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L'Onu rend responsable l'occupation israélienne dans le conflit israélo-palestinien


Rédigé par , le Mercredi 8 Juin 2022 - Lu 841 fois


Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu discutera du rapport sur le conflit palestinien dès le premier jour de sa nouvelle session (photo: ONU)
Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu discutera du rapport sur le conflit palestinien dès le premier jour de sa nouvelle session (photo: ONU)
ISRAËL / PALESTINE. Une commission d'enquête mandatée par le Conseil des droits de l'homme de l'Onu (CDH) le 27 mai 2021 a publié, mardi 7 juin 2022, un rapport attribuant à Israël la majorité de la responsabilité du conflit avec les Palestiniens. "La poursuite de l'occupation par Israël du territoire palestinien et la discrimination à l'égard des Palestiniens sont les principales causes profondes des tensions récurrentes, de l'instabilité et de la prolongation du conflit dans la région", indique ce document.

"Mettre fin à l'occupation de territoires par Israël, en pleine conformité avec les résolutions du Conseil de sécurité (de l'Onu) reste crucial pour mettre fin au cycle persistant de violences", précise-t-il.

Selon les trois rapporteurs (Navanethem Pillay, Miloon Kothari et Chris Sidoti), "l'impunité alimente un ressentiment accru au sein du peuple palestinien". Ils définissent les déplacements forcés, les menaces de déplacements forcés, les démolitions, la construction et l'expansion des colonies, la violence des colons et le blocus de Gaza comme "des facteurs contribuant aux cycles récurrents de violence".

Faible engagement de l'Autorité palestinienne à respecter les droits de l'homme

"Les conclusions et recommandations relatives aux causes profondes sous-jacentes étaient en très grande majorité dirigées vers Israël, ce que nous avons considéré comme un indicateur de la nature asymétrique du conflit et de la réalité d'un État occupant l'autre", commente Navanethem Pillay, présidente de la Commission.

Le rapport regrette que les recommandations du CDH n'aient pas été, dans leur grande majorité, mises en œuvre et notamment "les appels à faire en sorte que les responsables des violations par Israël du droit international humanitaire et des droits de l'homme, et des tirs aveugles de roquettes par les groupes armés palestiniens sur Israël rendent des comptes".

Il pointe également le fait que "l'Autorité palestinienne utilise fréquemment l'occupation pour justifier ses propres violations des droits de l'homme et comme raison principale de son incapacité à organiser des élections législatives et présidentielles". Et dénonce dans le même temps le faible engagement en faveur du respect des droits de l'homme des autorités de facto de Gaza qui n'ont pas adhéré au droit humanitaire international.

Protestations israéliennes

Le ministère israélien des Affaires étrangères s'est empressé de protester, par voie de communiqué, contre les conclusions de cette enquête la qualifiant de "gaspillage d'argent et d'efforts des systèmes des Nations Unies" et de "rapport biaisé et unilatéral, entaché de haine envers l'État d'Israël et basé sur une longue série de rapports antérieurs et partiaux".

Il lui reproche de ne pas tenir "compte des années de terrorisme meurtrier des organisations terroristes palestiniennes contre les citoyens israéliens, ni de l'obstination de longue date des Palestiniens et de l'incitation vicieuse et antisémite menée par l'Autorité palestinienne et ses réseaux". Le ministère israélien précise que "la Commission d'enquête a ignoré les véritables raisons qui ont conduit Israël à défendre ses citoyens contre les organisations terroristes meurtrières qui commettent un double crime de guerre : tirer sur des civils israéliens depuis des zones civiles de la bande de Gaza". Il voit dans ce document "une partie intégrante de la chasse aux sorcières menée par le Conseil des droits de l'homme contre Israël".

Le gouvernement israélien avait refusé de collaboré avec la Commission d'enquête. Israël n'est pas membre du Conseil des droits de l'homme de l'Onu.

Un autre rapport attendu en septembre 2022

Successeur en mars 2006 de la Commission des droits de l'homme, le Conseil des droits de l'homme compte quarante-sept pays membres*. Il se prépare à tenir sa cinquantième session du 13 juin au 8 juillet 2022 au Palais des Nations à Genève. Dès la première journée, un dialogue s'ouvrira avec la Commission d'enquête internationale indépendante sur le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est et Israël.

Le rapport va désormais servir de base pour mener d'autres enquêtes et des analyses juridiques sur les violations et les abus présumés. Un second document sera publié en septembre 2022 alors que la Commission prévoit, avec les mécanismes de responsabilité judiciaire de définir la responsabilité des individus, des États et des entreprises. Elle évaluera également celle des États tiers et celles des acteurs privés dans la poursuite des politiques d'occupation.

En février 2020, le Bureau des droits de l'homme de l'Onu avait dévoilé, à la demande du CDH, une liste des entreprises travaillant dans les territoires palestiniens. Quatre-vingt quatorze sur 112 recensées étaient israéliennes.

* Allemagne, Argentine, Arménie, Bénin, Bolivie, Brésil, Cameroun, Chine, Côte d'Ivoire, Cuba, Émirats arabes unis, Érythrée, États-Unis, Finlande, France, Gabon, Gambie, Honduras, Îles Marshall, Inde, Indonésie, Japon, Kazakhstan, Libye, Lituanie, Luxembourg, Malawi, Malaisie, Mauritanie, Mexique, Monténégro, Namibie, Népal, Ouzbékistan, Pakistan, Paraguay, Pays-Bas, Pologne, Qatar, République de Corée, Royaume-Uni, Sénégal, Somalie, Soudan, Tchéquie, Ukraine, et Venezuela.




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