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L'autorisation de la construction de 800 logements en Palestine par Israël est dénoncée de toutes parts


Rédigé par Eric Apim le Lundi 18 Janvier 2021 | Lu 1169 commentaire(s)


ISRAËL / ÉGYPTE. Le Conseil supérieur israélien de planification (HPC) a approuvé, dimanche 17 janvier 2021, la construction de 781 logements dans des colonies situées dans les territoires palestiniens et jugées illégales par le droit international. 714 unités se trouvent situées en Cisjordanie dans des colonies que devait évacuer Israël en vertu de l'initiative de Genève (plan de paix israélo-palestinien de décembre 2003).

Intervenant en pleine campagne électorale pour les élections législatives qui se dérouleront en mars 2021, cette décision est dénoncée par La Paix Maintenant. L'ONG regrette qu'"en faisant la promotion de centaines de logements pour les colons, M.Netanyahou met une fois de plus ses intérêts personnels devant ceux de l'Etat". Selon La Paix Maintenant, "cette activité de colonisation réduira non seulement la possibilité de résoudre le conflit avec les Palestiniens, mais elle mettra inutilement Israël en conflit avec l'administration du président élu américain Joe Biden".

Le premier ministre israélien a été largement soutenu par Donald Trump. Le futur past-president avait confié à son gendre Jared Kushner la mission d'élaborer un plan de paix pour le Proche-Orient. Ce document, présenté en janvier 2020, faisant la part belle à Israël, a été rejeté par l'Autorité palestinienne et de nombreux pays. Les Etats-Unis ont décidé de transférer leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem puis ont acté la légalité des colonies en Palestine et la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan syrien par la voix de Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine.

Pour l’Égypte, cette décision sape la solution à deux États

Le gouvernement égyptien a aussi fait part de sa désapprobation. Un communiqué du ministère des Affaires étrangères stipule que "cette décision est une nouvelle forme de violation des décisions de légitimité internationale, qui sape la possibilité de parvenir à la solution à deux États".

Depuis 2014, le processus de paix est bloqué entre Israéliens et Palestiniens, justement à cause du refus d'Israël d'arrêter les activités de colonisation dans les territoires occupés et d'accepter les frontières de 1967 comme bases de négociation pour la création d'un État palestinien.

Le Caire "rejette totalement la poursuite des activités de colonisation dans le territoire palestinien occupé, à savoir à Jérusalem-Est" et "appelle dans le même contexte, à la cessation immédiate des constructions injustes".

Cette annonce déçoit également le Conseil de Yesha. Mais pour une autre raison. L'organisation représentant les colons de Cisjordanie et de Gaza s'étonne que ne soient pas évoqués d'autres projets pourtant prévus par l'ordre du jour du HPC comme la construction d'hôtels dans la région de Bethléem, l'agrandissement de villes palestiniennes et surtout la légalisation de constructions existantes. "En refusant de légaliser des localités juives et en autorisant des constructions illégales palestiniennes, le gouvernement israélien fait de la ségrégation envers les habitants israéliens de Judée-Samarie (NDLR : nom biblique de la Cisjordanie)" commente le Conseil de Yesha.

Plus de 450 000 Israéliens habitent déjà dans ces colonies de Cisjordanie aux côtés de 2,8 millions de Palestiniens.