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L'UE n'arrive pas à apaiser les tensions entre la Serbie et le Kosovo


Rédigé par , le Vendredi 19 Août 2022 - Lu 788 fois


Le Kosovo veut obliger ses habitants serbes à changer leurs plaques numéralogiques (photo: F.Dubessy)
Le Kosovo veut obliger ses habitants serbes à changer leurs plaques numéralogiques (photo: F.Dubessy)
SERBIE / KOSOVO. Aucun accord n'a pu être trouvé. C'est ce que déplorait, au soir du jeudi 18 août 2022, Josep Borrell à l'issue de sa rencontre à Bruxelles avec le président serbe Aleksandar Vučić et le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti. Le vice-président de l'Union européenne (UE) et Haut représentent de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a tenté de raisonner les deux hommes alors que leur conflit s'envenime depuis ces dernières semaines.

Le chef de la diplomatie de l'UE se plaçait dans le cadre du "Dialogue Belgrade-Pristina" piloté, depuis 2011, par la Commission européenne. L'entente entre ces pays est une condition sine qua non à leur adhésion à l'UE et Josep Borrell ne s'est pas privé de le rappeler à chacun. La Serbie dispose du statut de candidat depuis 2012, alors que le Kosovo n'est que candidat potentiel.

Le renouveau des tensions est intervenu fin juillet 2022 avec la publication par les autorités du Kosovo d'une loi exigeant que toute personne résidant dans ce pays, donc également les Serbes, dispose d'une carte d'identité délivrée par le Kosovo et que leurs plaques d'immatriculation serbes soient remplacées par des plaques du Kosovo. Les Kosovars invoquent un principe de réciprocité.

Une décision inacceptable pour Belgrade qui considère toujours cette région comme faisant partie intégrante de son territoire (voir encadré ci-dessous) et la juge vexatoire pour la minorité serbe. Sous l'impulsion des Etats-Unis, Pristina a accepté de repousser d'un mois la mise en vigueur du texte, soit au 1er septembre 2022. Mais ceci ne suffit pas à apaiser les esprits chez les Serbes. Il ne reste que deux semaines pour trouver un terrain d'accord.

L'OTAN prête à intervenir

"Nous voyons le retour de la guerre sur notre continent après l'invasion russe de l'Ukraine. Nous sommes confrontés à un moment dramatique et très dangereux pour notre continent. Et ce n'est pas le moment d'accroître les tensions. Il est temps de chercher des solutions et de résoudre les questions en suspens depuis longtemps", soulignait Josep Borell, dans son discours après ses entretiens. "Il existe, certes, des différences bien connues entre eux quant à leur point de vue sur le statut final des relations entre le Kosovo et la Serbie, sur ce qu'il devrait être. Mais ils ont convenu de poursuivre les discussions sur une base régulière au cours de la période à venir afin de faire avancer rapidement le processus de normalisation", précisait-t-il. Tout en prévenant fermement, "la communauté internationale ne veut pas assister à un regain de tension dans la période à venir. Les deux parties seront pleinement responsables de toute escalade sur le terrain".

Les deux responsables politiques ont donc accepté de reprendre les négociations dans les prochains jours, sans trop de conviction. "Nous ne sommes d'accord sur pratiquement aucun point (...) J'espère qu'un miracle viendra et que nous parviendrons à un accord. Je continuerai à lutter pour la paix et la stabilité", indique Aleksandar Vucic. Avant d'ajouter, "cela ne dépend pas de moi (...) il existe une nouvelle génération de jeunes (Serbes) au Kosovo qui ne toléreront pas cette situation, qui ne voudront pas endurer la terreur, qui ne voient pas le Kosovo comme un Etat indépendant, mais comme un territoire de Serbie, en accord avec le droit international".

Albin Kurti dresse un autre tableau. "D'un côté, vous avez l'Etat démocratique du Kosovo avec sa police professionnelle. De l'autre, des structures serbes illégales, transformées en gangs criminels, qui érigent des barricades", certifie-t-il. "Les institutions et les citoyens du Kosovo, dans la situation actuelle, ont des raisons d'être vigilants quant à l'approche destructrice de notre voisin du nord à l'égard du Kosovo et de la région en général, dans le cadre de l'agenda préjudiciable de la Russie pour l'Europe et les Balkans", complète-t-il.

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), avait également reçu, mercredi 17 août 2022, les deux hommes pour les appeler à "la retenue", "à la bonne foi" et les exhorter à "empêcher une nouvelle escalade". Mercredi 17 août 2022, il a également prévenu que la force de maintien de la paix de l'Otan au Kosovo (Kfor implantée depuis 1999) était "prête à intervenir si la stabilité était menacé" et assurerait "la liberté de mouvement pour tous les habitants".

120 000 Serbes, principalement installés dans le Nord du pays à la frontière avec la Serbie, sont recensés au Kosovo sur une population de deux millions. Ils ne reconnaissent pas l'autorité du Kosovo.

Une indépendance non reconnue par la Serbie, l'Onu et l'UE

Comme la plupart de ses voisins, le Kosovo (près de 11 000 km²) est né de l'implosion de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990.

En mars 1999, la milice des Albanais du Kosovo, l'UÇK favorable à l'indépendance de son territoire, et l'armée de la République fédérale de Yougoslavie, vestige de l'ex-Yougoslavie, contrôlée par Belgrade, débutent une guerre qui va durer un peu plus de deux mois. L'OTAN intervient pour détruire les positions serbes au Nord du Kosovo et les chasser de cette région. Le Kosovo est alors placé, en juin 1999, sous administration de l'Onu.

Pristina déclare unilatéralement son indépendance en février 2008 sous le nom de République du Kosovo. Son statut reste cependant flou puisque Belgrade n'a pas reconnu l'indépendance de sa province autonome depuis 1945 (baptisée Kosovo-et-Métochie) et la considère toujours comme faisant partie intégrante de son territoire.

L'Onu et l'Union européenne (du fait de l'opposition de cinq Etats membres: Chypre, Espagne, Grèce, Roumanie, Slovaquie) ne reconnaissent pas non plus le Kosovo.

La majorité des habitants du pays est d'origine albanaise.




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