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La Basilicate veut sortir de l'anonymat


Région pauvre et montagneuse, la Basilicate voit dans le tourisme un moyen de rebondir économiquement. La principale attraction touristique, la ville de Matera, sera capitale européenne de la culture en 2019.


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La Basilicata compte sur Matera pour la sortir de l'anonymat (Photo : GT)
La Basilicata compte sur Matera pour la sortir de l'anonymat (Photo : GT)
ITALIE. Si le Christ s'est arrêté à Eboli, les touristes font de même et bien peu s'aventurent sur les terres montagneuses de la Basilicate. Cette région du sud de l'Italie coincée entre les Pouilles et la Calabre, entre la mer ionienne et la mer tyrrhénienne, semble mourir doucement de son isolement, sans port, sans aéroport, avec comme uniques ressources une maigre agriculture et un peu d'industrie automobile.
 
Sur le papier, la Basilicate ne possède pas beaucoup d'atouts en matière économique. Avec comme résultat une forte émigration de sa population, dont le nombre ne cesse de baisser. La région ne compte aujourd'hui que 61 habitants au km². À tel point que le gouverneur fait appel aux migrants et aux réfugiés pour tenter de repeupler les villages abandonnés.
 
Mais les responsables économiques locaux espèrent réveiller la belle endormie grâce au tourisme, pour l'instant embryonnaire. En dépit d'infrastructures peu développées, la région dispose de solides arguments : des prix très attractifs, une gastronomie méditerranéenne exceptionnelle, un riche patrimoine historique (Grec, Romain, Normand...), de superbes paysages de montagne, le plus grand parc national d'Italie, des plages à l'Est, des criques au Sud et la ville de Matera qui sera en 2019 capitale européenne de la culture. Le tout avec très peu de touristes.

Un effet capitale européenne de la culture

La qualification de capitale européenne de la culture doit donner plus de visibilité à la région italienne (photo : GT)
La qualification de capitale européenne de la culture doit donner plus de visibilité à la région italienne (photo : GT)
Considérée dans les années 1950 comme la honte de l'Italie en raison de conditions de vie dignes du Moyen-Âge, Matera se voit aujourd'hui assigné le rôle de locomotive de l'activité touristique. La ville classée au patrimoine mondial de l'Unesco possède deux quartiers troglodytes à flanc de montage, le Sasso Barisano et le Sasso Caveoso, occupés par l'homme depuis 10 000 ans. Hier véritables bidonvilles souffrant jusqu'aux années 1960 de conditions sanitaires atroces et d'une mortalité infantile de 50%, ils ont été évacués de leur population et en grande partie rénovés. Ils offrent aujourd'hui un spectacle unique.
 
L'effet « capitale européenne de la culture » commence déjà à jouer, amplifié par les reports de fréquentation observés en Méditerranée aux dépens de pays comme la Tunisie, l'Égypte ou la Turquie. Selon Mario Schiavone, directeur général de l'agence de promotion touristique de la Basilicate, « le nombre de touristes a progressé de 10% en 2015 par rapport à 2014. 2016 sera une année encore meilleure ». Gian Marco Russo, directeur général du Pianeta Maratéa Resort, constate « une progression cet été de + 34% par rapport à 2015 ». Son homologue, Mariangela de Biase, de l’hôtel Villa del Mare, annonce « un nombre de clients en hausse de + 20%. »
 
« La destination Matera explose depuis deux étés » se félicite Carmela Rabite, directrice du marketing de l'agence de voyages Rabite. « Le fait de devenir capitale européenne de la culture nous aide beaucoup car, de nombreux sites sont restaurés, les routes améliorées, des hôtels ouvrent... ».

Peu de touristes étrangers

La Basilicata est une région montagneuse, pauvre, enclavée, mais dotée d'un riche patromoine (photo : GT)
La Basilicata est une région montagneuse, pauvre, enclavée, mais dotée d'un riche patromoine (photo : GT)
Le projet de développement touristique ne prévoit pas d'investissements dans de grandes structures hôtelières, mais plutôt la réhabilitation, en grande partie financée par l'Europe, du bâti existant : vieilles maisons de village transformées en hôtels diffus, fermes... avec comme objectif de faire passer la part du tourisme dans le PIB local de 7 à plus de 10%.
 
Actuellement, 70% des touristes viennent d'autres régions italiennes et une bonne partie des étrangers sont des descendants d'émigrés de Basilicate. La région a jusqu'à présent vécu oubliée et cachée. En devenant capitale européenne de la Culture, Matera va peut-être lui donner le petit coup de pouce qui manquait pour la faire connaître.

Gérard Tur, à MATERA

Vendredi 16 Décembre 2016

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