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L'UE manie la carotte et le baton dans ses relations avec la Turquie




Charles Michel, président du Conseil européen, met la Turquie sous surveillance jusqu'à juin 2021 (photo : Conseil de l'Europe)
Charles Michel, président du Conseil européen, met la Turquie sous surveillance jusqu'à juin 2021 (photo : Conseil de l'Europe)
UE / TURQUIE. Réunis à Bruxelles jeudi 25 et vendredi 26 mars 2021, les membres du Conseil européen ont soufflé le chaud et le froid sur le dossier mouvementé de leurs relations avec la Turquie de Recep Tayyip Erdogan.

S'appuyant sur une communication du haut représentant et de la Commission européenne intitulée "état des lieux en ce qui concerne les relations politiques, économiques et commerciales entre l'UE et la Turquie", ils soulignent dans leur déclaration : "Nous rappelons qu'un environnement stable et sûr en Méditerranée orientale et l'instauration de relations avec la Turquie fondées sur la coopération et mutuellement avantageuses relèvent de l'intérêt stratégique de l'Union européenne".

Le Conseil européen se félicite "de la récente désescalade en Méditerranée orientale intervenue à la faveur de l'interruption des activités de forage illégales, de la reprise des pourparlers bilatéraux entre la Grèce et la Turquie ainsi que de la tenue prochaine de pourparlers concernant la question chypriote sous les auspices des Nations unies".

Les Etats membres prônent le renforcement de "cette récente dynamique plus positive", mais se montrent prudents, voulant "établir des contacts avec la Turquie de manière progressive, proportionnée et réversible dans le but de renforcer la coopération dans un certain nombre de domaines d'intérêt commun et de prendre de nouvelles décisions lors de la réunion du Conseil européen de juin".

Dans sa lettre d'invitation à cette réunion, Charles Michel, président du Conseil européen, avait indiqué "de manière graduelle, conditionnelle et réversible". Il devrait rencontrer, en avril 2021, le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"La Turquie doit s'abstenir de nouvelles provocations"

Le Conseil met donc la Turquie sous observation et lui offre deux mois de sursis durant lesquels elle va continuer à avancer pas à pas en direction de ce pays. Il donne cependant des gages de bonne volonté en demandant à la Commission européenne d'"intensifier les pourparlers avec la Turquie afin de remédier aux difficultés rencontrées actuellement dans la mise en oeuvre de l'union douanière", en évoquant de possibles "dialogues de haut niveau sur des questions d'intérêt mutuel, comme la santé publique, le climat et la lutte contre le terrorisme, ainsi que sur les questions régionales" avec ce pays. D'autre part, le Conseil européen invite la Commission à lui "présenter une proposition pour la poursuite des financements en faveur des réfugiés syriens en Turquie (NDLR : 3,6 millions), ainsi qu'en Jordanie, au Liban et dans d'autres parties de la région".
"Si la Turquie garde un comportement positif et modéré, le dialogue sera productif", assure Charles Michel.

Tout ceci demeure donc bien conditionnel. "La désescalade demeure fragile (...) Si la Turquie n'avance pas de façon constructive ou revient à des actions unilatérales ou des provocations, particulièrement en Méditerranée orientale, nous suspendrons, bien sûr, cette coopération", commente Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Le Conseil européen demeure lui aussi très clair sur ce sujet en demandant à Ankara de "s'abstenir de nouvelles provocations ou actions unilatérales contraires au droit international". Et menace en réaffirmant "la détermination de l'Union européenne, en cas de telles actions, à recourir aux instruments et options dont elle dispose pour défendre ses intérêts et ceux de ses Etats membres ainsi que pour préserver la stabilité régionale".

Eric Apim
Vendredi 26 Mars 2021

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