 2017 par le Parlement - la Grèce sait qu'elle n'est plus maître de son destin.

Son avenir devrait se décider jeudi 15 juin 2017 lors d'une énième réunion de l'Eurogroupe. Elle se tiendra au Luxembourg, trois semaines après l'échec de la précédente à Bruxelles. Le communiqué publié alors évoquait "une discussion approfondie sur la soutenabilité de la dette publique de la Grèce, sans toutefois parvenir à un accord global. Les travaux se poursuivront au cours des prochaines semaines conformément au cadré défini en mai 2016, l'objectif étant de parvenir à une conclusion définitive lors de la prochaine réunion de l'Eurogroupe".

Dont acte ! Jeudi 15 juin 2017, les ministres des Finances de la zone euro se prononceront sur le versement d'une nouvelle tranche d'aide sous le regard impuissant d'Euclid Tsakalotos, ministre grec des Finances. Un chèque indispensable pour éviter la faillite au pays qui doit rembourser quelque 7 mrds€ de prêts arrivant à échéance en juillet 2017. Les ministres parleront aussi de la question de l'allègement de la dette - passage obligé pour remettre sur les rails de la stabilité financière la Grèce - alors qu'un débat interminable oppose sur ce sujet zone euro et Fonds monétaire international (FMI).

Accord de principe du FMI

Le précédent Eurogroupe à Bruxelles s'était soldé par un échec (photo : Conseil de l'Union européenne)
Le précédent Eurogroupe à Bruxelles s'était soldé par un échec (photo : Conseil de l'Union européenne)
A ce jour, la partie n'est pas gagné d'avance. Outre les atermoiements des Européens, le FMI hésite à répondre aux appels du pied de la zone euro pour rejoindre le troisième plan d'aide (86 mrds€) accordé à la Grèce en 2015. Le Français Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières, se "refuse à envisager de parvenir à un accord sans le FMI. Toute la logique du travail mené depuis des années... c'est que le Fonds monétaire international soit à bord comme garantie de sécurité pour ce programme." Et si l'institution issue des accords de Bretton Woods se fait désirer, c'est justement parcequ'elle entend conditionner sa participation à l'allègement de la dette grecque.
Le troc entre allégement de la dette et participation au plan se trouve sur la table depuis trop longtemps. "Le FMI a été très pressant dans son exigence de réformes d'austérité, mais quand il doit demander un règlement sur la dette, il recule ou perd du temps", déplorait, mercredi 6 juin 2017, Dimitris Tzanakopoulos, porte-parole du gouvernement grec.

Il faudra bien pourtant débloquer la situation pour qu'Athènes ne reste pas condamnée à vivre encore et toujours - et ce depuis 2010 et les premières perfusions financières - dans l'incertitude. Le FMI s'y attelle. Jeudi 8 juin 2017, le Fonds indiquait vouloir donner un "accord de principe" à son entrée dans le programme de soutien tout en n'y abondant pas et en ne déclarant pas la dette du pays "soutenable". Sortie des archives de l'institution, qui l'utilisait dans les années 80 pour les pays pauvres confrontés à des problèmes de dette (dix-neuf cas recensés), cette solution présente plusieurs intérêts : pouvoir satisfaire Berlin opposée à tout allégement - en tout cas avant le 24 septembre 2017 date des élections législatives allemandes ! -, permettre le déclenchement du versement tant attendu, et éviter au FMI de contribuer financièrement tant que l'allègement de la dette n'aurait pas été acquis. Bref, elle aurait le mérite de débloquer la situation.

"Ne pas jouer avec le feu"

Selon Gerry Rice, directeur de la communication du FMI, qui s'exprimait jeudi 8 juin 2017 à Washington (voir vidéo ci-dessus), cette proposition "préserverait les progrès réalisés sur les réformes" et "éviterait une situation financière potentiellement désordonnée en juillet. Nous avons vu cela dans le passé et je pense que c'est une bonne chose d'éviter des tensions financières en Grèce." Et d'ajouter, "le FMI insistera sur l'allègement de la dette et la viabilité de l'endettement avant de disperser les fonds du FMI. Nous resterions dans le programme pour donner aux créanciers plus de temps pour discuter de l'allègement de la dette mais la participation financière du FMI et le décaissement dépendent des garanties d'allégement de la dette."
Christine Lagarde, directrice général du FMI, sera présente au Luxembourg pour porter ce projet.

 Jeudi 8 juin 2017, Pierre Moscovici a haussé le ton invitant les créanciers de la Grèce à "ne pas jouer avec le feu....mon sentiment est que la Grèce est allée au bout ou presque de ses engagements... Nous ne pouvons nous permettre d'avoir un échec à l'issue de cet Eurogroupe.". La veille, le gouvernement grec suppliait ces mêmes créanciers de ramener la dette du pays à un niveau soutenable.

Vendredi 9 Juin 2017

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