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La Cour des Comptes épingle très sévèrement le MuCEM



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La gestion du MuCEM est sévèrement épinglée par la Cour des comptes (photo F.Dubessy)
La gestion du MuCEM est sévèrement épinglée par la Cour des comptes (photo F.Dubessy)
FRANCE. Dans son rapport annuel 2015, la Cour des Comptes française demeure très critique sur la gestion et l'existence même du Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM) inauguré en juin 2013 à Marseille.

Rendu public mercredi 11 février 2015, ce texte, sous le titre "Le MuCEM : une gestation laborieuse, un avenir incertain", évoque l'espace muséal, composé par trois bâtiments (le J4, le Fort Saint-Jean et le Centre de conservation et de ressources) comme une "opération immobilière particulièrement complexe en raison de la diversité des espaces et du caractère très mouvant du projet."

Le MuCEM, issu de la délocalisation de Paris à Marseille du Musée national des Arts et traditions populaires (MNATP), dispose d'une surface de 40 000 m² sur la façade maritime de la cité phocéenne. S'il affiche 3,4 millions de visiteurs entre juin 2013 et septembre 2014, bénéficiant notamment de l'engouement pour la ville capitale européenne de la Culture 2013, il faut préciser que tous ne sont pas des visiteurs payants. Une partie de l'espace muséal étant libre d'accès.

"Ce succès ne saurait toutefois dissimuler les multiples vicissitudes qui ont émaillé la conduite de ce projet dont la réalisation aura nécessité au moins 350 M€ : atermoiements politiques et administratifs, gestion dispendieuse de la phase de préfiguration, complexité de l’opération immobilière et dérive des coûts. La Cour s’interroge enfin sur l’avenir de cet équipement culturel prestigieux" reprend notamment le rapport annuel.

8% seulement d'objets en provenance de la Méditerrannée

L'extension sur trois espaces est critiquée par la Cour des Comptes (photo F.Dubessy)
L'extension sur trois espaces est critiquée par la Cour des Comptes (photo F.Dubessy)
Conçu par le starchitecte Rudy Ricciotti, le bâtiment peine à se donner une identité comme le souligne la Cour des comptes : "dès le départ, le projet du MuCEM s’est heurté, et se heurte encore, à la difficulté originelle de faire coïncider une collection essentiellement française, centrée sur la société préindustrielle, avec un projet scientifique et culturel (PSC) désormais axé sur les civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Malgré les deux PSC élaborés successivement en 2002, puis en 2012, ce grand écart entre le musée et ses collections n’a jamais été totalement surmonté. Le contenant – le geste architectural – l’a donc très vite emporté sur le contenu – le projet scientifique." Et le rapport de préciser que "sur les 250 000 objets 3D conservés (hors livres et représentations sur divers supports), environ 20 % sont aujourd’hui de provenance extra française dont 8 % seulement issus de la Méditerranée, soit environ 22 000 pièces."

La Cour des comptes recommande notamment d'"élaborer une stratégie d’acquisition et de valorisation des collections qui permette de réduire l’écart entre la programmation muséographique du MuCEM et les fonds hérités du MNATP" ainsi que d'"augmenter la part des ressources propres de l’établissement en développant le mécénat, la location d’espaces et les concessions et en associant les collectivités territoriales au financement de la programmation artistique."

Face à ces critiques, Jean-François Chougnet, président du MuCEM répond que "La fréquentation du MuCEM lui apporte 46 % de ses ressources propres. L’interprétation du succès – persistant – des premiers mois d’ouverture reste encore à approfondir. L’observation quotidienne des publics du MuCEM montre qu’à côté de l’offre muséale, les autres approches culturelles du site, la découverte du Fort Saint-Jean, monument clé du patrimoine historique marseillais et la visite architecturale du bâtiment dû à Roland Carta et Rudy Ricciotti, revêtent une grande importance. Par ailleurs, l’importance en valeur absolue des visiteurs des expositions temporaires et de la Galerie de la méditerranée, soit plus de 650 000 visites enregistrées pour la seule année 2014 (1,2M€ depuis juin 2013 sur une fréquentation totale estimée à 3,5 M€) est tout à fait remarquable, que l’on considère les références territoriales, nationales ou européennes."


Mercredi 11 Février 2015

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