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La Commission européenne donne un satisfecit à la Grèce pour son budget 2020 et morigène Paris, Rome et Madrid


La présentation du paquet budgétaire d'automne pour l'année 2020 montre une nette amélioration de la situation dans les pays de la zone euro alors que quelques pays, principalement méditerranéens, continuent à faire partie des mauvais élèves.


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Pierre Moscovici n'est pas satisfait de tous les projets de budget des Etats membres de la zone euro pour 2020 (photo : Commission européenne)
Pierre Moscovici n'est pas satisfait de tous les projets de budget des Etats membres de la zone euro pour 2020 (photo : Commission européenne)
UNION EUROPÉENNE. "Nous pouvons constater que bien des progrès ont été faits depuis cinq ans sur le plan économique comme sur le plan budgétaire. Le président (NDLR : de la Commission européenne Jean-Claude Juncker) avait dit "Nous sommes la commission de la dernière chance", je pense que nous avons relevé ce défi, en tout cas, sur le plan économique", indique, mercredi 20 novembre 2019, Pierre Moscovici.
Présentant ses sixièmes remarques sur le paquet budgétaire d'automne depuis novembre 2014, le Commissaire européen pour les affaires économiques et financières, la fiscalité et les douanes a argumenté sur les avis de son institution concernant les budgets des Etats membres de la zone euro pour 2020.

"Aujourd'hui, la croissance est certes sous pression mais elle reste positive après six années consécutives d'expansion, avec un taux de chômage qui continue à diminuer. Et sur le plan budgétaire, la situation s'est fortement améliorée", souligne-t-il. Le commissaire européen rappelle qu'en novembre 2014, seuls cinq pays avaient présentés des budgets conformes avec le pacte de stabilité et de croissance, alors qu'ils sont neuf cette année : Allemagne, Irlande, Grèce, Chypre, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas et Autriche. Deux pays sont considérés globalement comme conformes : la Lettonie et l'Estonie.

La Grèce sur la bonne voie

Pierre Moscovici dresse un satisfecit à la Grèce qui a "présenté, en peu de temps, plusieurs projets de réforme importants qui devraient être favorables à l'investissement et à la croissance." La Commission européenne a adopté le quatrième rapport au titre du cadre de surveillance renforcée activé à la suite de l'achèvement, en août 2018, du programme de soutien à la stabilité au titre du mécanisme européen de stabilité. L'Eurogroupe étudiera, le 4 décembre 2019, les conclusions de ce rapport.

Dans son budget 2020, Athènes "remplit l'objectif convenu d'un excédent primaire de 3,5% du PIB sans nuire à la croissance", note un communiqué de la Commission européenne. Pierre Moscovici se réjouit aujourd'hui de l'action de son institution en Grèce : "Nous nous sommes battus contre le Grexit ! C'était une position politique que nous avons conservée du début à la fin. Nous étions du bon côté de l’histoire en ce qui concerne les décisions prises à cette époque, qui étaient essentielles pour maintenir la Grèce au cœur de la zone euro et, partant, défendre l'intégrité de la zone euro. Ce sera l’une des réalisations majeures de cette commission. Je suis heureux que nous puissions voir que cela se conclut positivement et va dans la bonne direction. Il est maintenant temps de créer de la croissance et de créer des emplois pour les Grecs à une vitesse supérieure."

Belgique, France, Italie et Espagne doivent réduire leur dette

Par contre, les projets de budget de huit pays présentent un risque de non-conformité avec le pacte de stabilité et de croissance, principalement du fait d'un effort structurel inférieur à ce qui est recommandé par le Conseil. Cinq d'entre eux sont méditerranéens (Espagne, Portugal, France, Italie, Slovénie) auxquels s'ajoutent la Belgique, la Slovaquie et la Finlande.
"Les situations ne sont pas toutes les mêmes : Si la Belgique, l'Italie, l'Espagne et la France peinent à réduire leur dette publique trop élevée, le Portugal, la Slovénie, la Slovaquie et la Finlande ont soit ramené leur dette en dessous de la barre de 60% du PIB, soit sont en train de la réduire à un rythme satisfaisant", note toutefois le commissaire pour les affaires économiques et financières.

La Commission européenne invite ces Etats membres, dont la dette publique est élevée, à poursuivre des politiques budgétaires prudentes, et ceux qui ont des marges budgétaires à les utiliser pour augmenter les investissements au service de la croissance. "Les Etats membres fortement endettés - comme la Belgique, la France, l'Italie et l'Espagne - devraient profiter de la baisse des dépenses consacrées au paiement d'intérêts pour réduire leur dette. Cela devrait être leur priorité", insiste Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne chargé de l'euro, du dialogue social, de la stabilité financière, des services financiers et de l'union des marchés de capitaux.

Six pays méditerranéens sur les sept européens au-dessus de 90% de dette par rapport au PIB

En matière de dette par rapport au PIB (voir tableau ci-dessous), la zone euro affiche une moyenne de 86,4% en 2019 qui devrait baisser à 85,1% en 2020 puis à 84,1% en 2021. Ce recul vertueux est freiné par sept pays dépassant les 90%, dont six Méditerranéens. En premier lieu, la Grèce avec une dette représentant 175,2% de son PIB en 2019 mais qui se ressaisi en 2020 pour chuter à 169,3% et même à 163,1% en 2021. Le Portugal suit son exemple avec 119,5% en 2019, 117,1% en 2020 et 113,7% tout comme Chypre avec 93,8% en 2019, 87,8% en 2020 et 81,8% en 2021. Ou encore l'Espagne, qui baisse aussi mais à un rythme moins soutenu avec 96,7% en 2019, 96,6% en 2020 et 96% en 2021.

Il n'en va pas de même pour les autres derniers de la classe. L'Italie (136,2% en 2019) va atteindre les 136,8% en 2020 et les 137,4% en 2021. La Belgique touchera le palier symbolique des 100% en 2021 (99,6% en 2020, 99,5% en 2019).  Quand à la France (98,9% en 2019 et en 2020) elle se stabilise mais pour mieux remonter en 2021 à 99,2%.

Prévisions du pourcentage de la dette par rapport au PIB (source : Commission européenne)

Une dette de la zone euro réduite à 85%

"Plus aucun Etat membre est en procédure de déficit excessif, pour la première fois depuis 2002", se félicite cependant Pierre Moscovici.

"Le déficit en zone euro devrait rester sous 1% du PIB en 2020 : en 2014 il était encore à 2,5%. la dette publique de la zone qui était de 95% en 2014 devrait se réduire encore à 85% l'année prochaine. Cette évolution est remarquable. Elle montre l'ampleur des efforts effectués par les Etats membres pour assainir leurs finances publiques dans le cadre des règles. Elle montre aussi que la Commission a joué un rôle d'aiguillon, de régulateur", commente-t-il.

En octobre 2019, Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne indiquait que le ratio du déficit public par rapport au PIB avait baissé de 0,9% en 2017 à 0,5% en 2018 dans la zone euro et de 1,0% à 0,7% dans l'UE28.

Mercredi 20 Novembre 2019

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