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La Berd prévoit un ralentissement de la croissance économique au Sud et à l'Est de la Méditerranée


Rédigé par Eric Apim, le Mardi 10 Mai 2022 - Lu 2169 fois

Selon la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la région SEMED devrait connaître un ralentissement de sa croissance économique de 2,5% en raison de la guerre en Ukraine. English version


Si les touristes reviennent en Égypte, la guerre en Ukraine devrait avoir un impact dans ce secteur primordial dans la plupart des pays de la région SEMED (photo: MCA)
Si les touristes reviennent en Égypte, la guerre en Ukraine devrait avoir un impact dans ce secteur primordial dans la plupart des pays de la région SEMED (photo: MCA)
MÉDITERRANÉE. Dans son dernier rapport sur les perspectives régionales (REP), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) envisage un fort impact de la guerre en Ukraine sur la région du Sud et de l'Est de la Méditerranée (SEMED).

Publié mardi 10 mai 2022, cette étude envisage un ralentissement de la croissance économique à 2,5% dans cet ensemble de pays. Le conflit "se fera principalement sentir par la hausse des prix du pétrole et des denrées alimentaires pour les consommateurs, ainsi que par des effets secondaires sur les budgets, la sécurité alimentaire et les moteurs de croissance à moyen terme", souligne la Berd.

Tous les pays de la région SEMED demeurent dépendants des importations de produits pétroliers. L'Égypte, la Tunisie et la Jordanie y ajoutent également une dépendance aux importations de produits alimentaires. Secteur très important pour le PIB, le tourisme devrait aussi subir les répercussions de la guerre en Ukraine avec un "impact négatif probable dans certains d'entre eux".

La Berd souligne cependant que "de nouvelles opportunités pourront apparaître concernant les investissements dans le domaine des énergies renouvelables", grâce au potentiel en la matière dans la région.

Incertitude en Tunisie

Au Maroc, après une croissance de 7,4% en 2021 (contre - 6,3% en 2020), s'appuyant principalement sur une saison record dans les récoltes et un rebond dans l'industrie manufacturière, le commerce, la construction et les services aux entreprises, un ralentissement de 1,2% est attendu en 2022. La production agricole ne sera pas aussi bonne, à cause d'une météo peu favorable et un stress hydrique (-64% de précipitations). De plus, l'impact de la guerre en Ukraine se fera ressentir.

La Berd modère ses prévisions pour la Tunisie avec une perspective de 2% en 2022. Là encore, guerre en Ukraine et hausse des prix du pétrole et du blé vont toucher les ménages et le budget public. S'ajoute une incertitude sur la reprise économique qui "dépendra des progrès réalisés dans le cadre d'un nouveau programme soutenu par le Fonds monétaire international (FMI) qui apporterait le financement extérieur et l'assistance technique dont le pays a tant besoin", indique le rapport.

Sans compter que, toujours selon la Berd, cette aide donnera également plus de latitude au gouvernement d'imposer des réformes controversées par les syndicats de salariés et une partie de la population, mais essentielles, comme la réduction de la masse salariale du secteur public et la réforme des subventions.

Le Liban en progression de 1%

Au cours du premier semestre de l'exercice 2021-2022, en glissement annuel, la croissance en Égypte a atteint en moyenne 9% grâce à des améliorations dans le tourisme, l'industrie manufacturière, la construction, le commerce de gros et de détail et l'agriculture. Pour la Berd, elle devrait se poursuivre alors que "la hausse de la demande et des prix des exportations de gaz égyptien pourrait soutenir la croissance à moyen terme, tandis que le programme soutenu par le FMI devrait favoriser la mise en œuvre des réformes et la confiance des investisseurs". Le rapport pointe cependant la hausse des prix du blé, des produits alimentaires et du pétrole à cause du conflit en Ukraine. L'exercice 2021-2022 devrait néanmoins s'achever sur une croissance de 5,7%.

La Jordanie devrait terminer l'année 2022 avec une croissance de 1,9%. "Les implications de la guerre en Ukraine pèsent sur le tourisme et les flux commerciaux. La hausse des prix des produits de base freine la consommation privées", analyse la Berd.

Cas à part, avec sa contraction du PIB de 10% en 2021, le Liban, pourrait connaître une croissance de 1% en 2022 après avoir connu son point le plus bas et à la faveur des élections législatives de fin mai 2022. En évacuant l'impasse politique, qui dure depuis une décennie avec une crise économique comme corolaire, elles conduiront à l'adoption des réformes indispensables pour le pays. Mais aussi obligatoires pour obtenir le décaissement du programme d'aide soutenu par le Fonds monétaire international (FMI).

La banque se veut plus optimiste pour 2023 avec une croissance de 4,8% dans la région Semed. "Les réformes économiques et de gouvernance dans tous les pays progressent et donnent un coup de pouce à la reprise qui s'accélère", indique-t-elle.
Ce chiffre se révèle cependant un trompe-l'œil. Il est gonflé par les bonnes perspectives sur l'Égypte et les 5% de hausse prévus en 2022-2023. Dans les autres pays étudiés, une progression est également attendue avec 3% au Maroc et au Liban (qui part de loin), et 2,5% en Jordanie et en Tunisie.




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