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La Conférence de paix de Berlin sur la Libye n'a rien réglé


La Conférence internationale de paix de Berlin sur la Libye ne débouche sur aucune réelle avancée quand à la résolution politique du conflit.


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La Conférence de paix de Berlin sur la Libye n'a pas permis de grandes avancées (photo : Gouvernement allemand)
La Conférence de paix de Berlin sur la Libye n'a pas permis de grandes avancées (photo : Gouvernement allemand)
LIBYE. Succédant à de nombreuses autres réunions, la Conférence internationale de paix de Berlin sur la Libye s'est tenue dimanche 19 janvier 2020 sans qu'aucune réelle avancée ne soient enregistrée. La seule prouesse aura été, sinon de réunir autour de la table puisqu'ils ne se sont pas parlés, du moins de rassembler sur place, pour la première fois dans un sommet depuis celui de Palerme en novembre 2018, Fayez Al-Sarraj, chef du gouvernement d'accord national (GNA), et son adversaire le général Khalifa Haftar, chef de l'Armée nationale libyenne (ANL). Ainsi que douze pays et des représentants de l'Onu, l'Union européenne, la Ligue arabe et l'Union africaine.

La déclaration commune signée à l'issue des discussions a été commentée par Angela Merkel comme "un petit pas en avant". "Nous savons que, bien sûr, nous n'avons pas été en mesure de résoudre tous les problèmes de la Libye aujourd'hui, mais cela ne devrait être un nouvel élan", poursuivait-elle. Les puissances étrangères invitées par la chancelière allemande se sont contentées d'indiquer vouloir respecter l'embargo sur les armes imposé pour la Libye par l'Onu, de mettre fin à leur ingérence sur le terrain et de réclamer un cessez-le-feu durable alors que la capitale Tripoli se trouve assiégée depuis avril 2019 par l'ANL. "Il revient aux Nations unies de négocier les termes d'un véritable cessez-le-feu sans qu'aucun des belligérants n'y pose de condition préalable. Mais il revient à nous de ne rien faire qui compromette l'arrêt des hostilités, alimente la guerre et crée de nouvelles menaces pour les Libyens comme pour nous tous", soulignait le président français, Emmanuel Macron. Luigi Di Maio, ministre italien des Affaires étrangères, évoquait lui un simple "point de départ" pour parvenir à un cessez-le-feu mais aussi bloquer l'arrivée d'armes en Libye. "

Un comité militaire créé

Pour Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, a, pour la énième fois, insisté sur le fait "qu'il ne peut pas y avoir de solution militaire au conflit en Libye." Il a annoncé la tenue d'une prochaine réunion portant sur les "aspects clefs de la réforme économique dont le pays a tout simplement désespérément besoin, comme l'unification de la banque centrale, le fait que la compagnie pétrolière nationale (NDLR : la NOC) doive être réintégrée et que le fonds souverain libyen soit rétabli." Antonio Guterres a également dévoilé la création d'un comité militaire. Composé de cinq représentants de chacune des deux parties (GNA et ANL), il sera en charge de surveiller la bonne application du cessez-le-feu. Ce comité devrait se réunir pour la première fois, dans les prochains jours, à Genève.

Rien de bien nouveau .... Alors que Khalifa Haftar était parti de Moscou sans signer un projet de cessez-le-feu à l'initiative de la Russie et de la Turquie, ratifié, par contre, par Fayez Al-Sarraj. Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a donc été plus mesuré sur les résultats de cette conférence : "Il est clair que nous n'avons pas réussi pour l'instant à lancer un dialogue sérieux et stable entre eux." Et la clef se trouve pourtant bien là.

Samedi 18 janvier 2020, les troupes du général bloquaient les principaux terminaux pétroliers à l'Est du pays, stoppant ainsi l'activité des champs pétroliers d'El Sahara et El Feel et les exportations. Une action pour protester contre l'arrivée des troupes turques pour aider le GNA. "Un gisement de pétrole très important a arrêté sa production aujourd'hui. Cela nous inquiète beaucoup", soulignait Antonio Guterres, lors de la Conférence de Berlin. Selon la NOC, les quatre ports de Brega, Ras Lanouf, al-Sedra et al-Hariga sont fermés. Le blocage pourrait provoquer la chute de la production de 1,3 million de barils/jour à 500 000 barils/jour, soit un manque à gagner de 55 M$ par jour, précise la compagnie nationale pétrolière. "Le véritable motif de cette tentative est de créer une nouvelle entité illégitime pour l'exportation illégale de pétrole de Libye", avertissait Mustafa Sanalla, président de la NOC, en réponse à l'intention de Khalifa Haftar de mettre en place une entité parallèle pour gérer les terminaux de l'Est.
"Soyons clairs, si la NOC perd son monopole d'exportation de pétrole, l'intégrité future de la Libye est gravement menacée", insiste-t-il.

Lundi 20 Janvier 2020

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