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La CGT du Grand port maritime de Marseille se scinde en deux


Rédigé par le Lundi 30 Mars 2009 | Lu 5612 commentaire(s)

Le patron de la CGT du port de Marseille, syndicat largement majoritaire parmi le personnel d'exploitation, est lâché par une partie de sa base. Une conséquence inattendue de la réforme portuaire.


Les portiques de Mourepiane sur le port de Marseille sont à l'arrêt la majeure partie du temps depuis le 3 février (photo DR)
Les portiques de Mourepiane sur le port de Marseille sont à l'arrêt la majeure partie du temps depuis le 3 février (photo DR)
FRANCE. L’opposition de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM) à l’application de la réforme des ports voulue par la loi du 8 juillet 2008 vient d’avoir une conséquence inattendue: une scission de la section CGT du GPMM!

La stratégie jusqu’au-boutiste de son secrétaire général, Pascal Galéoté, a été désapprouvée par les agents CGT des bassins ouest, ceux de Fos et Port Saint-Louis du Rhône. En fin de semaine dernière, jeudi 26 mars 2009, ils ont voté à 98% une désolidarisation d’avec leur secrétaire général et la création d’une nouvelle section de leur syndicat pour les représenter dans les instances du GPMM.

Pascal Galéoté se retrouve confiné à l’est du GPMM, les bassins historiques, en perte de vitesse, alors qu’il est engagé dans un périlleux bras de fer avec la direction de GPMM et le gouvernement. Les portiqueurs et agents de maintenance du terminal à conteneurs de Mourepiane sont en effet en grève perlée depuis le 3 février, empêchant les bateaux d’être chargés et déchargés. Seuls ceux équipés de grues de bord peuvent se passer des portiques et des portiqueurs du GPMM, mais les opérations prennent deux à trois fois plus de temps.

Les agents CGT refusent que les portiques de Mourepiane et les agents les conduisant et les entretenant soient transférés au privé comme le prévoit la loi.

Projet stratégique

C'est dans ce contexte que mardi 31 mars 2009, le GPMM présente son projet stratégique aux représentants CGT des salariés. Il précise la façon dont le GPMM met en application la loi. En clair, combien d’agents parmi les 700 à 900 "privatisables" sur un effectif total de 1500, passent au privé.

Le projet doit être approuvé par le conseil de surveillance du port vendredi 3 avril.

Pascal Galéoté avait prévenu que les agents étaient prêts à tout pour défendre leurs intérêts. Mais il comptait sur la solidarité de l’ensemble des personnels d’exécution du GPMM parmi lesquels la CGT est très largement majoritaire.

Or, les agents de l’ouest, qui ne sont pas hostiles à leurs transferts au privé, ont clairement signifié qu’ils ne voulaient plus suivre Galéoté. Et ceux des terminaux pétroliers ont déjà obtenu que leur activité soit logée dans une filiale détenue majoritairement par le GPMM.