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La BEI soutient la plus grande concession de LGV en Europe




Quittant Tours, le TGV pourra rejoindre Bordeaux à grande vitesse dès 2017. (photo : RFF)
Quittant Tours, le TGV pourra rejoindre Bordeaux à grande vitesse dès 2017. (photo : RFF)
FRANCE. Le projet était dans les cartons depuis une dizaine d’années. Il est désormais programmé : dès 2017, Paris sera reliée à Bordeaux par une ligne à grande vitesse (LGV) qui constituera un tronçon supplémentaire du réseau transeuropéen de transport (RTE-T).

Le segment Paris-Tours de cette liaison Sud-est Atlantique (SEA) est en service depuis 1990. Les études pour la portion Tours-Bordeaux ont, elles, débuté en 1995. En dehors des aspects techniques concernant les 302 km de LGV, restait aussi à boucler le tour de table de ce projet estimé à 7,8 mrds €.

Le plan de financement adopté le 16 juin 2011 s’appuie sur un partenariat public-privé (PPP). Il prévoit une subvention versée par l’Etat français, les collectivités locales et l’Union européenne (3 mrds €) ainsi qu’une contribution de Réseau ferré de France (1mrd €). Pour le reste, c’est la plus grande concession européenne pour une LGV qui a été signée, suite à l’appel d’offres lancé en 2008.

Le groupement Lisea avait alors été retenu. A sa tête, Vinci détient 33,4% des parts de la société. Aux côtés du groupe français, on trouve la Caisse des dépôts et consignations (25,4%), Sojas (22%) et Axa Private Equity (19,2%). Lisea apporte 3,8Mds€ au projet. Le groupement assurera la concession de la LGV jusqu’en 2061 : outre le financement, Lisea gèrera la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance de la ligne. Le cas échéant, le concessionnaire percevra les recettes générées par l'exploitation.

Garantir les risques pour rassurer les investisseurs privés

Lisea a utilisé la palette des outils de l’ingénierie financière. Et dans ce cadre, la Banque européenne d’investissement (BEI) apporte 1,2 mrd €. Un financement sans précédent en France pour le bras financier de Bruxelles qui porte un intérêt particulier aux grands projets de transport en Europe. 1 mrd € de dette a été contracté (400 M€ de crédit garanti dans le cadre du plan de relance français,  200 M€ de crédit non garanti, ainsi que 400 M€ en crédit relais fonds propres). 200 M€ sont enfin garantis dans le cadre du LGTT (Loan Guarantee on TEN-T projects). Cet instrument créé en 2008 par la BEI et la Commission européenne est utilisé pour la première fois en France. Il vise à accroître la participation du secteur privé au financement des infrastructures de transport présentant un risque élevé sur le plan des recettes,aux premiers stades de leur exploitation.

Le vice-président de la BEI, Philippe de Fontaine Vive, soutient que « l’intervention de la BEI sur ce projet a été déterminante et catalysatrice » et se montre très « heureux » de voir la banque associée à ce chantier.

La BEI a déjà participé au financement de toutes les lignes à grande vitesse du réseau français par des prêts aux collectivités locales pour un total de 3,6 mrds €. Elle doit consacrer au moins 75 mrds € à des projets transeuropéens de transport sur la période 2004-2013. Depuis plusieurs années, la banque s’est en outre engagée dans la promotion des partenariats public-privé qu’elle soutient en Europe comme en Méditerranée.

Article réalisé en partenariat avec la BEI


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Lundi 20 Juin 2011




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