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La Banque mondiale prescrit à la Tunisie une amélioration du climat des affaires


Rédigé par Eric Apim, le Mardi 25 Janvier 2022 - Lu 844 fois


La Banque mondiale prescrit à la Tunisie une amélioration du climat des affaires
TUNISIE. Dans un bulletin de conjoncture sur la Tunisie, intitulé "Réformes économiques pour sortir de la crise" publié lundi 24 janvier 2022, la Banque mondiale appelle à la "mise en place de réformes structurelles décisives" et à "l'amélioration du climat des affaires". Selon l'institution, ces prescriptions sont les remèdes indispensables pour "remettre la Tunisie sur la voie d'une croissance durable, créer des emplois pour les jeunes qui constituent une part croissante de la population et parvenir à une meilleur gestion de la dette publique".

Le rapport de quarante-deux pages en français (avec des résumés en anglais et en arabe), indique une prévision de progression du PIB de 3% en 2021 (après une baisse de 9,2% en 2020). "La faiblesse de la reprise en Tunisie a exacerbé la pression sur des finances publiques déjà en difficulté, le déficit budgétaire restant élevé à 7,6 % en 2021, malgré une légère contraction par rapport à 9,4 % en 2020. La baisse progressive du déficit budgétaire devrait se poursuive pour atteindre entre 5  et 7 % du PIB en 2022-2023, grâce à la réduction des dépenses liées à la santé et à condition que la trajectoire modérément positive des dépenses et des recettes soit maintenue", indique la note. Elle précise que "la dette publique croissante de la Tunisie sera difficile à financer sans la mise en place de réformes décisives des finances publiques et de l'économie".

La concentration du marché s'est poursuivie, sauf dans les secteurs dominés précédemment par les entreprises liées à Ben Ali (graphique: Banque mondiale)
La concentration du marché s'est poursuivie, sauf dans les secteurs dominés précédemment par les entreprises liées à Ben Ali (graphique: Banque mondiale)

"La révolution reste inachevée"

Le bulletin de conjoncture identifie deux principaux facteurs expliquant le ralentissement de la reprise économique: la dépendance du pays au tourisme et aux services de transport, ainsi que la rigidité du climat des affaires, notamment les restrictions sur les investissements et la concurrence qui limitent la réallocation des ressources dans l'économie.

La Banque mondiale, évoquant les 114 personnes liées à l'ancien président Ben Ali qui s'emparait de 21% de tous les bénéfices du secteur privé en Tunisie, n'hésite pas à écrire qu'"en 2021, la révolution reste inachevée". Elle indique ainsi que "dix ans après, le niveau de concurrence entre les secteurs en Tunisie a encore diminué, tout comme la création d’entreprises dynamiques, par rapport à le période pré-2011". L'institution enfonce le clou en écrivant que "les distorsions du marché, qui avaient créé des rentes importantes sous le régime de Ben Ali persistent" et même que "la concentration du marché a augmenté après la révolution, sauf dans les secteurs dominés précédemment par les entreprises liées à Ben Ali" (voir graphique ci-dessus). Les bénéficiaires des rentes ont juste changé, mais les mécanismes demeurent quasiment identiques. Le phénomène inverse se vérifie en revanche pour la production.

Cet état de fait est principalement attribué à la réglementation. "Le gouvernement fixe les prix dans plusieurs marchés, réduisant ainsi les marges bénéficiaires et limitant la concurrence", constate le document. De plus, les entreprises publiques dans les secteurs concurrentiels bénéficient d’un soutien dont ne disposent pas les concurrents privés et sont protégées de la concurrence par la réglementation.

Le taux de chômage connait des pics de progression dans la région Nord-Ouest (graphique: INS)
Le taux de chômage connait des pics de progression dans la région Nord-Ouest (graphique: INS)

Promouvoir le développement du secteur privé

"Comme partout ailleurs, la Covid-19 a eu un impact négatif sur l'économie tunisienne et a mis en exergue la nécessité de relever les défis auxquels le pays fait face depuis longtemps, notamment l'amélioration de l'environnement des affaires, pour assurer une croissance durable", commente Alexandre Arrobbio. Selon le représentant résident de la Banque mondiale en Tunisie, "pour sortir de cette crise, la Tunisie doit adopter des réformes décisives visant à promouvoir le développement du secteur privé, stimuler la compétitivité et créer plus d'emplois, en particulier pour les femmes et les jeunes."

Le taux de chômage est passé de 15,1 à 18,4% au troisième trimestre 2021, procédant au ralentissement de la reprise économique dans le pays. Les plus fortement touchés sont les jeunes, les femmes et les habitants des régions de l'Ouest (voir graphique ci-dessus).

Lire le bulletin de conjoncture "Réformes économiques pour sortir de la crise" de la Banque mondiale




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