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L’agriculture urbaine gagne le sud


L'agriculture urbaine connaît un développement impressionnant. Elle commence à s'imposer en Méditerranée, où les villes croissent à une vitesse exponentielle.



L’agriculture urbaine gagne le sud
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Le projet européen « Madre » est consacré à l’agriculture urbaine (photo : MADRE)
Le projet européen « Madre » est consacré à l’agriculture urbaine (photo : MADRE)
Selon l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 800 millions de citadins pratiquent l'agriculture urbaine et périurbaine dans le monde, dont 200 millions pour des raisons commerciales. Ils cultivent des plantes, des fruits, des légumes, des herbes aromatiques, élèvent des animaux.

« Aujourd’hui, l’agriculture urbaine est partout. Elle s'impose comme un véritable concept et principe directeur de la construction ou de la rénovation des territoires urbains », explique Bernard Valéro, directeur de l'Avitem (Agence des villes et territoires méditerranéens). « Elle est multiple dans ses manifestations : hors sol ou en pleine terre, sur les toits d’immeubles ou dans les jardins partagés d’un quartier, low tech ou high tech, fermes urbaines ou petites plantations au pied d’un immeuble, verticale ou horizontale. Elle traduit une sensibilisation généralisée à la lutte contre le réchauffement climatique, un irrépressible élan d’un nombre croissant de citadins pour renouer avec une nature qui ne cesse de reculer devant l’asphalte et le béton. Elle traduit un besoin croissant de savoir ce que l’on a dans son assiette, l’envie de lien social autour d’une brouette ou d’un arrosoir

L'agriculture urbaine n'a rien de révolutionnaire. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, toutes les villes disposaient d'une ceinture verte dédiée notamment au maraîchage. Puis est née un modèle de ville privilégiant le transport, qui a banni l'agriculture loin de cités pour réserver les campagnes proches aux centres commerciaux et aux logements.

De nombreuses initiatives à Marseille

Terre de Mars nourrit une trentaine de familles (photo : Terre de Mars)
Terre de Mars nourrit une trentaine de familles (photo : Terre de Mars)
La question de l'agriculture urbaine se pose avec acuité en Méditerranée. « Les pays méditerranéens abritent 430 millions d'hommes et de femmes, 500 millions demain. Dans cinq à sept ans, le taux d'urbanisation dépassera 80 % », commente Bernard Valéro. « Dans la Méditerranée des villes, l’agriculture urbaine revêt une importance croissante du fait de sa dimension environnementale. Elle signe le retour de la nature en ville, essentiel à la défense d’une biodiversité en péril, à la maîtrise de la ressource hydrique, à la lutte contre les îlots de chaleur si nombreux dans les cités méditerranéennes. C’est dans ce contexte et cet esprit que l’Avitem agit avec ses partenaires en portant le projet européen « Madre », consacré à l’agriculture urbaine. Associant des acteurs métropolitains de Grèce (Thessalonique), d’Espagne (Barcelone), d’Italie (Bologne), d’Albanie (Tirana) et de France (Marseille), il s’inscrit dans le processus de mutation de la chaîne d’approvisionnement alimentaire des métropoles du sud de l’Europe, en y recensant les bonne pratiques, en mettant en valeur les acteurs de cette agriculture urbaine et péri-urbaine, et en posant les bases d’une dynamique de coopération transnationale en Méditerranée. »

En France, l'agriculture urbaine concerne aussi bien les bobos des quartiers branchés parisiens que les populations pauvres du nord de Marseille. La cité phocéenne compterait selon le CNRS plus d'un millier de parcelles réparties sur une trentaine d'hectares.

Des potagers sous les barres d'immeubles

Les jardins de Ruffi, à Marseille. Photo Euroméditerranée.
Les jardins de Ruffi, à Marseille. Photo Euroméditerranée.
De plus en plus d'opérations de requalification urbaines intègrent cette notion. Ainsi, Euroméditerranée a inauguré en mai 2017 « les jardins de Ruffi ». Il propose sur plus de 3000 m² un espace commun géré et conçu par les riverains. Autour d'une place centrale la partie nord du square situé dans le 3ème arrondissement de Marseille abrite une cinquantaine de parcelles individuelles, une zone de rangement, un potager collectif.

De nombreuses associations et entreprises s'emparent de la question. En 2016, le docteur en biologie végétale Julien Girardon a créé à Marseille la société Abricotoit, qui propose de créer des potagers sur les toits des entreprises, des immeubles, des hypermarchés... Toujours à Marseille, Terre de Mars « allie maraîchage, cuisine et paysage pour participer à l’émergence d’une nouvelle manière de produire, d’habiter et de se nourrir en contexte méditerranéen » explique la structure. Portée par quatre architectes-paysagistes et urbanistes, elle a créé dans le quartier de Sainte-Marthe une micro ferme d'un hectare en maraîchage diversifié. « C’est l’occasion d’expérimenter un nouveau modèle d’urbanisme en prônant la valorisation des terres agricoles, la sauvegarde d’un patrimoine, la volonté de faire perdurer un savoir-faire et l’envie de sauvegarder des paysages singuliers » poursuit Terre de Mars.

 

Gérard Tur

Mercredi 7 Mars 2018




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Gérard Tur

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Jean Fouqoire, urbaniste (e.r.), associé au groupe d'analyse de JFC Conseil

 




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