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La Cnuced s'alarme de l'augmentation du chômage et de la pauvreté en Palestine


Rédigé par , le Jeudi 15 Septembre 2022 - Lu 1227 fois


L'insécurité alimentaire atteint des sommets en Palestine (photo: UNICEF-SoP/Noorani)
L'insécurité alimentaire atteint des sommets en Palestine (photo: UNICEF-SoP/Noorani)
PALESTINE. Dans son dernier rapport sur son programme d'assistance au peuple palestinien, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) dévoile que 36% de la population palestinienne vivait sous le seuil de pauvreté à fin 2021.

Rendu public mercredi 14 septembre 2022, ce document révèle que l'insécurité alimentaire est passée, entre fin 2020 et fin 2021, de 9 à 23% en Cisjordanie et de 50 à 53% à Gaza.

La Cnuced "exhorte la communauté internationale à apporter un soutien financier adapté et prévisible au peuple palestinien afin d’atténuer ses souffrances et prévenir l’aggravation d’une crise socioéconomique déjà profonde."

Si l'économie palestinienne a connu une progression de 7,1% en 2021, elle ne rattrape pas la contraction de 11,3% enregistrée en 2020 avec la pandémie. Le chômage continue de progresser pour s'établir à 26% en moyenne sur l'ensemble des territoires. Il s'établit à 54% pour les femmes et 30% pour les hommes à Gaza, soumise depuis 2007 à un blocus de la part d'Israël.
Ici, 83% des salaires des travailleurs demeurent inférieurs au salaire minimum et 80% de sa population dépend de l'aide internationale.

L'aide des donateurs tombée à 317 M$ contre 2 mrds$

L'Autorité palestinienne, malgré des réformes budgétaires - le déficit est passé de 23,9% du PIB en 2007 à 5,6% en 2021 -, subit l'une des crises les plus profondes de son histoire depuis deux ans. La Cnuced pointe "un important déficit de financement et une baisse brutale de l'aide étrangère". En 2021, le soutien global des donateurs est tombé à 317 M$, soit 1,8% du PIB, "une chute vertigineuse par rapport aux 2 mrds$, soit 27% du PIB de 2008", constate l'organisme de l'Onu. Dans le même temps, "l’aide budgétaire a diminué de moitié par rapport à 2020, s’élevant à 186 M$, soit seulement 1% du PIB, contre 24% en 2008. Parallèlement, l’aide au développement est passée d’un pic à 10,6% en 2000 à un maigre 0,73% en 2021".

Le document note aussi que "la puissance occupante contrôle plus des deux tiers des recettes fiscales palestiniennes, dont elle peut suspendre (et le fait souvent) le transfert et/ou applique d’importantes déductions arbitraires avant de transférer le reste". Selon un communiqué, "Gaza est pris dans un cercle vicieux perpétuel où les interventions de la communauté internationale et des donateurs se limitent généralement à des activités humanitaires et de réhabilitation apportée dans l’urgence, laissant peu de ressources pour un redressement durable et une réponse aux besoins de développement à long terme".

En janvier 2022, lors de son intervention devant le Conseil de sécurité des Nations unies, Tor Wennesland qualifiait déjà la situation budgétaire de l'Autorité palestinienne de "désastreuse" et affirmait que ceci "menaçait sa stabilité". L'envoyé spécial de l'Onu au Moyen-Orient appelait à la "fin de l'occupation israélienne et la réalisation d'une solution à deux États", mais aussi à "des réformes politiques et économiques (...) pour garantir la capacité de l'Autorité palestinienne à fonctionner efficacement, tout en renforçant la confiance et le soutien des donateurs".

Israël représente 72% du total des importations et exportations palestiniennes

Le nouveau rapport de la Cnuced précise d'ailleurs: "la capacité du gouvernement palestinien à répondre efficacement au choc de la Covid-19 a été entravé systématiquement du fait de l’occupation qui le prive des outils politiques et de l’espace fiscal et monétaire dont disposent les autres gouvernements".

Il indique également que "si le statu quo est maintenu - avec une occupation persistante et une baisse du soutien des donateurs -, la croissance du PIB aura du mal à suivre la croissance de la population". Il restait encore inférieur de 5,1% à son niveau d'avant Covid-19 en 2021. "Sa lente reprise est inégalement concentrée en Cisjordanie. Gaza reste à la traîne et les inégalités entre les deux régions palestiniennes se creusent", souligne le document.

Les territoires palestiniens sont dépendants d'importations et des exportations limitées et peu diversifiées. Dix produits à forte intensité de main-d'oeuvre représentent ainsi deux tiers des exportations totales. La Palestine a enregistré "un déficit commercial massif de 37% du PIB en 2021". L'un des plus élevés au monde selon la Cnuced qui l'attribue à "une dépendance commerciale vis-à-vis d’Israël, qui représente 72% du total des importations et des exportations palestiniennes cette même année".

En novembre 2020, la
Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement évaluait à 16,7 mrds$ en dix ans (2007 à 2018) le coût de l'occupation israélienne à Gaza et calculait que sans elle, le PIB de ce territoire serait supérieur de 50%.




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