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La France et l'Italie ont des atomes crochus...


Rédigé par , le Mercredi 14 Avril 2010 - Lu 2445 fois


Les industriels français du nucléaire vont aider l'Italie à développer un parc de 4 centrales EPR (photo DR Areva)
Les industriels français du nucléaire vont aider l'Italie à développer un parc de 4 centrales EPR (photo DR Areva)
FRANCE / ITALIE. Le pacte sur le nucléaire civil était au menu du sommet franco-italien qui s’est tenu à Paris ce 9 avril.

Dans le droit fil de l’accord cadre conclu entre les deux pays en février 2009, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi ont paraphé une série d'accords de coopération visant à relancer l'énergie nucléaire dans la Péninsule.


L'Italie, qui avait renoncé à l’atome après la catastrophe de Tchernobyl en 1986, s'est fixé l'objectif de produire 25% de son énergie nucléaire en 2030. 


Rome projette ainsi de construire quatre nouvelles centrales à partir de 2013, pour son électricien national Enel, qui a créé à cet effet une joint venture avec son homologue français EDF : Sviluppo Nucleare Italia.


Dans les prochains mois, le gouvernement italien lancera un appel d’offres pour sélectionner les opérateurs qui réaliseront ces centrales. Des marchés purement formels, Rome ayant opté pour la technologie des réacteurs EPR développée par Areva, le numéro un mondial du nucléaire, qui s’est d’ailleurs associé à l'italien Ansaldo Nucleare (groupe Finmeccanica ) pour la mise en oeuvre d’un programme de ce type dans la Botte. 



L'opinion italienne réticente

Au delà du défi technologique, cette coopération devra passer outre les réticences de l’opinion publique.


En dépit de la cherté du coût de l’électricité (30% plus élevé que dans la moyenne des pays européens), une majorité d’Italiens restent en effet opposée au recours à l’énergie nucléaire, une crainte avec laquelle le gouvernement devra composer à l’heure de choisir les sites d’implantation des futures centrales. 


A ce jour, cinq sites sont à l’étude : le premier près de Vercelli, dans le Piémont (nord-ouest de l’Italie), le deuxième à Caorso, près de Piacenza, en Emilie-Romagne (nord-ouest), le troisième à Rovigo, en Vénétie (nord-est), le quatrième près de Viterbe dans le Latium (centre-ouest) et le dernier à Termoli, dans la région Molise (centre-est).  



Propagande télévisuelle ?

Pour gagner cette bataille psychologique, Silvio Berlusconi compte s’appuyer sur une arme qu’il maîtrise à merveille : la télévision.


Persuadé que le risque d’un accident grave sur une centrale française reste du domaine de « l’impensable », le président du conseil italien envisage de demander aux chaînes de télé transalpines de réaliser des reportages dans les communes françaises accueillant un réacteur atomique sur leur sol.


Les journalistes ne seront évidemment pas envoyés sur place pour effectuer de l’investigation, mais pour recueillir « les témoignages des habitants vivant près des installations nucléaires en toute sécurité », affirme M. Berlusconi, convaincu que ces exemples seront de nature à rassurer les télécitoyens italiens... 






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