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La BEI essaie d'initier un renouveau des médinas


Lancé en octobre 2008 par la Banque européenne d’investissement, le programme « Médinas 2030 » a pour objectif de favoriser une réhabilitation concertée des centres ville historiques du Sud et de l’Est de la Méditerranée. En évitant la création de villes-musées et la démolition des quartiers anciens.


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La médina de Marrakech est-elle un exemple ou un contre-exemple de réhabilitation ? Une question à aborder avec les responsables marocains qui seront présents au séminaire. (photo F. Dubessy)
La médina de Marrakech est-elle un exemple ou un contre-exemple de réhabilitation ? Une question à aborder avec les responsables marocains qui seront présents au séminaire. (photo F. Dubessy)
FRANCE / MEDITERRANEE. Philippe de Fontaine Vive, le vice-président de la Banque européenne d’investissement, a le sens de la formule. Oui, il existe un problème de dépérissement des centres historiques dans les villes du sud et de l’Est de la Méditerranée, qui s’accompagne d’une paupérisation grandissante. Oui, il veut au travers du programme « Médinas 2030», lancé par sa banque en 2008 via la Femip (Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat), financer leur réhabilitation.

Mais d’emblée il refuse l’idée d’une « boboisation » de ces quartiers, qui risquerait de les transformer en ville-musée pour touristes, dont les populations d’origine seraient expulsées pour faire place à des étrangers ou à des élites. «Nous serons exigeants sur le besoin de participation des populations locales », avertit-il.

La tentation de la destruction pour construire moderne

Si Philippe de Fontaine Vive se défend de vouloir imposer une vision, un modèle unique dans la rénovation de ces centres anciens, il évoque spontanément ces "pièges" dans lesquels il ne faudra pas tomber.

Et, pour lui, le second écueil majeur serait la «destruction», tentation qui supprimerait une partie des ces quartiers pour construire « moderne ».

 « Nous voulons essayer de  promouvoir un autre type de développement pour une autre attitude. Il s’agit de respecter les centres-villes dans leur nature historique, artistique mais aussi dans le respect des gens pour recréer une vie économique et sociale, avec de petites entreprises, des lieux de vie et de mixité sociale. Mais faire du développement économique intégré est plus compliqué que de geler ou construire du neuf », concède-t-il.  

A ce stade, la BEI envisage d’intervenir à la fois sous forme de subventions et de prêts à long terme. La question de l’application ou non des taux du marché reste ouverte, mais Philippe de Fontaine Vive estime que ces opérations peuvent « être rentables » car l’amélioration du foncier pourra accroitre sa valeur. Reste à savoir qui profitera alors de la plus-value foncière…

Pour la BEI, qui intervient d’ordinaire sur le sol européen, - des interventions ponctuelles ont été menées dans le logement social au Maroc et dans les villes nouvelles - le programme « Médinas 2030 » sera l’occasion d’intensifier sa présence au Sud en jouant le rôle de « facilitateur ».

Un séminaire et une exposition à Marseille

Philippe de Fontaine Vive, vice-pdt de la BEI, a présenté Médinas 2030.
Philippe de Fontaine Vive, vice-pdt de la BEI, a présenté Médinas 2030.
Un projet pilote dans la ville de Meknès au Maroc est lancé, néanmoins le programme devrait prendre un tour concret d’ici deux ans et demi. Il est hébergé par le nouveau Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée, qui est inauguré le 9 octobre 2009.

Concernant la participation des villes au programme, « il n’y a pas de solution si le maire de la ville-centre, celui des communes alentours et les autorités du pays ne se mettent pas d’accord », précise Philippe de Fontaine Vive.

En attendant, pour avancer et mettre les idées à l’épreuve des faits, un séminaire, qui sert également de premier point d’étape au programme «Médinas 2030» se tient jusqu’au 9 octobre 2009 à Marseille, dans le cadre de la semaine économique de la Méditerranée. Il réunit 150 élus et experts et représentants du secteur privé pour débattre des expériences plus ou moins réussies en matière de réhabilitation de ces villes anciennes.

Une exposition est organisée à la Bibliothèque de l’Alcazar à Marseille, où le public effectuera un parcours culturel à travers les médinas, jusqu’à l’exemple extrême d’une médina qui se crée sous nos yeux, à Madaba en Jordanie.

Mercredi 7 Octobre 2009


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