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L'économie marocaine suscite un intérêt croissant


Du nord au sud, le Maroc est en chantier. L’Etat modernise ses infrastructures et son modèle économique, sous le regard attentif des investisseurs internationaux.



Le chantier du port Tanger Med II sera livré en 2014. (photo: CG)
Le chantier du port Tanger Med II sera livré en 2014. (photo: CG)
MAROC. Des autoroutes qui percent les plaines, des ponts qui pointent vers le ciel et des tramways qui traversent fièrement les métropoles : le Maroc affiche ostensiblement sa croissance. Loin de la carte postale, le pays modernise son économie et, s’il développe son potentiel touristique, il mise également sur d’autres secteurs. Avec une réussite presque insolente, alors que l’Europe peine à se relever de la crise.

C’est certainement le port de Tanger qui illustre le mieux le phénomène. A 45 km de la ville, sur un terrain vierge avec vue imprenable sur l’Espagne toute proche, les autorités marocaines ont créé de toute pièce un port commercial moderne, capable d’accueillir les plus gros navires du monde. Entré en service en 2007, le port Tanger Med tourne à plein et a déjà entamé ses travaux d’agrandissement. Autour de lui, c’est toute une activité économique qui se met en place. Il y a le secteur automobile qui s’organise autour de l’usine Renault en chantier. « L’arrivée du constructeur est un aboutissement pour nous, avance le directeur du port passagers de Tanger Med, Hassan Abkari. Avant, les sous-traitants qui travaillaient là exportaient toute leur production vers l’Europe. Désormais, des véhicules seront assemblés sur place. C’est un vrai changement ! ».

Un changement qui reflète celui de la population marocaine. Il suffit de se balader dans les rues de Rabat pour constater qu’une véritable classe moyenne a émergé dans le pays. Avec ses besoins particuliers, notamment en termes de logements. A une quinzaine de kilomètres de la capitale, se construit une des quatre villes nouvelles en projet dans le pays. 4 000 hectares de constructions destinés à accueillir logements, équipements et zones d’activités. Dans un pays où 90 % des gens veulent devenir propriétaires, ces villes nouvelles qui visent la mixité sociale attirent ces classes moyennes avec des « villas économiques » : 150 à 200 m² pour environ 1Mdh (89 000€). Le produit s’adresse aux cadres ou aux fonctionnaires de la capitale dont le revenu mensuel oscille entre 4.000 et 8.000Dh (355 à 711€). Le tramway actuellement en phase de test à Rabat pourrait bien arriver dans les prochaines années aux pieds de ces villas.

L’Europe participe à la fête

Cette euphorie marocaine suscite l’intérêt du monde entier. Les Européens ne sont pas en reste. Bruxelles, qui a accordé au pays un statut privilégié, se montre présente dans les projets de développement par le biais de sa politique de voisinage.

Et la Banque européenne d’investissement (BEI) a fait du Maroc son premier partenaire en dehors de l’Europe. On la retrouve essentiellement dans les grands projets d’infrastructure. La semaine dernière, elle a ainsi octroyé 420 M€ de crédits pour l’extension du port de Tanger et la construction d’un nouveau tronçon d’autoroute entre Casablanca et Tadla-Azilal.

Depuis 1978, la banque a prêté 4,3Mds€ aux Marocains qui semblent satisfaits de ce partenariat : « La banque propose des taux compétitifs, explique Alain Nadeau, chef de la division Maghreb à la BEI. Et elle se montre plutôt souple sur le remboursement qui peut être différé ou étalé sur le très long terme ». La banque européenne travaille principalement avec les administrations marocaines. « Elles fonctionnent sur le modèle français, observe le vice-président de la BEI, Philippe de Fontaine-Vive. Cela facilite l’instruction des projets et nous permet d’aller plus vite ». Et de suivre ainsi le rythme du développement économique marocain.

Article réalisé en partenariat avec la BEI


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Caroline Garcia, à RABAT et TANGER

Lundi 15 Novembre 2010



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Caroline Garcia, à RABAT et TANGER

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Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil

 




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