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La Generalitat proclame l'indépendance de la Catalogne


La Catalogne a proclamé son indépendance par 70 voix pour, 10 contre et 2 abstentions alors que le gouvernement espagnol mettait sous tutelle la région.



Des milliers de manifestants indépendantistes sont venus célébrer le vote aux abords du parlement catalan (photo DR)
Des milliers de manifestants indépendantistes sont venus célébrer le vote aux abords du parlement catalan (photo DR)
CATALOGNE / ESPAGNE. Le parlement de Catalogne a proclamé, vendredi 27 octobre 2017 à 15h26, « une république catalane comme État indépendant, souverain en droit, démocratique et social ». La mesure a été adoptée sur proposition des deux groupes parlementaires majoritaires « Junts Pel Si » et CUP.
Ce vote parlementaire marque l’acmé de l’affrontement institutionnel entre le gouvernement régional catalan et le gouvernement central espagnol. Un affrontement qui s'est traduit au parlement catalan par des échanges tendus entre tenants et opposants de l’aspiration indépendantiste. Avec en ligne de mire les possibles mesures de rétorsion de l'État espagnol ; ce qui a justifié des manœuvres étranges au parlement : au dernier moment, les défenseurs de l'auto-détermination ont imposé le vote secret de l'article déclarant l'indépendance de la Catalogne pour éviter d'impliquer personnellement les députés sécessionnistes. C'est dans ces conditions que la république catalane a été déclarée par 70 voix en faveur, 10 voix contre et 2 abstentions. Le reste des 135 députés (représentant du Partido Popular, du PSOE et du parti de centre-droit Ciutadans) avait quitté l’hémicycle avant le début du vote.

Mise en œuvre de l'article 155

Le gouvernement espagnol a commencé à appliquer des mesures de rétorsion et à bloquer l'accès aux sites internet qui vantent l'indépendance, comme ici celui de l'association ANC (capture d'écran)
Le gouvernement espagnol a commencé à appliquer des mesures de rétorsion et à bloquer l'accès aux sites internet qui vantent l'indépendance, comme ici celui de l'association ANC (capture d'écran)
Dans sa déclaration au nom de la élus de la chambre, la présidente du parlement catalan Carme Forcadell a appelé à l'ouverture d'un dialogue avec les autorités espagnoles pour une transition vers l'indépendance effective et demandé à l'Union Européenne de superviser cette négociation.
Ces appels ont évidemment peu de chances d'être entendus. Car la déclaration d'indépendance de la Generalitat a déclenché aussitôt la mise en œuvre de l'article 155 de la constitution espagnole (approuvée également le 27 octobre 2017 au Sénat), et donc la mise sous tutelle de l'autonomie régionale catalane. De fait, les représentants de la communauté européenne se rangeront derrière l'ordre constitutionnel imposé par Madrid. La procédure enclenchée par l’État espagnol à l'encontre de la Generalitat implique aussi l'inhabilitation de tous les dirigeants actuels du gouvernement catalan, à commencer par le président Carles Puigdemont et son vice-président Oriol Junqueras. 

Incertitude

S'ouvre désormais une grande période d'incertitude. Concrètement, les autorité de l'État mandatés par le Sénat doivent prendre en main les administrations catalanes, mais en découvrant les modalités au moment de leur mise en œuvre, puisque ce genre de situation demeure totalement inédite en Espagne. Nul ne sait comment pourra s'exercer la coercition, ni comment réagiront les agents de l'administration catalane, spécialement les Mossos d'Esquadra (la police catalane), qui passe sous le commandement direct du ministère de l'intérieur et donc du corps de la Guardia Civil.
Des frictions sont à craindre.

Reste également à savoir quelles seront les recours déposés en justice contre les représentants indépendantistes de la Generalitat, qui risquent jusqu'à trente ans de prison s'ils tombent sous le coup d'une accusation de « rébellion ». Ce que laissent penser les propos du président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui a aussitôt qualifié la proclamation d’indépendance comme un « acte délictueux ». Les présidents respectifs des associations indépendantistes « Assemblée nationale catalane » et « Omnium Cultural », Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, sont d'ailleurs déjà emprisonnés à titre « préventif ».
Côté économique, le risque d’insécurité juridique va sans aucun doute accélérer la sortie des entreprises. Près de 2 000 sociétés ont déjà choisi de déménager ou de transférer leur siège hors de Catalogne, qui représente 20% du PIB de l'Espagne. Ces événements majeurs politiques menacent donc de se répandre comme une onde, au plan économique, au delà de la Catalogne.




Vendredi 27 Octobre 2017



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