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La Commission électorale nationale libyenne ouvre le dépôt des candidatures




Imad al-Sayeh promet des élections "libres et honnêtes" (photo : HNEC)
Imad al-Sayeh promet des élections "libres et honnêtes" (photo : HNEC)
LIBYE. La Commission électorale nationale libyenne (HNEC) a annoncé, dimanche 7 novembre 2021 à Tripoli, l'ouverture des candidatures pour les élections présidentielle et législatives à partir de lundi 8 novembre 2021 en début d'après-midi. Cette déclaration marque le véritable début du processus électoral en Libye.

Son président du Conseil d'administration, Imad al-Sayeh a précisé que les dépôts concernant la présidence ne seraient acceptés que jusqu'au 22 novembre 2021 et uniquement auprès des antennes de la Commission située dans les trois capitales régionales, Tripoli (Tripolitaine), Benghazi (Cyrénaïque) et Sebha (Fezzan). Les candidatures pour la Chambre des représentants seront elles recevables dans tous les bureaux de la Commission électorale nationale à travers le pays, et jusqu'au 7 décembre 2021.

2,83 millions de cartes d'électeurs (sur environ 7 millions d'habitants) - il fallait s'inscrire jusqu'à fin août 2021 sur la plate-forme en ligne de la HNEC pour en obtenir une - vont pouvoir être distribuées dans 1 906 centres de vote à compter de lundi 8 novembre 2021 après-midi. Et ce, pendant une période de deux semaines. Imad al-Sayeh appelle les électeurs à "assumer leurs responsabilités et à se conformer aux règles électorales."

Un pays toujours déchiré

La première élection présidentielle organisée en Libye depuis son indépendance doit se tenir le 24 décembre 2021. Les législatives ont elles été retardées, le 5 octobre 2021, à janvier 2022. Le bal des prétendants pour la fonction suprême compte de nombreux convives déjà déclarés (voir encadré ci-dessous), reste à savoir si tous iront jusqu'à déposer leur candidature.

Des municipales ont pu se dérouler, en 2019, en 2020 et encore en janvier 2021, dans trente-cinq municipalités (sur 116 enregistrées).

Après dix ans de guerre civile débutée avec la chute et l'assassinat dans des conditions non complètement encore éclaircies de Mouammar Kadhafi en fuite,  la Libye peine à s'unir à nouveau. Dans un pays en plein chaos, l'Est et l'Ouest du pays continuent de se déchirer, malgré un accord de cessez-le-feu permanent en vigueur depuis octobre 2020. Le Parlement de Tobrouk (Est) continue à faire cavalier seul et a s'opposer au gouvernement provisoire implanté à Tripoli (Ouest). Le 9 septembre 2021, il a même ratifié, sans vote, une loi électorale pour accorder le droit aux militaires de se présenter aux élections (pour favoriser son candidat le maréchal Khalifa Haftar). Le 21 septembre 2021, il votait une motion de censure contre le gouvernement. Même le Haut-Conseil d'Etat ((HCE - équivalent du Sénat) appelait encore en septembre 2021 au report d'au moins un an la Présidentielle.

Ce théâtre électoral implanté sur des sables mouvants tangue d'autant plus que 20 000 mercenaires (notamment russes), chiffre de l'Onu, demeurent dans le pays, ainsi que des soldats de l'armée turque. Soutiens de l'ancien gouvernement basé à Tripoli, ils ont permis d'éviter que Khalifa Haftar s'empare de la capitale. Sans parler de l'économie exsangue confrontée à deux énormes challenges héritiers de la guerre civile et de l'absence de gouvernance efficace : le stress hydrique et la gestion des hydrocarbures.

Mais les Nations unies, initiatrices de ces élections en novembre 2020, veulent croire que ces scrutins permettront de sortir la Libye de cette division Est-Ouest, de ces problèmes structurelles et surtout de la pacifier.

Imad al-Sayeh a assuré qu'il ferait "tout pour que ces élections soient libres et honnêtes." A l'issue d'une conférence internationale pour la stabilité de la Libye ( 21 octobre 2021 à Tripoli), les représentants des délégations étrangères et des institutions internationales ont promis leur aide à la HNEC pour organiser des élections transparentes.

Lire aussi notre enquête sur la Libye (en six parties)

De nombreux prétendants au poste de Président

Khalifa Haftar (77 ans) : Commandant en chef de l'Armée nationale libyenne depuis 2015, fortement opposé aux islamistes, le maréchal a échoué dans sa prise de contrôle de Tripoli lors de la seconde guerre civile libyenne. L'ancien homme fort de l'Est du pays a accepté de signer un cessez-le-feu avec Fayez al-Sarraj, chef du Gouvernement d'Union nationale basé à Tripoli, les deux adversaires permettant une transition démocratique.

Saïf al-Islam Kadhafi (49 ans) : Second fils de l'ex-dictateur, il a eu un rôle actif lors de la guerre civile de 2011au point que la Cour pénale international a délivré un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité à son nom. Arrêté par le nouveau régime, puis détenu par une milice, il est condamné à mort par contumace en juillet 2015 par les nouvelles autorités de son pays. Libéré en juillet 2016 grâce à une amnistie du gouvernement de Tobrouk, il est depuis très discret.

Abdel Hamid Dbeibah (61 ans) : Premier ministre par intérim actuel depuis mars 2021, succédant à Fayez al-Sarraj, cet ingénieur et riche homme d'affaires expédie les affaires courantes après le vote en septembre 2021 d'une motion de censure par le Parlement de Tobrouk. Appartenant au premier cercle des hommes de confiance de Mouammar Kadhafi, il a occupé plusieurs postes importants et dirigeait notamment la Compagnie libyenne d'investissement et de développement (Lidco) et l'Organisation pour le développement des centres administratifs (Odac). Fondateur en 2020 du parti Libye du futur, il est proche de la Turquie, de la Russie et des Frères musulmans.

Ibrahim Omar Dabbachi (71 ans) : Ex-ambassadeur permanent de la Libye auprès des Nations unies (2009 à 2013) puis représentant permanent de la Libye auprès des Nations unies (2013 à 2016) à New-York, il a présidé la mission libyenne à l'Onu pour s'opposer au maintien au pouvoir de Mouammar Kadhafi. En mars 2009, il a effectué un mandat de président du Conseil de sécurité des Nations unies.

Aref Ali Nayed (59 ans): Proche du maréchal Khalifa Haftar, il est président de Faire revivre la Libye et a fondé le centre de réflexion Kalam Research & Media (KRM) basé à Tripoli et à Dubaï. Théologien de formation et enseignant, il a fondé son entreprise, Agathon Systems Limited/Alada (construction de centres de données, de réseaux et d'infrastructures bancaires) en 1998. Il a introduit les guichets automatiques bancaires en Libye et était responsable du système de paiement national pour la Banque centrale de Libye. Il a rejoint la Révolution en février 2011 et s'est opposé aux islamistes. Il a été ambassadeur de Libye aux Emirats arabes unis de 2011 à 2016.

Fathi Bachagha (59 ans): Ancien ministre de l'Intérieur (2018-2021) du gouvernement d'union nationale, cet ancien pilote d'avions de chasse reconverti en homme d'affaires est entré en politique en 2014 avec son élection à la Chambre des représentants. Il était le favori pour occuper le poste de Premier ministre par intérim avant de se faire devancer par Abdel Hamid Dbeibah.

Fathi ben Shatwan : Ancien ministre de Mouammar Kadhafi entre 1987 et 2006 (Industrie puis Energie notamment), il quitte le gouvernement en 2007 pour reprendre sa carrière d'universitaire. Il quitte le pays durant la révolution dénonçant la répression ultra-violente du régime et devenant dissident

Hatem al-Kour (49 ans) : Issu d'une famille d'artiste (père acteur, grand-père musicien), cet acteur comique réputé dans son pays depuis le milieu des années 90 a comme programme de "résoudre tous les problèmes en Libye, économiques, politiques et sociaux (...) pour contribuer à élever le niveau de vie en Libye."


Lundi 8 Novembre 2021

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