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L'économie portugaise est au bord du précipice


La crise politique pourrait précéder une grave crise économique, avec l'intervention de plus en plus probable de l'Union Européenne et du FMI pour venir au secours du Portugal.


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Le chef du gouvernement Portugais José Socrates a du démissionner, faute d'avoir pu imposer un nouveau plan d'austérité (photo : DR)
Le chef du gouvernement Portugais José Socrates a du démissionner, faute d'avoir pu imposer un nouveau plan d'austérité (photo : DR)
PORTUGAL.  Tombera? Tombera pas? Les spéculations -et les inquiétudes- sur l'avenir de l'économie portugaise restent vives. Dans le jeu de chute qui a mis à bas les économies grecques et irlandaises, le Portugal est toujours désigné comme comme la prochaine victime, le domino vacillant.

Le premier ministre José Socrates est en tout cas bien « tombé » : il a choisi de démissionner le 23 mars 2011 après avoir échoué à faire valider un nouveau plan d'austérité devant le Parlement.

La crise politique s'ajoute donc à la crise économique, et ramène le spectre d'une possible intervention de l'Union Européenne et du FMI pour sauver les finances portugaises. Un scénario qui sème encore davantage le doute sur l'état des finances publiques au Portugal.


Peu avant le débat devant l'assemblée nationale ayant provoqué la démission de José Socrates, le bureau des statistiques de l'UE avait également jeté le trouble en publiant une note mettant en doute la possibilité pour le Portugal de maintenir en 2011 un déficit public inférieur à 7% du PIB. Selon l'UE, ce déficit pourrait dépasser 8% du PIB, à cause notamment de l'impact financier lié à la nationalisation du Banco Portugués de Negócios (BPN), dont le coût est estimé à 2 Mrds€. La gestion des entreprises de transports publics est également en cause dans dans ces mauvaises prévisions. 


José Socrates avait pourtant réussi à limiter de l'écroulement de l'économie en 2010, en contenant le déficit public à 7,3 % du PIB ( 9,3 % du PIB en 2009). Pour l'ex-premier ministre Portugais, c'était une façon de dire aux marchés internationaux que son pays n'avait pas besoin d'un plan de sauvetage financier, à la différence de la Grèce et de l'Irlande. 


Le Portugal a également maintenu une croissance positive au cours du dernier trimestre 2010, pour clôturer l'année avec une augmentation du PIB de 1,4 %, selon l'institut national de la statistique portugaise. L'augmentation du PIB a donc dépassé les prévisions du propre gouvernement portugais, qui avait misé sur une augmentation de 0,7 % du PIB, alors que le FMI et la Banque du Portugal ne prévoyaient pas de croissance au-delà de 0,4 %.


Communiqué alarmiste de l'Union Européenne

Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.
Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.

Cette croissance sera-t-elle suffisante? Beaucoup en doutent, à commencer par le gouverneur de la banque centrale du Portugal, Carlos Costa, qui avait déjà relativisé en début d'année 2011 les « bons résultats », en soulignant de son côté les mauvaises perspectives de l'économie de son pays.

Carlos Costa considère ainsi que la croissance est beaucoup trop faible, et va entraîner cette année encore le Portugal dans la récession. Le pays pourrait également payer les mesures drastiques appliquées en ce début d'année 2011 pour remettre l'économie à l'endroit : augmentation généralisée des impôts, diminution du salaire des fonctionnaires et forte baisse des investissements publics. Des mesures qui se traduisent déjà par une forte baisse de la consommation des ménages. 


Les mesures d'austérité du gouvernement portugais n'ont d'ailleurs pas empêché l'Union Européenne d'émettre un communiqué alarmiste en février, soulignant la persistance de « l'incertitude » et la « nervosité » qui pèsent toujours sur l'économie portugaise, et font courir le risque de crise aigüe.


Les indicateurs au rouge

Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.
Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.

Le seul indicateur économique positif concerne l'évolution favorable des exportations, même s'il faut, là aussi, modérer l'enthousiasme. Car les projections sont souvent « surestimées » au Portugal. À titre d'exemple, les prévisions réalisées à la fin de l'année 2009 par la banque centrale portugaise concernant le PIB pour 2010, ont été finalement revues largement à la baisse : en 2009, l'économie portugaise n'a augmenté que de 0,4 % alors que la croissance estimée atteignait 1,7 %. Or, selon les estimations de la banque du Portugal pour 2011, le PIB pourrait diminuer de 1,5 à 1,8 % cette année...

Ces incertitudes se répercutent aussi sur les taux d'intérêt, qui dépassent 7 % dans le cas des bons de référence à 10 ans.

Lire aussi : Moody's dégrade la note portugaise  


Lire la suite de notre dossier spécial "Crise financière dans la zone euro" :


Jeudi 24 Mars 2011

Francis Mateo, à BARCELONE

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