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La BEI et l’Unesco, associées au chevet des médinas


Le projet Médinas 2030 lancé par la Banque européenne d’investissement en 2008 vise à réhabiliter les vieux centres des cités méditerranéennes. Au profit des habitants, du tourisme, mais aussi de l’artisanat et du commerce.


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Malgré la paupérisation, la médina demeure un lieu de vie. (photo : CG)
Malgré la paupérisation, la médina demeure un lieu de vie. (photo : CG)
FRANCE / MEDITERRANEE. Ce n’est pas tous les jours que l’on trouve un vice-président de l’Unesco aux côtés d’un vice-président de la BEI. En effet, la banque européenne d’investissement fréquente plus volontiers les grands chantiers que les beaux musées. Mais elle a lancé il y a deux ans un projet transversal, Médinas 2030, contribuant à la fois au développement économique et au rayonnement culturel des villes de Méditerranée.

Depuis 2008, plusieurs organisations internationales ont rejoint ce projet, par le biais du Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée (CMI). Jeudi 9 décembre, le consortium attendait un nouvel allié, de taille, l’Organisation des villes arabes (OVA). Mais le climat s’en est mêlé et le secrétaire général adjoint de l’OVA Ahmad Al-Adsani n’a pas pu rejoindre Marseille.

Anthony Bigio, de la Banque mondiale, pose d’emblée le contexte : « Les sociétés arabes se tournent vers l’avenir, observe le spécialiste urbain. Mais elles doivent assumer leur passé, pour prendre en charge leur patrimoine ». Une étape qui ne peut être franchie que lorsque des choix politiques forts sont engagés au niveau local. « Le processus urbain s’accomplit très rapidement en Méditerranée,." constate le professeur de l'Institut polytechnique de Barcelone, Mateu Turro. " Pour suivre le mouvement, les autorités créent des villes nouvelles, qui permettent de résoudre les questions urgentes, à moindre coût ». 
Dans le même temps, elles abandonnent les médinas aux populations les plus précaires, sans valoriser leur potentiel touristique, d’une part, mais aussi économique, puisqu’une mine d’activités commerçantes ou artisanales se développe dans ces hypercentres. 

17 médinas à l’étude pour le moment

Philippe de Fontaine-Vive (BEI) et Francesco Bandarin (Unesco). (photo : CG)
Philippe de Fontaine-Vive (BEI) et Francesco Bandarin (Unesco). (photo : CG)
Les projets de réhabilitation des médinas ne sont pas nouveaux, mais menés de façon isolée, sans dynamique de réseau, ils sont souvent restés dans les cartons, une fois les études menées. Dans le cas de Médinas 2030, un projet pilote est déjà engagé à Meknès, au Maroc. C’est un quartier de la médina qui fera l’objet d’une réhabilitation totale. Lancée en septembre dernier, l’opération-pilote devrait se conclure fin 2011. « Il s’agit d’identifier tous les problèmes qui se posent dans le cadre de ces réhabilitations, explique Guy Fleuret, l’économiste principal de Médinas 2030. Cette expérience permettra de définir un mode d’action pour les autres sites qui seront traités ». 17 projets ont été identifiés pour le moment, tour autour du bassin méditerranéen. L’OVA ajoutera certainement de nouvelles cités à la liste étudiée, mais in fine, seuls quelques projets seront réellement pris en charge dans le cadre de Médinas 2030.

Cette première coopération entre la BEI et l’Unesco pourrait en entraîner d’autres, comme le sous-entend le vice-président de la banque européenne, Philippe de Fontaine-Vive qui voit notamment là une façon pour son établissement de se rapprocher des peuples, tout en préservant le capital économique des pays méditerranéens.
 
Article réalisé en partenariat avec la BEI

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Vendredi 10 Décembre 2010


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